Test de The Pathless : Giant Squid poursuit son chemin vers les sommets

Virgile Rasera
Spécialiste Gaming
18 novembre 2020 à 10h30
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Avoir les honneurs de figurer au line-up de lancement d'une nouvelle console est à double tranchant, à fortiori pour un studio relativement jeune comme Giant Squid. Pareille exposition, qui plus est accordée à un nombre de titres réduit, génère nécessairement une attention décuplée de la part des joueurs.

Que ces derniers se rassurent : que ce soit sur PC ou sur PS5, The Pathless est à la hauteur des espoirs qu'ont suscité ses charmants atours au fil des bandes-annonces successives.

Giant Squid, ça vous dit quelque chose ? Pour beaucoup, probablement rien. Et pour cause, The Pathless n'est que la deuxième réalisation du studio, après Abzû, une charmante expérience contemplative et cinétique à vingt mille lieux sous les mers, qui signa les débuts remarqués de la jeune structure. On a beaucoup comparé ce dernier à Journey et pour cause, Giant Squid a été co-fondé par Matt Nava qui fut directeur artistique de thatgamecompany. Voilà pour le petit historique.

Fort de ce premier succès, Giant Squid a donc décidé de voir plus grand avec The Pathless, tout en sachant raison garder là où tant d'autres avant lui furent écrasés par le poids de leurs ambitions.

La flèche et la plume

Le style Giant Squid est une forme de minimalisme élégant, et de raffinement dans la sobriété des moyens techniques comme des mécaniques de jeu. The Pathless est une nouvelle démonstration de ce crédo.

Nous y incarnons une chasseuse, virtuose dans le maniement de l'arc et accompagnée d'un aigle majestueux, réincarnation d'une divinité terrassée par le Déicide. Comme son nom l'indique, ce dernier est un être malfaisant projetant de s'ériger à son tour au rang de maître de ce monde après en avoir corrompu les quatre divinités animales tutélaires. Divinités dont il s'agira de restaurer la nature lumineuse et bienveillante, après les avoir affrontées tour à tour. Mais avant d'en arriver là, il faudra,
pour chaque zone de jeu, libérer trois piliers de l'emprise du Déicide en partant à la recherche d'emblèmes disséminés dans des tours, châteaux et autres bâtisses en ruines.

L'un des nombreux pilier qu'il s'agira de libérer de l'emprise du Déicide

Pour ce faire, notre archère et son compagnon forment un duo parfaitement complémentaire. La première peut se déplacer à toute vitesse en ciblant des talismans dont l'explosion libère une énergie la propulsant jusqu'au suivant, donnant lieu à des séquences de pur mouvement assez exaltantes.

Au fil de notre progression, des talismans de plus en plus puissants apparaissent sur notre chemin, certains allant jusqu'à nous propulser dans les airs. Pour profiter de la puissance ainsi libérée par chaque talisman il est nécessaire de concentrer sa visée plus ou moins longtemps sur la cible, selon la distance à laquelle elle se trouve. C'est un coup à prendre, mais la maîtrise de cet ingénieux système de locomotion se révèle particulièrement intuitive et constitue la première force du gameplay de The Pathless, offrant des sensations de jeu particulièrement grisantes.

De son côté, l'Aigle qui nous accompagne a lui aussi plus d'une corde à son arc. Il peut ainsi nous permettre de planer après un saut, voire même nous hisser haut dans le ciel d'un ou plusieurs battements d'ailes, facilitant par là notre exploration des différentes zones de jeu qui s'offrent à nous.

Ses capacités n'ont de cesse de grandir au fil de la progression, après chaque combat de boss mais aussi en récoltant patiemment des orbes dorées, remplissant une sorte de jauge d'expérience. Il est également d'une aide précieuse dans la résolution des nombreuses et intelligentes énigmes qui jalonnent notre chemin. En effet, sa capacité à porter des poids sera régulièrement mise à contribution lorsqu'il s'agira d'actionner des mécanismes.

