Google Hangouts : un chiffrement limité des échanges

le 15 mai 2015 à 11h49
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Google a finalement révélé que sa messagerie instantanée Hangouts n'est pas complètement sécurisée. Concrètement, la société et les autorités sont en mesure de collecter l'intégralité des échanges des internautes.

Sur le marché de la messagerie, Google a pris le parti d'abandonner le protocole open source XMPP et de fermer son serveur pour les applications tierces en optant pour une solution fermée introduite au sein de la messagerie Hangouts. Jusqu'à récemment la société n'avait pas souhaité dévoilé de détails sur les dispositifs de sécurité implémentés.

Lors d'une conversation sur le site Reddit, Christopher Soghoian, travaillant au sein de l'association American Civil Liberties Union, promouvant la défense et la réservation des droits et des libertés individuelles, a souhaité en savoir plus. Il s'est alors tourné vers Richard Salgado et David Lieber, respectivement directeur des affaires légales et de la sécurité des informations et conseiller en politique de vie privée chez Google.

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Une porte ouverte sur les serveurs de Google



Pour qu'une messagerie soit complètement sécurisée, elle doit être chiffrée de bout en bout et seuls les expéditeurs et destinataires sont en mesure de lire les messages. Dans le cas de Hangouts, M. Salgado a avoué que le chiffrement n'était effectif que lors du transit ; les messages sont donc en clair sur les serveurs de Google. « Il y a des autorités légales permettant au gouvernement de mettre les communications sur écoute », ajoute-t-il.

Interrogé par Vice.com, un porte-parole de Google affirme que l'option permettant de désactiver l'historique des conversations ne propose simplement que de masquer ce dernier à l'utilisateur. Elle n'ajoute pas de couche de sécurité supplémentaire. Les messages étant en clair sur les serveurs de la société, cette dernière est donc en mesure de permettre aux autorités d'accéder aux conversations mais, le cas échéant, de les scanner elle-même si elle souhaite étendre son dispositif de ciblage publicitaire.

Aux États-Unis, l'enjeu est sans doute plus important puisque Hangouts n'est plus simplement une simple messagerie mais se positionne au coeur du projet Fi de Google transformant la société en MVNO. Google a ainsi signé avec les opérateurs Sprint et T-Mobile afin d'emprunter leurs réseaux 4G et proposer des souscriptions aux internautes. Ces derniers effectueront leurs appels directement au travers de Hangouts.

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Quelles alternatives ?



L'Electronic Frontier Foundation, militant également pour la protection des internautes, a récemment dressé une liste visant à évaluer le degré de sécurité des principales messageries mobiles, un secteur en pleine croissance.

Cryptocat, Silent Text, Telegram et TextSecure sont parmi les applications ayant obtenu le meilleur score avec un chiffrement des messages à l'envoi et sur les serveurs, la possibilité de vérifier l'identité d'un contact, une documentation des dispositifs de sécurité ou encore un audit du code effectué de manière indépendante.

Depuis, l'équipe de WhatsApp explique avoir renforcé la sécurité de sa messagerie sur Android en travaillant avec Open Whisper System pour se baser sur le code source de son application Text Secure.

Notons qu'il est également possible de continuer à utiliser sa messagerie en la sécurisant via le protocole OTR (Off The Record) sur un client de messagerie instantanée indépendant comme Adium, IM+, Kopete ou Profanity.




Une position pas très claire



Si Google admet que les autorités peuvent accéder aux échanges effectués sur Hangouts, il semblerait que la société tienne une position différente sur le domaine du courrier électronique. En effet, en juin 2014, la société expliquait être en train de développer une extension de navigateur baptisée End-to-End et basée sur Open PGPG. Celle-ci permettra de chiffrer l'intégralité des messages sortant de Gmail ou d'une autre messagerie à condition d'utiliser Chrome.

Le dispositif n'est pas passé inaperçu et Yahoo! expliquait récemment vouloir faire usage du dispositif au sein de son Webmail. La firme de Sunnyvale s'est d'ailleurs jointe au projet de développement sur GitHub et a promis une disponibilité pour Yahoo! Mail en fin d'année.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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