Guide photo : visée, capteur, zoom, types d'appareils… On vous dit tout !

le lundi 12 février 2018

Les spécificités au crible du bon sens


Faisons maintenant un petit décryptage, pour comprendre comment se traduisent les principales caractéristiques des différents appareils photo numériques dans la pratique.

La fabrication


Tous les appareils photos numériques ne sont pas logés à la même enseigne en termes de fabrication. Choix des matériaux et résistance à l'humidité, aux micropoussières, etc. : certains appareils sont plus « étanches » que d'autres. A ce titre, on évoque la tropicalisation de l'appareil. Si un appareil est tropicalisé, cela signifie qu'il dispose d'une excellente étanchéité et qu'il a un très faible risque de développer des moisissures ou capter des poussières microscopiques. L'APN sera en métal et disposera d'excellentes finitions.

S'il n'est pas tropicalisé, l'appareil pourra développer des problèmes dans certains cas (des voyages dans des déserts de sable ou dans les pays tropicaux, d'où le terme tropicalisation). Cela représente un coût. Dans la famille des compacts, on compte nombre d'appareils photo étanches, qui permettent parfois de descendre jusqu'à 30 mètres de profondeur et photographier certains fonds marins.

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La visée


C'est un critère majeur dans le choix d'un appareil puisqu'il impacte directement le confort et la précision du cadrage et donc de la prise de vue. La visée peut être de quatre sortes :

  • Optique
Elle consiste simplement en une lucarne transparente déportée, qu'on ne trouve que sur certains compacts, de plus en plus rares, en complément de l'écran LCD. Elle présente l'avantage de rester utilisable en plein jour lorsque l'écran lui peut parfois ne plus être très lisible. Et en termes d'ergonomie, le fait de porter son œil contre l'appareil favorise la stabilité et la concentration du photographe. Mais la couverture du cadrage se montre trop partielle (80 % généralement), la fenêtre de visée trop petite.

Et le fait qu'elle soit déportée sur un côté de l'appareil engendre de la parallaxe, c'est-à-dire un décalage entre ce que l'œil voit et ce que le capteur enregistre. Bref, une relique de l'argentique guère utile sauf sur de très rares appareils l'ayant sublimé (Fujifilm X10 et surtout X100).

  • Ecran LCD
Il concerne la majorité des appareils, y compris un nombre croissant de reflex dotés de la fonction Live View. Le capteur renvoie l'image qu'il reçoit sur l'écran LCD situé au dos de l'appareil. Avantage : on cadre à 100 % et on bénéficie d'un panel conséquent d'informations pour assister sa prise de vue (réglages, grille, parfois histogramme, niveau électronique, etc.).

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L'écran est également supposé refléter exactement ce que sera la photo, en termes d'exposition comme de colorimétrie. Supposé seulement, parce que bien souvent ça n'est pas le cas : la luminosité peut être trompeuse, la colorimétrie hasardeuse. Si les constructeurs proposent aujourd'hui de superbes écrans (3.2 pouces et 2 359 000 pixels pour l'un des meilleurs APN Reflex du moment), le problème de la visibilité en plein soleil reste toujours d'actualité. Et la visée au bout de bras, appareil tendu devant soi, n'est pas franchement un modèle de confort et de stabilité. Ce problème de luminosité se retrouve particulièrement pour l'essentiel des compacts, qui ne sont pas dotés de système de visée.

Deux cas particuliers existent : les écrans articulés et ceux tactiles. L'articulation est un petit plus, puisqu'il permet de trouver des angles de cadrage qu'un écran fixe n'autorise pas forcément. Néanmoins, cela demandera une certaine maîtrise et de nombreuses heures de pratique pour pouvoir cadrer à l'endroit ce que l'écran affiche à l'envers. De plus en plus d'appareils disposent de cette articulation. Pour ce qui est des écrans tactiles, c'est histoire de goût. Il est possible sur de nombreux appareils d'effectuer les réglages directement via l'écran LCD mais les puristes n'aiment pas. Cela peut avoir un aspect pratique mais les véritables experts et professionnels préfèrent le réglage à l'ancienne. Pensez néanmoins à protéger votre écran LCD, dans tous les cas, et plus encore si votre APN est doté d'un LCD tactile.

