Photokina 2012 : la grande tendance au connecté

Aurélien Audy
25 septembre 2012 à 14h57
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La Photokina vient de fermer ses portes, dimanche 23 septembre. Sortis du flux d'annonces et du flot de gens, il est temps pour nous de faire un bilan, notre bilan, basé sur ce que nous avons vu et entendu. Différentes tendances que nous anticipions se sont confirmées : capteurs de plus grande taille avec notamment une poussée du plein format, consolidation des gammes de compacts hybrides et multiplication des objectifs dédiés aux montures mirrorless, importance croissante de la vidéo sur les boîtiers à objectifs interchangeables... Mais le changement le plus marquant que majorité de constructeurs est en train d'opérer, c'est l'intégration d'une connectivité sans fil plus poussée que jamais, dans un nombre croissant d'appareils. Les usages évoluent, les produits s'adaptent.

Si la poussée du plein format a davantage d'impact que du Wi-Fi en termes purement photographiques, les boîtiers qui adoptent un capteur 24 x 36 mm ne vont pas pour autant se retrouver dans toutes les chaumières dès demain. Canon EOS 6D, Nikon D600, Sony SLT A99 et RX1 ont un point commun : ils coûtent tous a minima 2 000 € (sans objectif) et même 2 800 et 3 200 € pour les appareils Sony. C'est une baisse de tarif significative par rapport aux 2 500 € des modèles qui constituaient l'entrée de gamme juste avant ces annonces (EOS 5D Mark III et Nikon D800). Elle n'est toutefois pas si énorme voire nulle si on considère les boîtiers de génération précédente (EOS 5D Mark II et Nikon D700). Mais le mouvement est lancé et avec les fluctuations habituelles des prix à la baisse, le plein format va peut-être finir par se démocratiser. Ce sera l'occasion au passage pour les constructeurs de vendre plus d'objectifs pour 24 x 36 mm...

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Les trois tailles de capteur que Sony utilise sur ses appareils les plus évolués


En revanche, le boom du Wi-Fi est bel et bien en train de se produire maintenant, et sans surcoût particulier. Samsung en pionnier mais aussi Canon, Nikon, Panasonic ou encore Sony ont tous développé des écosystèmes plus complets que jamais autour de leurs appareils connectés. Oui, la nouveauté n'est pas tant l'adoption de la connectivité sans fil que l'environnement qui va avec en réponse aux nouveaux usages de la photo et des technologies en général.

Avec l'argentique, on photographiait puis on développait, c'était simple. L'arrivée du numérique a engendré une multiplication du nombre d'images prises qui s'avère problématique, aussi bien pour le développement (malgré des solutions de tirage en ligne bien rodées) que pour le stockage. Ce parce les mécanismes temporels de l'argentique sont restés dans l'inconscient : je photographie, je rentre chez moi, je traite, j'archive... et je finis par ne plus savoir où j'en suis ! Or, nos vies contemporaines très connectées offrent un nouveau débouché pour les photos : le partage instantané. Il évite la recherche et le tri dans une base d'images grossissante, et laisse à la personne bénéficiant du partage le soin de développer ou pas. Que permettent les solutions vues à la Photokina ?

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Le stand de Panasonic, comme d'autres consacré en partie à la « Photography connected »


Le plus poussé des appareils connectés, c'est assurément le Galaxy Camera de Samsung. Avec son système d'exploitation Android (v4.1 Jelly Bean), son Wi-Fi et son module 3G (nécessitant un abonnement), la seule chose qui distingue l'appareil photo du smartphone, c'est qu'il ne permet pas de téléphoner. En revanche le produit repose sur un vrai module photo avec zoom optique 21 X et capteur CMOS rétroexposé de 16 MPix. Toutes les options de partage possibles et imaginables sont proposées (Picasa, Flickr, Instagram, YouTube, Facebook, Twitter, email, etc...), utilisables en totale mobilité. Et l'appareil permet aussi d'installer des nouvelles applications depuis le Play Store. Enfin le Galaxy Camera, comme ses pairs de la famille Smart Camera (dont le WB850F), utilise sa connectivité Wi-Fi pour diffuser ses images sur un téléviseur, pour réaliser une sauvegarde automatique sur PC et cloud (que SkyDrive pour l'instant et probablement bientôt le S Cloud), ou encore pour communiquer avec un smartphone ou une tablette (live view déporté, envoi d'images).

