VLC : passé, présent et avenir, notre interview de Jean-Baptiste Kempf

Alexandre Boero Contributeur
07 mars 2019 à 18h21
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Twitter @videolan

VLC est le logiciel français le plus téléchargé au monde. Jean-Baptiste Kempf, président de l'association VideoLAN, qui le développe, revient sur la success story de l'outil pour Clubic. Il nous dévoile également quelques détails intéressants sur la future version du logiciel (en fin d'interview).

Le lecteur multimédia VLC fut lancé en 2001, caractérisé par son logo en forme de cône de signalisation (ou de Lübeck, pour les puristes) qui nous donne l'impression d'un travail en continu, comme pour débuter une inaltérable relation avec ses utilisateurs. Une relation qui s'est agrandie au fil des années puisqu'en 2003, le logiciel atteint le million du téléchargement. Jean-Baptiste Kempf rejoint l'équipe dans le même temps, alors que le développement interne du logiciel se poursuit. L'association VideoLAN, qui développe l'outil, est créée en 2007.

Aujourd'hui, VLC a été téléchargé plus de 3 milliards de fois, et demeure le logiciel français le plus utilisé au monde. Un joli CV. Pour revenir sur cette success story française et parler de l'avenir - qui s'annonce radieux - nous avons sollicité un moment avec Jean-Baptiste Kempf, président de l'association VideoLAN, et monsieur VLC pour les intimes.

L'interview complète de Jean-Baptiste Kempf

Jean-Baptiste Kempf
Jean-Baptiste Kempf, monsieur VLC

VLC, c'est un lecteur vidéo et audio, mais ce n'est pas que ça justement...
C'est un lecteur multimédia, un véritable Framework multimédia qui permet de faire énormément de choses : de l'encodage, du streaming, quasiment toutes les opérations qu'on pourrait faire sur de la vidéo, comme couper des vidéos. Mais l'interface n'est pas faite pour ça. Pendant longtemps, les abonnés Free pouvaient regarder la télévision via VLC, qui lisait les 20 chaînes de télévision, les regroupait et les mixait ensemble pour ensuite proposer un flux. VLC peut aussi servir de serveur de fichiers et de serveur qui réencode. C'est ce qu'on voudrait mettre un peu plus en avant dans le futur pour avoir un serveur multimédia, un serveur UPnP (Universal Plug and Play).

Est-ce qu'en mettant en avant des aspects de VLC autres que le lecteur, vous ne craignez pas de « frustrer » le public plus friand du lecteur, et moins des autres fonctionnalités ?
Si on se débrouille bien, normalement ça ne doit pas gêner, parce que c'est juste la question d'activer ou de désactiver quelque chose dans les préférences du logiciel. Il faut que l'utilisation de VLC reste la plus simple et la plus rapide possible. Cela pourrait permettre à des gens qui utilisent Plex Media Server de lancer VLC sur un NAS qui va être capable de restreamer la vidéo sur votre téléphone portable ou sur votre tablette, chez vous.

Avez-vous une idée de la part de Français parmi les utilisateurs de VLC et le nombre de personnes qui utilisent le logiciel dans le monde ?
Nous n'avons aucun chiffre officiel, puisque nous ne pratiquons pas la télémétrie, qu'on peut assimiler à de l'espionnage. Le seul chiffre que nous avons, c'est le nombre de téléchargements, et il peut permettre d'imaginer le nombre d'utilisateurs. Mais le chiffre est forcément sous-estimé, parce que par exemple, lorsque les gens téléchargent VLC sur Clubic, nous n'avons pas l'information. En réalité, on ne pourra pas avoir beaucoup mieux que des estimations (ndlr : entre 350 et 400 millions de personnes utiliseraient VLC dans le monde).

« Les gens utilisent VLC parce que le logiciel est bien, et après, parce que c'est open source »


Quant à la part française, si on atteint les 5 %, ça reste le bout du monde ! Les pays où VLC est le plus utilisé sont l'Inde, les États-Unis et l'Allemagne. La France doit être juste derrière, mais c'est juste une question de démographie. Si on prend l'Union européenne en tant qu'État, elle serait loin devant.