  • Reflex
C'est le nom de la visée qui donne aujourd'hui, par raccourci, l'appellation de l'appareil. Le nom « Reflex » vient de la conception même de ce type d'appareil photo, où l'objectif joue un triple rôle : calculer la mesure d'exposition pour permettre à l'utilisateur de réussir sa photo, amener la lumière vers le capteur pour la prise de vue finale et produire l'image issue de la visée. Dans le cadre de la visée, la lumière - qui passe par l'objectif dans tous les cas - est renvoyée dans le viseur grâce à un miroir et un prisme (ou plusieurs miroirs). Cette méthode permet à l'utilisateur de voir exactement et en temps réel ce qu'il photographie (avec une couverture du cadrage plus ou moins proche de 100 % selon l'appareil). Cette visée est aussi appelée TTL (pour Through The Lens).

La taille du viseur, le facteur de grossissement et la luminosité sont les trois facteurs à surveiller, qui s'améliorent en même temps qu'on monte en gamme. La visée reflex est rapide, agréable et utilisable en toutes circonstances. Mais elle occasionne un encombrement supplémentaire (dû au prisme), fait du bruit (lorsque le miroir se lève puis s'abaisse au moment du déclenchement) et sale la facture. Et comme c'est un élément purement optique, elle ne donne aucune information sur comment le capteur, élément numérique, rendra la photo. Un mauvais réglage de balance des blancs ne se verra pas dans le viseur, par exemple.

La majorité des écrans LCD permet néanmoins aujourd'hui d'avoir un aperçu du résultat final en fonction des réglages : il suffit donc d'activer le LCD avec les valeurs choisies et vérifier. Si vous choisissez de modifier les réglages pour diverses raisons, l'écran LCD ne s'actualise pas automatiquement.

  • Electronique
C'est un mix de visée reflex et d'écran LCD. Pour être plus précis, c'est une visée TTL où le jeu de prisme + miroirs est remplacé par un écran LCD logé dans le viseur. L'idée étant de concilier le confort de la visée reflex avec le rendu de l'écran LCD et sans l'encombrement du reflex. C'est traditionnellement la visée qu'on trouve sur les bridges. Les appareils compacts à être dotés de ce système de visée restent rares.

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Les constructeurs ont majoritairement abandonné l'idée des viseurs optiques « trous de serrure », tellement petits qu'il était difficile de les utiliser. Jadis, ces EVF (Electronic View Finder) souffraient d'une définition quelconque et d'un rafraîchissement trop lent pour éviter les saccades d'affichage. Ils sont aujourd'hui beaucoup plus performants et lisibles : jusqu'à 1,4 million de pixels dans le viseur !

Au point où depuis quelques temps, la visée électronique a gagné toute une famille de reflex Sony, dits SLT (Single Lense Translucent) à miroir semi-translucide. Quelques points négatifs demeurent : ils sont généralement plus petits que les viseurs de reflex (en particulier sur les bridges) et ils engendrent une surconsommation électrique. Le fameux Leica Q (Typ 116) est doté d'un système de visée électronique et d'un de 3 pouces pour 1 040 000 pixels.

C'est en partie une question de goûts et d'habitudes mais clairement, quelqu'un qui souhaite s'adonner aux joies de la photo aura tout intérêt à privilégier les visées plus précises que sont celles reflex et électroniques.

Le capteur


Votre capteur est la pièce maîtresse de tout appareil avec l'objectif : c'est lui qui capte la lumière, et la photographie est une affaire de lumière. Nous devons associer le capteur numérique à la pellicule des appareils photos argentiques -qui revient à la mode aujourd'hui. A cette époque pas si lointaine, la photographie était captée sur une pellicule, dont le format exposé était de 24x36 mm (ce qui donne par extension un rapport hauteur/largeur de 1,5, d'où le format photo papier de 10x15 cm).

Aujourd'hui, les capteurs des APN sont équipés de photosites - des cellules photo-électriques qui s'activent avec une exposition à la lumière. Le capteur, toujours plus performant, est la pièce essentielle de votre APN. Sans lui, vous ne pourriez pas faire de photo numérique.

