Pour sortir de SFR, Vivendi envisagerait un rapprochement avec Numericable

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Le 15 octobre 2012
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La rumeur enfle autour des velléités supposées du groupe Vivendi de se désengager de l'opérateur SFR. Parmi les pistes envisagées figure l'hypothèse d'un rapprochement industriel avec le câblo-opérateur Numericable.

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Les contenus plutôt que les tuyaux ? La rumeur s'agite depuis deux jours autour des scénarios qu'envisagerait Vivendi pour se désengager de l'opérateur SFR, et partant de ses activités dans l'univers des télécoms. D'après des sources anonymes citées par PC Inpact, le Figaro mais aussi le Journal du Dimanche ou BFM Business, le groupe emmené par Jean-René Fourtou étudierait plusieurs options allant de la cession pure et simple au rapprochement avec un autre acteur de premier plan : en l'occurrence, le câblo-opérateur Numericable, aujourd'hui détenu par les fonds Carlyle, Altice et Cinven.

Sur le plan industriel, la démarche semble faire sens : Numericable profiterait ainsi de la puissance de la marque SFR, ainsi que de son parc de clients (environ 16 millions dans le mobile, et 5 millions dans l'accès à Internet fixe), tandis que le second bénéficierait des investissements déjà réalisés par le premier dans l'univers du très haut débit. Dans la mesure où SFR est valorisé entre 12 à 15 milliards d'euros, contre 3 milliards d'euros environ pour Numericable, l'opération conduirait les propriétaires actuels de Numericable à verser à Vivendi un substantiel bonus en cash : 4 milliards d'euros selon le JDD, et jusqu'à 8 milliards d'euros selon BFM Business. Dans les deux cas, Vivendi ne détiendrait plus que 49% du nouvel ensemble, qui sortirait donc de ses comptes mais pourrait tout de même lui procurer de copieux subsides en cas d'entrée en bourse.

Une autre piste envisagée par Vivendi serait celle de la cession de SFR à un autre opérateur : Vodafone, à qui Vivendi a justement racheté 44% de SFR début 2011 pour environ 8 milliards d'euros. Entre temps, la valeur de SFR a diminué, suite aux bouleversements survenus sur le marché des télécoms français, mais la moins-value réalisée par Vivendi serait compensée, dans ce scénario, par le regain de confiance accordé par les marchés au groupe. La troisième voie serait celle de la scission pure et simple avec introduction en bourse de SFR, à la façon de ce que prévoit de faire le groupe PPR avec la Fnac.

Chez Vivendi, on indique à la Tribune ne pas commenter les rumeurs de marché, tout en manifestant un certain agacement quant à l'échafaudage d'hypothèses complexes sur la base de ce qui ne serait que des discussions « plus que préliminaires ».

Faut-il chercher à qui profite la rumeur ? Vivendi avait déjà reconnu publiquement être prêt à envisager la cession d'actifs majeurs pour se restructurer, tandis qu'on prête de longue date aux actionnaires de Numericable l'intention de jouer un gros coup sur le marché français des télécoms, de façon à pouvoir réaliser une sortie lucrative par l'intermédiaire, par exemple, d'une entrée en bourse. Du côté de Vivendi, on s'inquiéterait ainsi de ces fuites judicieusement orchestrées, « soit pour faire capoter l'opération, soit pour aboutir à un deal plus avantageux », d'après la Tribune.

Alors que SFR pique du nez sur le premier semestre 2012 et s'apprête à enclencher un « plan d'adaptation de sa structure de coûts », la question de l'avenir de l'opérateur au sein du groupe Vivendi alimentera certainement les discussions lors de la rencontre prévue entre Jean-René Fourtou et les ministres Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, mardi matin.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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