Bien entendu, les énigmes sollicitent bien d'autres actions de notre part. Il s'agira parfois d'enflammer une succession de torches, en faisant ricocher notre flèche, ou encore d'aligner plusieurs cercles à travers lesquels tirer pour actionner un mécanisme. Le tout requiert souvent une bonne dose d'observation et de réflexion, mais là encore l'analyse des énigmes n'est jamais entravée par une construction artificiellement complexe.

D'autant que notre intrépide archère pourra également compter sur une capacité de « vision de l'esprit », lui permettant d'identifier les points d'intérêt et révélant des failles invisibles dans le monde matériel, dans lesquelles se faufiler. Giant Squid fait ici le choix de mécanismes simples mais qui, savamment associés les uns aux autres, donnent suffisamment de fil à retordre pour que la résolution du problème s'accompagne d'une grande satisfaction.

La vision de l'esprit qui permet de visualiser les différents points d'intérêt

Un titre adepte de la méthode douce

Et c'est tant mieux car l'essentiel du challenge proposé par The Pathless repose justement sur ces très nombreuses énigmes. En dehors des combats de boss, il n'y ainsi aucun véritable conflit dans le jeu. Les créatures divines se dressent certes ponctuellement sur notre route à l'occasion d'apparitions aléatoires, mais lorsque cela se produit, il s'agira simplement d'éviter d'être vu par elles et de venir en aide à notre compagnon, cloué au sol par leur aura maléfique. Dommage, ceci dit, que leurs apparitions soudaines se fassent souvent juste sous notre nez, nous empêchant ainsi de trouver refuge derrière un abri et nous condamnant à perdre une partie de nos orbes dorées après avoir été découvert.

Une fois la menace dissipée, il sera nécessaire de soigner notre majestueux volatile en le caressant. À noter d'ailleurs qu'il est possible de papouiller l'aigle à l'envi. En plus d'être servi par une animation très convaincante et satisfaisante, cette jolie scène permet de recharger entièrement sa jauge de mouvement.

Une amitié ça s'entretient

Bref, dans The Pathless, la seule dualité est celle qui nous oppose au Déicide. S'agissant des combats de boss, il n'est même pas vraiment question de les vaincre mais de les délivrer du mal. Qui plus est, le jeu ne nous sanctionne jamais d'un game over après avoir pris une bonne rouste et préfère simplement nous éjecter hors de l'arène. Un parti pris synonyme de progression douce et ininterrompue, mais aussi de duels qui manquent malheureusement d'un peu d'enjeu.

Ces combats s'articulent en deux temps : une fois les trois piliers libérés du pouvoir du Déicide, notre archère s'élance à la poursuite de la divinité devenue incontrôlable. Pour mettre un terme à sa course folle, il faut alors l'atteindre, en plusieurs endroits de son corps ; après quoi le véritable face à face en arène peut avoir lieu.

La première de ces deux phases rappelle vaguement les duels épiques d'un certain Shadow of the Colossus sans toutefois en effleurer l'intensité. L'idée d'associer une course poursuite jalonnée d'obstacles avec des phases de tir aurait pu donner lieu à des phases de jeu exaltantes, malheureusement l'action est ici brouillonne et chacune de ces introductions un peu trop vite expédiée pour susciter l'enthousiasme.

Fort heureusement la seconde phase s'inspire allègrement des combats de boss des derniers Zelda et se caractérise par une hybridation réussie entre mouvements d'esquives, anticipations d'attaques et tirs réflexes.

Un des combats de boss du jeu

Pathless in the wild

L'influence de la saga Zelda et tout particulièrement de son dernier opus, Breath of The Wild, est d'ailleurs prégnante dans The Pathless. C'est un peu comme si le titre de Giant Squid en était une variation contemplative, ramassée sur un temps de jeu plus court et des ambitions plus raisonnables. On pense évidemment à la possibilité de planer longuement au dessus d'environnements enchanteurs et dépeuplés, à cette verticalité assez folle qui caractérise également le dernier né de la saga de Nintendo ou, plus simplement, à cet accent mis sur une exploration lente, à tâtons, d'un univers paisible et silencieux… Peut-être même un peu trop d'ailleurs. On aurait en effet apprécié un peu plus de vie pour égayer les lieux.