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Trois paramètres sont à observer :
  • Le type : il peut être CMOS, CCD (DTC en Français) ou CMOS rétro-exposé (dits CMOS BSI pour Back-Side Illumation). Ces CMOS BSI, lancés en 2006, sont des capteurs dont la quantité de lumière reçue est triplée par rapport à un capteur CMOS basique. Aujourd'hui, les CMOS BSI équipent la plus grande partie des appareils du marché, et à juste titre puisque ce sont les capteurs qui gèrent le mieux les hautes sensibilités tout en étant aussi les plus rapides. Privilégiez donc ces capteurs sur les compacts, même s'ils sont très nombreux encore à être équipés en CCD/DTC, dont le coût de production est moindre. Côté hybride et reflex, on trouve aujourd'hui quasi exclusivement du CMOS. Le CCD/DTC a un effet pervers : l'image est rapidement détériorée en fonction de l'augmentation de la température. Le bruit électronique parasite double tous les 6 à 8 °C. Elle aura néanmoins valu aux inventeurs le Prix Nobel de Physique de 2009 pour cette invention remontant à 1969.
  • La taille : ce critère est le plus important de tous ! Par taille, on entend dimension physique du composant. Elle est généralement notée par un ratio 1/x qui se mesure en pouces et décrit la diagonale du cercle d'image, plus grande que celle du capteur (qui n'en occupe en général que les 2/3). Les capteurs de type 1/2,3'' (6,1 x 4,5 mm) et inférieurs sont ceux que l'on trouve dans la plupart des compacts et bridges. Les compacts experts peuvent eux recevoir des capteurs de 1/1,7'' (7,4 x 5,6 mm) voire 2/3'' (8,8 x 6,6 mm). Ceux dits à grand capteur commencent à 1'' (13,2 x 8,8 mm), puis 1,5'' (18,7 x 14 mm) sur le G1X de Canon, jusqu'à l'APS-C (23,4 x 15,6 mm environ). Même chose en hybride, où on démarre de 1'' (série hybride Nikon 1) jusqu'au format plein format (24 X 36 mm) de Sony, en passant par le format Micro 4/3 de Panasonic et Olympus (17,3 x 13 mm). Enfin l'univers des reflex est peuplé de capteur APS-C jusqu'au plein format, comme l'ancêtre argentique. La taille est déterminante dans trois domaines fondamentaux : la profondeur de champ, la dynamique et la propreté du signal, notamment dans les hautes sensibilités. De manière générale, nous pourrions dire que plus le capteur est grand, mieux c'est. Mais ne généralisons pas : tout dépend de votre pratique de la photographie. C'est à partir de 1'' que la différence se voit vraiment. On peut alors avoir une profondeur de champ plus courte (premier plan net, arrière-plan flou), une dynamique accrue (capacité à enregistrer un maximum d'informations et dans les zones d'ombre et dans celles lumineuses) et une image très propre quand la lumière ambiante est faible, sans utiliser de flash (un conseil par ailleurs : n'utilisez jamais le flash en faible lumière ou en soirée, à moins de maîtrisez votre flash : le résultat est toujours affreux sur les peaux, sur les yeux y compris sur les paysages car votre flash intégré n'illumine qu'à quelques dizaines de centimètres au mieux). En revanche, qui dit capteur plus gros dit optique et donc appareil plus volumineux. C'est pour ça qu'on ne peut raisonnablement pas concevoir un zoom 30 X sur un reflex en APS-C sans construire un bazooka... Sur les appareils à grand capteur, les optiques sont ainsi limitées à une amplitude de 3 X en moyenne. Le record noté aujourd'hui est de 25 X, avec un objectif transtandard 16-400 mm f/3.5 -6.3 de chez Tamron. Néanmoins, une plage focale aussi large aura forcément des inconvénients de détérioration d'image. Les objectifs en focale fixe sont réputés pour produire de meilleures images (50 mm f/1.8 par exemple).
  • La résolution : c'est la quantité de pixels que contient le capteur, qu'on compte en dizaines de millions (chez Clubic, nous avons pris l'habitude de la noter Mpx). Ce qu'il faut bien avoir à l'esprit, c'est que pour 90 à 99% des utilisateurs de compacts, une résolution de plus de 10 Mpx (et encore pour être généreux) ne sert à rien, voire est un handicap. Or la plupart des compacts dépassent allègrement les 14, 16 voire 20 Mpx ! Une forte résolution sert à capturer davantage de détails d'une scène, ce qui in fine permet soit des recadrages importants, soit des tirages très grands formats. Mais surtout pour bien alimenter tous ces pixels en lumière, il faut un très bon objectif, ce que de rares compacts possèdent. Ensuite, ces appareils ont des capteurs de petites dimensions, qui se comportent d'autant plus mal dans les hautes sensibilités qu'on les gave des pixels. Enfin, grosse résolution rime avec poids supérieur de fichier et ralentissement de l'appareil. La problématique est la même pour les reflex, sauf qu'avec une utilisation potentiellement plus poussée, des objectifs de meilleure qualité et des capteurs plus gros, 20 Mpx ou plus n'est pas forcément dénué de sens. Le très récent et largement plébiscité Nikon D850 offre une résolution de 45,7 Mpx, ce qui ne laisse plus aucune place à la moindre erreur. Avec de telles résolutions, l'objectif de qualité est absolument indispensable. En tout cas, ne prenez jamais la résolution comme un argument décisif dans le choix d'un appareil !