VLC est un logiciel, open source, comme peuvent l'être Firefox, Libre office ou Blender. À l'heure où beaucoup de sociétés refusent d'en entendre parler, est-ce qu'il s'agit d'une « fierté » pour vous ?
C'est super que ce soit open source, mais ce que je trouve encore mieux, c'est que les gens ignorent que VLC est open source. C'est un peu bizarre, mais cela veut dire que les gens utilisent VLC parce que le logiciel est bien, et après, parce que c'est open source.

Vous avez franchi le cap des 3 milliards de téléchargements à Las Vegas le 10 janvier 2019, au CES. La question est bateau mais, la barre des 4 milliards, quand espérez-vous la franchir ?
On a pu se rendre compte que nous n'avions pas tout bien compté, puisqu'on est sans doute déjà un peu au-dessus des 3 milliards. Alors on va dire que les 4 milliards, ce sera dans deux ans, en 2021. Nous avions franchi le cap des 2 milliards en 2016. Ça peut aller vite.



Comment vous avez vécu cette aventure du CES, d'un point de vue personnel mais aussi de ceux de l'association, VideoLAN et de la start-up VideoLabs ?

C'est compliqué, car nous n'étions pas les clients habituels du CES. On était au milieu de la French Tech, au milieu d'objets connectés... une couche-culotte connectée, un biberon connecté, un casque connecté, avec des gens qui recherchaient des investisseurs. Cela étant dit, nous sommes internationaux et on détonait un petit peu avec notre stand qui était un peu délirant et que nous avions fabriqué nous-mêmes avec des planches en bois pour faire un énorme cône, des gyrophares orange et des LED qui clignotaient en orange et en blanc pour rappeler VLC. Ça s'est assez bien passé. Globalement, la délégation était assez sérieuse.

Quelle a été le ressenti des Américains par rapport à votre présence à Vegas et par rapport au succès de VLC ? Vous avez pu directement être en contact avec des grands du numérique...
On a déjà beaucoup de contacts aux États-Unis ou à l'étranger, mais beaucoup de gens ont par exemple été surpris de voir que nous étions une association, une association française qui plus est. Et ça ne valait pas que pour les étrangers. Des Français, parfois des officiels, ne connaissaient pas du tout notre modèle.

D'un côté, ça a dû vous faire plaisir de pouvoir rétablir la vérité autour de ce qu'est VLC, et d'une autre part, il y a peut-être cette frustration sur cette méconnaissance de ce que représente réellement le logiciel ?
Les gens ont bien compris qui on était, le message est bien passé.

Est-ce que vous aimeriez participer au prochain CES ?
Oui, pourquoi pas. Tout dépendra si on a quelque chose de marrant à faire ou à fêter. Là, nous étions proches des 3 milliards, c'était une bonne occasion.

« Des gens voulaient racheter VLC sans savoir véritablement de quoi il s'agissait »


Quelques mots sur VideoLabs, qui n'est pas une association mais une start-up, est-ce que vous pourriez nous la décrire et nous préciser les produits sur lesquels vous travaillez ou sur lesquels vous aimeriez travailler ?
J'ai créé la société VideoLabs il y a quelques années. Le but était d'aider à déployer et à soutenir VLC. Car l'open source, c'est bien, mais les jeunes préfèrent notamment aller créer une start-up et faire le Airbnb de la farine ou le Uber des pierres tombales parce que c'est plus marrant et plus sexy. Il fallait embaucher des gens, à temps plein. VLC, on ne peut pas le monétiser en demandant de l'argent aux utilisateurs ni en les espionnant. Mais il y a des professionnels qui ont des intérêts autour de VLC.

Que développez-vous au travers de VideoLabs ?
Beaucoup de supports et de choses qui permettent d'utiliser les Framework VLC. Il y a plein d'applications mobiles ou de box d'opérateurs où VLC est inclus. Ces gens ont besoin de supports, d'intégration. On développe également d'autres technos, qui devraient sortir cette année, qui sont à côté de VLC mais qui sont toujours dans le domaine de la vidéo.

