LeWeb’12 : pas d'objets connectés dans les cartons d'Apple ?

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Le 05 décembre 2012
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Le salon LeWeb 2012, placé cette année sous le signe des objets connectés, a accueilli mercredi 5 décembre au matin, plusieurs représentants et anciens représentants de marques incontournables : Nokia, PayPal, Apple. L'occasion d'entrevoir si la tendance est aux objets connectés de leur côté.

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« Internet envahit de plus en plus d'objets. Auparavant, il n'était que dans un objet, le PC, à notre domicile. Désormais, il est aussi mobile, avec les ordinateurs portables, les tablettes et surtout les smartphones », a introduit Marko Ahtisaari, vice-président du design chez Nokia, à l'occasion de cette deuxième journée du Web 2012. Chargé de dessiner les appareils de la marque finlandaise, le designer en chef de Nokia a rappelé que l'important de sa mission est de « rendre l'expérience d'Internet la plus naturelle possible, agréable, et efficace ».

« Comme le smartphone est actuellement l'un des principaux moyens de se connecter au Net, il faut qu'il soit irréprochable », a-t-il souligné. Un bon moyen d'y parvenir, selon lui, est l'écran tactile, « immersif, car il permet une connexion avec l'environnement extérieur ». « Bientôt, ce ne sera plus un ou trois objets connectés que vous aurez, mais quarante, voire plus », a expliqué Marko Ahtisaari. « Alors que le téléphone a rendu chaque être humain joignable, la prochaine étape sera d'étendra cette révolution à l'ensemble des objets », a-t-il encore ajouté.

Dans ce monde connecté, Nokia espère jouer un rôle, notamment avec son service de cartographie Here. Basé en partie sur les données remontées par la communauté d'utilisateurs, le service se veut, chaque jour, plus riche que le précédent. D'après le designer, ce sont 12 milliards de points d'intérêt qui peuvent être mis à jour actuellement. Outre cela, les photos prises par les possesseurs de smartphones viennent compléter le service. Marko Ahtisaari imagine quelles seront les possibilités quand les objets eux-mêmes pourront nourrir cette plateforme.

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Marko Ahtisaari, vice-président design chez Nokia.


Pour David Marcus, PayPal sera un moyen de paiement central

Venu répondre aux questions de Loïc Le Meur, l'organisateur du Web'12, David Marcus, p-dg de PayPal, a également livré sa vision de l'Internet des objets. Pour lui, certains objets connectés « demanderont une solution de paiement simple et sécurisée ». « Des tonnes d'innovations vont pouvoir découler de cette évolution disruptive ». Il en a livré un exemple, avec le paiement de place de parking avec son mobile.

Avec l'application Parking App, « on n'a plus besoin de chercher des pièces dans le font de son porte-monnaie pour payer le ticket de sortie du parking. L'utilisateur règle simplement avec son compte PayPal via son smartphone, en faisant un check-in à l'entrée et un check-out à la sortie ». David Marcus a estimé ainsi que « beaucoup de poblèmes peuvent être réglés avec un objet connecté, car cela fait gagner du temps à l'utilisateur ».

En prallèle de ces problématiques, le p-dg de PayPal s'est exprimé sur sa nomination à la tête de la société, après lui avoir revendu sa start-up de paiement mobile, Zong, pour 240 millions de dollars, à la mi-2011. « Je suis arrivé à la tête de PayPal pour apporter mon oeil du monde des start-up. Le paiement en ligne est un milieu difficile en raison des différences typiques à chaque pays, notamment sur la législation. Ma première décision en tant que p-dg a été d'améliorer les process, ce qui s'était un peu perdu avec le temps. De neuf groupes d'ingénieurs, je les ai ramenés à un seul, du coup, on a des retours plus rapide et on avance mieux », a expliqué David Marcus.

S'il n'a pas considéré Square comme un concurrent direct, il a estimé que PayPal a beaucoup à jouer à l'avenir. « Le marché hors ligne est plus de sept fois plus gros que celui en ligne », a laissé présager le p-dg. « Aujourd'hui, un e-commerçant connaît tout sur ses clients. Mais un vendeur physique, lui, ne connaît pas grand chose, il a des clients fantômes », a analysé David Marcus. « L'enjeu de PayPal est aussi de mieux connaître ce parcours d'achat hors ligne », a expliqué David Marcus.

L'avenir d'Apple à court terme n'est pas dans l'Internet des objets, selon Pascal Cagni

S'il ne représentait pas officiellement Apple, et a d'ailleurs tenu à le rappeler plusieurs fois, Pascal Cagni a été accueilli en tant qu'ancien vice-président Europe de la firme de Cupertino. L'occasion pour Loïc Le Meur, dans le rôle de l'intervieweur, d'essayer de dénicher quelques informations sur cette société réputée pour entretenir le secret. Mais avant cela, un petit exercice : « Dans la salle, que ceux qui ont un appareil Apple lèvent la main », a demandé Loïc Le Meur. Et plusieurs mains se sont levées. Pas autant qu'espéré ?

Si l'intervieweur a tenté de gratter quelques secrets d'Apple, cela n'a pas abouti. Néanmoins, Pascal Cagni a livré quelques témoignages sur la firme et ce que lui a apporté Steve Jobs. « Il m'a donné les clés en Europe, un marché difficile qu'il a fallu rendre simple », a indiqué l'ancien vice-président, sans s'étendre plus. Dans sa philosophie, largement répandue par sa biographie, Steve Jobs imposait que chaque jour, « on dise non à plein de projets ». Une décision quotidienne mais capitale, s'est souvenu Pascal Cagni. « Apple veut faire peu de produits, mais veut bien les faire ».

D'ailleurs, c'est à son lancement public que la qualité d'un produit peut être appréciée, selon lui. « Quand vous passez plusieurs mois sur un appareil, vous voulez que sa présentation soit parfaite, et crée l'effet de surprise », explique l'ancien d'Apple. Pour lui, le lancement du Nokia Lumia 620 (voir Nokia Lumia 620 : Windows Phone 8 pour 259 euros !) dans la matinée s'est révélé surprenant, mais pas forcément dans le bon sens du terme. Pour l'avenir, Pascal Cagni ne voit pas Apple investir le terrain de l'Internet des objets. Pourtant, qui imaginait la société, à ses débuts, faire autre chose que des ordinateurs, comme distribuer de la musique, concevoir des smartphones, des tablettes et créer une plateforme de vente d'applications en ligne ?



Justement, le rôle d'Apple dans le Web des objets pourrait passer certainement par cet écosystème applicatif, à en croire Pascal Cagni. Par ailleurs, il estime que c'est sur l'Internet des objets que l'Europe peut avoir une carte à jouer. Mais en attendant qu'Apple se mette ou non au « Web 3.0 », d'autres inventent de nouvelles utilisations à ses produits, comme l'iPad. David Cann a par exemple profité du Web'12 pour présenter Double, de la société Double Robotics, soit un iPad fixé sur une sorte de Segway et pilotable à distance, ce qui peut servir pour des visioconférences. Après tout, les transitions technologiques n'apportent-elles pas aussi leur lot de curiosités ?

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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