Les US enregistrent les empreintes vocales des prisonniers sans leur consentement

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Le 04 février 2019
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Les prisons américaines construiraient des bases de données biométriques, comprenant un enregistrement de la voix de leurs détenus. Ces empreintes vocales, captées à des fins de sécurité, seraient obtenues sans le consentement des prisonniers, et conservées même après la fin de leur peine.

L'enquête a été menée par le magazine en ligne américain The Intercept. Elle cite notamment des documents officiels du système carcéral de l'état de New York, ainsi que des déclarations de plusieurs responsables de prisons d'autres états du pays.

Des centaines de milliers d'empreintes vocales enregistrées

On y apprend que les établissements pénitentiaires américains ont recours à une technologie de reconnaissance vocale, pour créer un identifiant unique à chaque détenu. Et la pratique concernerait des centaines de milliers d'individus, répertoriés dans une base de données contenant leur empreinte vocale. Ce système aurait été développé en partenariat avec le département de la Défense des États-Unis, puis commercialisé aux prisons du territoire.

D'après l'administration pénitentiaire, le recours à cet identifiant biométrique aurait pour objectif de renforcer la sécurité au sein des prisons. Il permettrait notamment de lutter contre la fraude ou de repérer des appels jugés suspects, par exemple dans le cadre d'initiatives criminelles ou terroristes.

Consentement pas nécessaire

Sans surprise, les empreintes vocales sont enregistrées avec ou sans l'accord du détenu. The Intercept relate notamment le cas d'un prisonnier contraint de prononcer une liste de phrases, sous la menace de ne plus pouvoir communiquer par téléphone avec sa famille s'il ne s'exécutait pas.

Là où l'histoire se gâte (encore) un peu plus, c'est que la durée de vie de ces données vocales ne semble pas vraiment avoir de limite. Des responsables des Etats de New York et du Texas ont ainsi indiqué qu'elles étaient conservées même après la sortie de prison.

Et les détenus ne constitueraient en réalité que la partie émergée de l'iceberg. Certaines prisons seraient en effet capables de reconnaître les voix des différents locuteurs lors des appels. Ce qui signifie que même des individus n'ayant jamais enfreint la loi pourraient faire l'objet d'un suivi via leur empreinte vocale.

Source : Engadget
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