L'objectif


C'est l'autre pièce maîtresse de l'appareil photo, formant un tandem indissociable avec le capteur. L'objectif -que l'on appelle parfois zoom à tort- va être caractérisé principalement par la plage de focales qu'il couvre, sa luminosité (ses ouvertures maximum) et son éventuelle stabilisation.

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  • La focale
Elle se mesure en millimètres et indique l'angle qui sera embrassé. Pour éviter toute confusion, on se réfère toujours à la focale « équivalente à celle d'un capteur 24x36 mm », la taille de capteur qui sert de référence. Plus la focale est petite, plus l'angle est grand. À 28 mm et en dessous, on parle de grand angle. Au-delà de 100 mm, on passe sur du téléobjectif. L'écart entre la plus petite et la plus grande focale que couvre un zoom constitue la plage de focales, le ratio 10x par exemple signifie alors que la première est 10 fois plus courte que la seconde. Plus ce ratio est grand, plus l'appareil est dit polyvalent, parce qu'il pourra photographier des scènes proches avec très peu de recul comme des scènes très éloignées. Aujourd'hui, certains compacts atteignent un ratio de 30x, atteignent les 60 X (le Panasonic Lumix FZ82) !

Comme pour les résolutions exorbitantes, nous serions tentés de dire : « A quoi ça sert ? » La réponse est dans la question... Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il existe certaines focales clés pour des usages donnés. Le grand angle pour des paysages, de la photo d'intérieur ou des scènes urbaines, le 35 mm pour une forme de polycalence (portrait large, scènes urbaines, paysages), de 50 à 80 mm pour faire du portrait plus ou moins serré et de la macro, et au-delà pour de l'animalier, du graphisme (en isolant des détails avec tassement des perspectives) ou de la photo de sport.

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Néanmoins, dans la pratique, il est intéressant d'utiliser n'importe quel objectif pour faire n'importe quel type de photos. Certains photographes n'hésitent pas à se mettre des contraintes particulières, en shootant des paysages ou des photos d'architecture au 300 mm. Les photographes chevronnés tendent à se spécialiser dans certains domaines plus à leurs goûts que d'autres, et partent alors sur du reflex avec deux ou trois objectifs qui couvrent leurs besoins. C'est plus coûteux, mais nettement plus qualitatif. Car le dicton « qui peut le plus peut le moins » se fait au détriment de la qualité d'image en photo. Le must quand on est fixé consiste donc à travailler avec des focales fixes, c'est-à-dire sans zoom.

Notez que pour faire de la macro, seul un reflex avec un objectif dédié macro (ratio de 1:1, c'est-à-dire que la portion cadrée fait la même taille sur le capteur) donne de véritables résultats. Les compacts annoncent tous une prise de vue macro à quelques centimètres, mais c'est en fait de loin, avec un téléobjectif macro qu'on réalise les plus beaux clichés. Parce que collé à son sujet, l'appareil fait de l'ombre et le sujet, s'il est vivant (insecte ou animal), prend peur ! Il existe également quelques astuces qui peuvent permettre de dépenser moins... pour créer davantage et à moindre coût.