Toutefois, là où Breath of The Wild propose une aventure longue de plusieurs dizaines d'heures, The Pathless se termine en à peine 8 heures, un peu plus pour qui souhaiterait en explorer l'univers dans ses moindre recoins et ainsi en dénicher tous les secrets. Ce à quoi on s'attellera volontiers d'ailleurs, tant se mouvoir dans ce magnifique cadre de jeu procure de plaisir. Mais tout de même, il faut bien admettre qu'on reste un peu sur sa faim après avoir levé le voile sur tous les mystères de ce charmant univers.

Quoique malheureusement un peu vides, les environnements n'en demeurent pas moins enchanteurs

Visuellement aussi, le style épuré de The Pathless n'est pas sans rappeler celui de Breath of The Wild. Les deux titres partagent un goût certain pour les paysages épurés aux couleurs douces, bruissant du murmure du vent sur les grandes plaines herbeuses et dans le feuillage des arbres. Mais l'esthétique du titre de Giant Squid se caractérise toutefois par un rendu plus contrasté et beaucoup moins « cartoon ».

Nous arrêterons là le jeu des comparaisons, de peur de donner l'impression d'une trop grande filiation entre les deux titres. En dépit d'une parenté difficilement contestable, The Pathless jouit en effet d'un style qui lui est propre et d'une identité indiscutable, servie par une réalisation délicate qui sait aussi se montrer plus chatoyante lorsque l'action gagne en intensité. Sur PC, le titre est ainsi d'une fluidité jamais prise en défaut et jouit d'une grande finesse. Encore une fois, on retrouve le fameux minimalisme élégant dont nous faisions mention en début d'article.

Enfin il faut évidemment saluer le sound design d'exception de The Pathless. Le sifflement des flèches et l'explosion qui suit lorsqu'elles font mouche impriment une sorte de rythmique musicale assez entêtante à notre progression. Les rares dialogues ponctuant la narration s'expriment en un langage fictif tout à fait crédible, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler la langue elfique du Seigneur des Anneaux, et, c'est assez rare pour être souligné, très agréable à l'oreille.

Enfin, les sublimes compositions de Austin Wintory (Journey, Abzû) accompagnent toujours l'action avec une grande justesse et se caractérisent par une prédominance des cordes, et tout particulièrement du violoncelle, tout en faisant la part belles à de puissants chants gutturaux. Encore une OST de très haut niveau à mettre au crédit du compositeur.

"Cuicui"

The Pathless : l'avis de Clubic

Pour sa deuxième réalisation, Giant Squid fait un pas de plus vers l'aventure avec un grand A. The Pathless procure un plaisir aussi bien esthétique que cinétique et, s'il n'a pas les ambitions d'une grosse production, il parvient néanmoins à nous captiver pour une bonne douzaine d'heures de jeu, sans aucun moment de flottement. Ce résultat est permis par un savant mélange d'exploration émerveillée, d'énigmes bien conçues et d'action trépidante.

Certes, le titre de Giant Squid n'évite pas quelques écueils. Parmi eux, des combats de boss dont la première des deux phases manque malheureusement d'intensité et de lisibilité ; ou encore une aventure qui, en dépit des nombreux secrets à découvrir, nous laisse un peu sur notre faim. On déplore également que le monde dans lequel il nous immerge ne soit pas plus vivant.

Toutefois, ces quelques griefs ne doivent pas vous dissuader de goûter à tout ce que le titre de Giant Squid a à offrir. The Pathless est un joli voyage qui fait la part belle à la contemplation et à l'exaltation du mouvement, le tout bercé par les merveilleuses composition d'un Austin Wintory particulièrement inspiré. Une œuvre simple et belle, dans laquelle on aurait aimé pouvoir séjourner beaucoup plus longuement.

The Pathless

7

Les plus

  • Un univers mystérieux et enchanteur
  • Un système de locomotion dynamique et grisant
  • Des énigmes très bien pensées
  • Esthétiquement très réussi
  • Une bande-son d'exception
  • Une aventure captivante mais...

Les moins

  • ... on reste malgré tout un peu sur sa faim
  • La première phase des combats de boss, brouillonne et qui manque d'intensité
  • On aurait aimé un monde un peu plus vivant
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