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Le Galaxy Camera de Samsung, l'appareil le plus connecté qui soit. Mais tous les appareils de la gamme Smart Camera, dont le WB850F, exploitent déjà depuis quelques temps la connectivité Wi-Fi de façon bien aboutie


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Chez Nikon, la réflexion sur le Wi-Fi est moins avancée que chez Samsung, mais les ingénieurs ont aussi planché sur un produit entre l'appareil photo et le smartphone. Il s'agit du Coolpix S800c. Deux différences à noter : d'une la version inférieure d'Android (v 2.3) et de deux l'absence de 3G, imposant à l'utilisateur de recourir au partage de connexion 3G (tethering) de son smartphone pour connecter son S800c en déplacement, autrement qu'à une box ou un hotspot. Mais l'idée reste la même. Elle repose sur le fait que les utilisateurs se servent de plus en plus de leur smartphone pour photographier au quotidien. Et elle poursuit sur le postulat que ces utilisateurs sont très souvent déçus du résultat (image bruitée, floue) et contraints dans la pratique (absence de zoom, manque de réactivité). Nikon, comme Samsung avec sa Galaxy Camera, prévient : c'est avant tout un Coolpix, auquel le constructeur a greffé une couche Android. Parmi les possibilités de partage, nous retrouvons bien sûr le cloud de Nikon MyPicturetown.com.

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Le Coolpix S800c, l'autre appareil photo Android du marché, avec des fonctions avancées de partage


Pas d'Android chez Canon et Panasonic mais une tambouille similaire : transfert automatisé vers un ordinateur, pilotage de l'appareil depuis un smartphone ou une tablette, consultation des images sur tablette, géolocalisation des photos grâce au module GPS du smartphone, partage vers les réseaux sociaux (Facebook, Twitter...) et plateformes dédiées à la photo et vidéo (Picasa, Flickr, YouTube...), envoi par email, affichage sur téléviseur et stockage sur un service de cloud spécifique (Panasonic Lumix Club et Canon Im@ge Gateway, probablement bientôt Project 1709). A noter que Canon ajoute en plus le transfert d'images entre appareils photo Wi-Fi et l'impression sans fil, forcément. Une lubie pour amuser les utilisateurs de petits compacts ? Non, l'EOS 6D et le Lumix GH3 intègrent également toutes ces fonctionnalités ! Les applications à installer sur le smartphone et/ou la tablette sont disponibles pour iOS et Android.

inauguré par le NEX-5R et repris sur le NEX-6. Nous retrouvons donc l'interface maison habituelle où est apparue l'entrée « Application ». Une fois connecté à un réseau Wi-Fi, l'utilisateur peut télécharger des applications, gratuites mais parfois aussi payantes, apportant des nouvelles fonctionnalités à l'appareil : effets photo, retouche, Bracket pro, Multi Frame NR... mais aussi envoi direct (sur Facebook), synchronisation sur le cloud de Sony PlayMemories (permettant lui-même la consultation multi-plateformes PC, tablette, TV...), ou encore pilotage distant de l'appareil via un smartphone !

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Le NEX-5R inaugure le kiosque d'applications Sony. Un appareil avec un écran de connexion à Facebook, une nouvelle tendance à laquelle il va falloir s'habituer !


Quid des autres constructeurs que sont Casio, Fujifilm, Olympus et Pentax ? En dehors de la compatibilité Eye-Fi de nombreux appareils et de quelques références incluant ponctuellement du Wi-Fi mais sans réel écosystème autour, ces quatre constructeurs ne proposent encore rien de concret. La tendance aux appareils connectés deviendra un acquis quand véritablement tous s'y seront mis. Nous verrons à la prochaine Photokina en 2014 où en sera le marché de la photo. Mais déjà, avec la force de frappe des cinq acteurs les plus puissants du marché, nous pouvons dire que la marche est bien lancée !

Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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