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  • La luminosité
La notion de luminosité est liée à la capacité du diaphragme de l'objectif de s'ouvrir plus ou moins grand. On parle donc d'ouverture, qui se note f: ou f/ accompagnée d'un chiffre. Plus ce dernier est petit, plus l'ouverture est grande, plus il sera lumineux, plus il sera rapide. L'ouverture n'a de réel impact que sur certains compacts avancés qui ouvrent à moins de f:2,8, avec un capteur un peu plus grand que la moyenne. Sur les autres compacts, les valeurs d'ouverture, au grand angle comme au téléobjectif, sont peu ou prou toutes les mêmes, quelconques.

Une grande ouverture permettra à l'appareil de capter plus de lumière donc d'atteindre des temps de pose plus rapides pour une lumière ambiante donnée. C'est particulièrement appréciable en intérieur, de nuit ou pour des photos de concert par exemple. Cette notion de luminosité est très intrinsèquement liée à deux notions essentielles : la vitesse et la profondeur de champ. Plus le diaphragme a la capacité d'être ouvert (f/1.8 ou f/1.4 voire plus encore dans des cas extrêmes et très coûteux), plus un objectif est lumineux, plus il sera rapide et plus il permettra de fixer un mouvement. En outre, une grande ouverture permet une meilleure gestion du flou. Un diaphragme à pleine ouverture aura une plage de netteté réduite, donc une forte zone de flou. C'est de cette manière que vous pourrez avoir un joli flou d'avant ou d'arrière-plan.

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  • La stabilisation
Il existe trois procédés de stabilisation. Numérique (à proscrire), mécanique (pas mal) et optique (le meilleur). La stabilisation consiste à rendre mobiles des éléments de l'appareil (le capteur pour celle mécanique, une lentille de l'objectif pour celle optique) de sorte à compenser les tremblements du photographe, notamment sur les poses longues ou les photos prises au téléobjectif à mains levées (le téléobjectif allongeant les temps de pose). Sur un compact à zoom puissant, c'est un incontournable !

Avec un reflex, tout dépend des focales visées. Un zoom grand-angle 17-35 mm ne sera jamais stabilisé. Notez que certains boîtiers intègrent une stabilisation de capteur qui s'applique alors à tout objectif monté.

Nota bene : les utilisateurs qui seront tentés d'opter pour un reflex doivent savoir que chaque marque utilise sa propre monture. Pour faire simple, il s'agit de la vis de fixation de l'objectif sur le boîtier (EF chez Canon, F chez Nikon, A chez Sony, K chez Pentax...). Il faut donc quand on veut effectuer cette transition explorer les parcs d'objectifs proposés par chaque constructeur avant de choisir son boîtier. Et éventuellement voir s'il n'y a pas de vieux objectifs récupérables à droite à gauche. En d'autres termes, un objectif Nikon ne s'adaptera pas sur un boîtier Canon, et inversement pour toutes les marques.

Une monture c'est un peu comme une écurie de Formule 1. Une fois qu'on a investi dans plusieurs objectifs, il devient délicat de changer de marque de boîtier... Enfin, il existe un vrai marché de l'occasion pour les objectifs, avec de bonnes affaires à la clé.

La sensibilité


La sensibilité est un paramètre artificiel qui va doper les pixels du capteur pour les rendre plus sensibles à la lumière, afin de maintenir des temps de pose rapides quand la luminosité baisse. Elle se mesure en ISO. Chaque fois que l'on double la sensibilité ISO, cela équivaut à doubler la quantité de lumière reçue par le capteur. Cela permet donc de diviser la vitesse d'obturation par deux et d'obtenir des images plus nettes, diminuant par conséquent le flou de mouvement.

Plus on monte en sensibilité, plus l'appareil peut faire face à l'obscurité, mais aussi plus la qualité d'image va se dégrader. Toute amplification de signal électrique génère des parasites. C'est comme en audio lorsqu'on pousse un ampli, le son chuinte et fini par distordre. En argentique déjà, la pellicule était plus ou moins sensible à la lumière. Pour simplifier, on parlait alors de sensibilité ASA.