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Est-ce que VLC peut rapporter de l'argent ?
Peut-être, mais aujourd'hui, ça n'en rapporte pas. Nous recevons des dons notamment à travers PayPal et des dons Bitcoin, qui permettent de faire tourner l'association, de payer le stand au CES par exemple.

D'où proviennent les dons ? Est-ce que ce sont davantage des particuliers ou des professionnels qui apportent leur contribution ?
Ce sont des particuliers en très très grande majorité. Ensuite, nous avons une conférence qui, chaque année, est sponsorisée par des entreprises.

Des sociétés vous ont-elles déjà approché pour mettre la main sur VLC ?
Nous avons eu beaucoup de propositions, plus ou moins délirantes d'ailleurs. Des gens voulaient racheter VLC sans savoir véritablement de quoi il s'agissait. D'autres nous ont fait des propositions d'une honnêteté douteuse pour mettre des spywares ou d'autres choses un peu dégueulasses. On nous a déjà proposé 20 millions d'euros. Nous avons toujours décidé de ne pas céder à ce qui pourrait être contraire à notre morale.

Vous avez été fait Chevalier de l'ordre national du mérite fin 2018, et nous en profitons pour vous féliciter à ce propos d'ailleurs. On a entendu dire que vous étiez un petit peu gêné par cette distinction vis-à-vis de vos amis de VLC ?
C'est très sympa, et nous n'avions jamais fait de demande, notamment d'avoir une vraie reconnaissance de la part de l'État, j'en suis ravi. Mais en même temps, il y a d'autres gars dans l'équipe, et ça me dérange un petit peu pour eux.

Vous imaginez que votre cas va être symbolique ou est-ce que vous espérez que l'État puisse, chaque année, récompenser un membre ou un acteur de la tech française ?
Je pense que c'est une bonne tendance, et que ce serait bien de récompenser des gens issus de la société civile qui font des choses dans les associations plutôt que de récompenser des politiciens ou des PDG de grosses boites.

« Les gens ne sont pas prêts à payer pour avoir un lecteur multimédia »


D'un point de vue personnel, comment a-t-on réagi dans votre entourage ?
C'est génial. Ma mère et ma grand-mère sont ravies. Mais en réalité, c'est hyper compliqué à expliquer ce que je fais de ma vie. Pour les gens extérieurs c'est « Tu fais quoi ? », « Ah ben je suis sur mon PC toute la journée » (rires). J'exagère à peine. La différence entre quelqu'un qui passe sa journée à coder sur VLC, à animer une communauté et quelqu'un qui la passe sur Facebook à glandouiller en regardant des vidéos, pour ma grand-mère, elle est nulle. Par contre, une médaille, elle comprend très bien ce que c'est.

VLC est disponible sur Xbox One. On a pu lire que le lecteur serait bientôt disponible sur PS4 et sur Switch, qu'en est-il réellement ?
En fait, nous espérons que ce soit le cas dans le futur. On aimerait bien, parce qu'on pense qu'il y un vrai usage et nous avons beaucoup de joueurs dans la communauté VLC. Mais ça demande des autorisations, de Sony et Nintendo, qui ne sont pas habituées à en donner à des projets comme VLC. Si un jour on en a la possibilité, on le fera.

Vous pensez que cette incorporation sur PS4 et Switch est en bonne voie ?
Techniquement, c'est assez rapide. Mais la partie se joue surtout sur le terrain politique.

Malgré le fait que vous soyez VLC, les mastodontes du numérique doivent savoir que vous n'êtes « qu'une » association... (il coupe)
Ça dépend de qui. Du côté de Google, ils savent qui on est ; mais chez Sony, je pense qu'ils n'en ont pas la moindre idée.

N'y a-t-il pas cette crainte, pour ceux qui savent qui vous êtes, d'être pris de haut ?
Il y a plein de gens qui nous prennent de haut, et il n'y a pas besoin d'être une grosse boite. Beaucoup de gens aimeraient prendre leurs désirs pour des réalités. Il y a une raison pour laquelle des Quick Time ou des Real Player ne sont plus disponibles sous Windows, c'est parce que l'activité n'est pas rentable. Les gens ne sont pas prêts à payer pour avoir un lecteur multimédia.

