Et le RGPD ? L'administration britannique stocke des millions d’empreintes vocales

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Le 26 janvier 2019
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Le département du Royaume-Uni chargé de la collecte des taxes a mis en place un système d'identification vocale. De cette façon, il a recueilli des données de voix sur des millions de citoyens britanniques, au mépris de réglementations comme le RGPD. C'est ce que dénonce l'association Big Brother Watch.

Le HMRC (Her Majesty's Revenue and Customs) est la principale agence fiscale du Royaume-Uni. En janvier 2017, elle a proposé un nouveau système d'authentification aux citoyens du pays, qui s'est en réalité avéré contraire au RGPD. Car, si le Brexit est en cours, le Royaume-Uni était bien membre de l'UE au moment de l'entrée en vigueur du règlement.

Un système d'authentification par la voix

L'idée initiale du projet était de permettre aux contribuables britanniques de s'identifier grâce à leur voix, quand ils contactaient les centres d'appel du HMRC. Il leur suffisait de prononcer la phrase demandée, et leur empreinte vocale était alors enregistrée. Un an et demi après sa mise en place, le système avait ainsi stocké les voix de plus de 5,1 millions de Britanniques.

Le problème, c'est que l'administration promettait que les utilisateurs auraient le choix de ne pas recourir à cette reconnaissance vocale. Mais d'après l'ONG Big Brother Watch, il était quasiment impossible de contourner le nouveau système. De plus, le HMRC n'offrait aucun moyen de demander la suppression des enregistrements.

Une méthode contraire aux principes du RGPD

Ces manquements ont poussé Big Brother Watch à dénoncer l'illégalité du dispositif en juin 2018, notamment en vertu du RGPD, apparu depuis. Ce qui n'a pas empêché l'administration britannique de collecter 2 millions d'empreintes vocales supplémentaires ces six derniers mois.

Mais l'association est tout de même parvenue à faire bouger les choses. En effet, le HRMC a revu son système, pour permettre aux citoyens de pouvoir en sortir. D'après Big Brother Watch, plus de 160 000 Britanniques ont déjà demandé l'effacement de leur enregistrement vocal.

Un premier pas encourageant pour l'association, qui n'entend toutefois pas s'arrêter là. Elle continue de dénoncer l'enregistrement d'identifiants vocaux de millions de personnes sans leur consentement, et réclame par conséquent la suppression de l'ensemble de ces données.

Source : The Register
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