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Ceux qui photographient par conditions difficiles (photos de soirées, d'intérieur, de concerts, de paysages nocturnes...) devront particulièrement prêter attention à ce paramètre. Et dès lors savoir que les compacts ne sont globalement pas très doués dans ce domaine (800 ISO maximum généralement), sauf le haut du pavé. Encore une fois, ça tient essentiellement à la dimension du capteur. Et ce n'est pas le flash, frontal et sous-dimensionné, qui va aider à produire de belles images...

Ce conseil sera répété une seconde fois dans ce guide : ne flashez jamais en condition de basse lumière. Le flash ne servira à rien et rendra votre photographie de basse qualité. Avec un hybride ou un reflex, c'est autre chose ! Sur un boîtier débutant ou amateur, on monte aisément à 800 ISO sans dégradation de l'image, voire au-delà sans se soucier de la qualité des résultats. Sur des boîtiers experts, pro et haut-de-gamme, le bruit devient un sérieux problème à partir de 3 200 voire 6 400 ISO.


La réactivité


Il y a deux types de réactivité : celle de l'appareil (temps d'allumage, délai entre deux images, fluidité des opérations dans le menu, recyclage du flash, etc...) et celle de la mise au point (vitesse de l'autofocus). Dans un exercice professionnel, il peut être très intéressant de pouvoir déclencher plusieurs fois par seconde et les constructeurs tendent à chercher à augmenter ce nombre de déclenchements.

Dans tous les cas, les reflex dépassent de très loin leurs petits semblables, y compris les hybrides. Certains compacts (de polyvalents à experts) parviennent à offrir une bonne réactivité d'appareil, suffisante pour un usage bloc-notes ou photos prises sur le vif. Idem pour les hybrides.

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Mais dès qu'on rentre dans des considérations de photos de sport, seuls les reflex proposent la nervosité attendue pour photographier confortablement. La différence tient dans le mode de mesure de la mise au point, par détection de contraste sur les compacts, bridges et hybrides, qui ne fait pas le poids par rapport à la détection de phase des reflex. Là aussi, le nombre de points AF a tendance à augmenter avec l'élévation dans la gamme : une meilleure réactivité de l'autofocus se paie forcément.

L'encombrement


Attention, cette donnée n'est pas à sous-estimer ! On n'imagine pas à quel point le poids et les dimensions d'un produit peuvent vite devenir une vraie contrainte. L'utilisateur qui souhaite s'équiper d'un reflex comme seul appareil pour tout photographier (essais artistiques, vacances, soirées, etc.) au quotidien doit savoir que transporter son matériel partout avec soi exige une motivation sans faille, qui peut être là au début, mais risque de faiblir à la longue. C'est encore plus vrai quand on s'exerce avec plusieurs objectifs et pourquoi pas un flash. Avec à terme l'écueil du boîtier qu'on laisse au placard par flemme.

Sachez par ailleurs qu'un reflex n'est pas très discret, tant visuellement qu'acoustiquement. Quand on photographie des gens à leur insu, ou du moins sans leur demander leur autorisation, ça passe nettement moins bien avec un reflex qu'avec un petit appareil. Oui, le reflex, à plus fort titre s'il est grippé, a quelque chose d'oppressant pour le(s) sujet(s).

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Et si on prend le problème dans l'autre sens, la disponibilité immédiate et permanente d'un appareil photo peut nourrir une certaine créativité, ou du moins combler un opportunisme photographique qu'il ne faut pas négliger. Tout dépend bien sûr de la démarche de chacun. Il y a un peu de vécu dans ces propos, si ça peut aider...

D'où l'intérêt du multi-équipement, qui permet de scinder les utilisations avec deux appareils adaptés (ou plus). Un reflex et un petit compact bloc note, un compact polyvalent et un modèle étanche (le pack spécial vacances), etc.

Enfin, pour les utilisateurs de reflex : ne négligez pas la besace que vous allez utiliser pour transporter votre matériel. Un sac mal étudié fait mal au dos, protège plus ou moins bien son contenu et donne un accès variablement aisé au boîtier. Ça paraît anecdotique, mais ça ne l'est pas...