« On est en train d'améliorer la performance et notamment la consommation en puissance électrique sur pas mal d'ordinateurs »


Sur la version Android de VLC qui va intégrer le support d'Air Play...
Ce n'est pas que pour Android. Nous avons rajouté Chromecast dans toutes les versions de VLC pour qu'on puisse envoyer sur du Chromecast ; et nous allons faire la même chose sur Airplay, que l'on puisse envoyer sur n'importe quelle version. Nous allons aussi essayer de supporter les UPnP Renderer pour toutes les télévisions, et pas seulement les téléviseurs Android notamment, pour être capables d'envoyer vers ces TV notre lecteur multimédia.

Nous travaillons sur la version 4.0. En plus d'Airplay et d'UPnP Renderer, on est en train d'améliorer la performance et notamment la consommation en puissance électrique sur pas mal d'ordinateurs. Et nous allons commencer à avoir de l'indexation de contenus.

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Vous avez évoqué lors du FOSDEM 2019 un thème sombre et des effets de transparence pour la future version de VLC ? On se dirige toujours dans cette voie ?
Toujours. C'est effectivement le cas. Une nouvelle interface qui évoluera au grès des versions, et qui ne devrait pas ralentir le logiciel, car ça reste le plus important.

Que peut-on dire aux supporters du logiciel ? La future version leur paraîtra-t-elle aussi intuitive que les précédentes ?
Normalement, mieux. Tout ce qui était faisable avant doit toujours être au moins aussi simple, et parfois mieux.

Sur cette nouvelle interface, quel est votre priorité ? Laisser un maximum de place au contenu ?
Simplifier, faire oublier l'interface, mettre un peu au goût du jour, avoir une bibliothèque simple, mais tout en restant rapide et efficace.

La bibliothèque de médias de la future V4.0 sera divisée en plusieurs catégories ?
Pour le moment, oui, comme sur Android : Audio, Vidéo, Réseau Local, Flux Internet. On verra à l'usage comment il faudra faire évoluer le modèle.

« 4K, HDR... le but est de faire fonctionner toutes ces technos sur tous les ordinateurs et téléphones, sans forcément changer d'appareil »


Que pouvez-vous nous dire sur les futurs formats pris en charge par le lecteur (contenus en 3D, réalité virtuelle etc...) ?
En ce moment, un gros focus est fait sur la 4K, le HDR, et notamment de faire fonctionner toutes ces technos sur tous les ordinateurs et téléphones, sans forcément changer d'appareil.

Un peu de 3D et de VR aussi, si on réussit à l'intégrer correctement, et simplement.

Vous avez véritablement décidé, par ces développements, d'accompagner les nouveaux usages émergents ?
Justement, avec VLC, en général, on suit les évolutions lorsqu'elles se sont stabilisées, et qu'il y a un peu des standards qui ont émergé. La 3D et la VR sont dans le creux de la vague, donc, on sait ce qui marche et ce qui ne marche pas, donc on peut se focaliser sur l'essentiel.

La 4K et le HDR, c'est un peu différent, car il y a un vrai défi technique à relever.

La prochaine version de VLC nécessitera donc bien au minimum Windows 7, macOS 10.10, Android 4.2 et iOS 10 ?
C'est exact. Il n'est plus possible de faire évoluer VLC et de garder la compatibilité XP ou Vista. Ces gens resteront sur la 3.0 qui est une LTS, mais cela va permettre de faire évoluer les choses pour les autres.

Est-ce que vous pensez à l'après VLC ? Ou bien à des projets parallèles ?
Je suis en train de travailler sur une autre structure, pour faire autre chose sur d'autres communautés open source dans la vidéo. Pour le grand public, la différence est nulle.

Quelque chose vous fait rêver ?
Il y a plein de choses que j'aimerais bien faire, notamment des « trucs spatiaux », mais rien de bien concret pour le moment.

Un dernier mot pour la fin Jean-Baptiste ? Un mot à faire passer ? Une annonce à faire ? Une personne que vous souhaitez saluer ? :)
Soutenez l'open source ! Soutenez VLC !

Merci Jean-Baptiste !

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