L'ergonomie


Prise en main de l'appareil, présence de touches de raccourcis, possibilité de personnalisation des boutons, visibilité de l'écran, qualité de l'interface sont autant de critères sur lesquels un photographe averti cherchera son bonheur. Et ça n'est pas avec la famille des compacts experts (éventuellement quelques appareils dits polyvalents) qu'il le trouvera...

Un appareil qui donne de bons résultats, mais qui s'avère pénible à utiliser restera un appareil pénible. Même si on s'habitue à tout. Parce que l'ergonomie qu'il procure va permettre au photographe d'arriver plus ou moins vite et facilement à ses fins, un critère de temps qui aura nécessairement un impact sur le résultat final.

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La miniaturisation est dans ce domaine assez pénalisante, sauf à ne laisser qu'un déclencheur et une manette de zoom pour un compact point and shoot.

A l'inverse, un reflex second de gamme et plus constitue ce qu'il se fait de plus stable, confortable, pratique et personnalisable. Nous précisions bien second de gamme et plus parce que l'entrée de gamme reflex est souvent très dépouillée au niveau des commandes.

Il faut alors passer sur le modèle au-dessus pour retrouver tous les détails qui vont bien : une molette de réglages à l'avant, une autre à l'arrière et un écran de contrôle sur le dessus du boîtier.

L'évolutivité


À part des convertisseurs d'angle (grand angle ou télé) qui donnent des résultats variables, sachez-le, un appareil photo compact ne présente aucune évolutivité. Quelques modèles experts et bridges dotés d'une griffe porte-flash pourront vous permettre d'explorer d'autres sentiers mais les possibilités restent limitées.

Mais tout cela n'est rien à côté de l'évolutivité d'un hybride, et surtout d'un reflex.
Grip de batteries, large choix de flashs, micro (la griffe-flash étant de plus en plus souvent griffe porte-accessoires), module GPS, module de synchro, déclencheur distant, multiples filtres (colorés, polarisants, UV, gris neutre...) et bien sûr, un parc conséquent d'objectifs, très variés côté reflex.

Les hybrides plus récents et dotés d'une monture spécifique n'ont encore que peu de choix en matière d'objectifs dédiés, puisque ce marché est tout juste naissant. Mais il existe des bagues adaptatrices sur certains modèles permettant de monter à peu près tout, généralement en perdant l'autofocus (la mise au point automatique).

Sur les reflex, en particulier chez Canon et Nikon, le parc d'objectifs est massif. On trouve de tout, du fisheye (photo circulaire à 180°) au super téléobjectif (jusqu'à 800 mm) en passant par des zooms courts ou longs, des focales fixes lumineuses, des optiques macro et des objectifs à décentrement. De quoi couvrir tous les besoins, avec une qualité incomparablement supérieure.

LE bémol en revanche, c'est que tout ça à un coût, qui peut devenir monumental si vos exigences vous orientent vers des objectifs « pro », régulièrement à 2 000 € pièce, voire plus ! N'oublions pas les marques dédiées à l'optique, qui produisent aujourd'hui des objectifs de qualité et plus abordables, tels que Sigma ou Tamron.

Les fonctionnalités


Outre les modes panorama ou photo de nuit à mains levées qui font fureur en ce moment, et c'est au passage mérité, la fonctionnalité assez décisive aujourd'hui c'est la vidéo. Et pour le coup, sauf à opter pour quelques onéreux reflex de référence, c'est du côté des hybrides, bridges et de certains compacts qu'on trouve le plus de belles choses à des prix raisonnables. En partie parce que la mise au point par détection de contraste s'avère plus efficace en vidéo.

Plusieurs modèles proposent de filmer en 4k, voire en 8k. A noter : si vous tombez sur un compact qui filme en 720 px, fuyez-le. Le Leica Q (Typ 116) filme en full HD (1 920 x 1 08 px) mais a l'inconvénient de ne pouvoir dépasser les 20 minutes de film. Nul n'est parfait. N'oublions pas néanmoins que les Réflex se sont considérablement améliorés à ce sujet, et ce depuis une dizaine d'années.

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Le GPS tend à se démocratiser sur les compacts polyvalents orientés voyage, mais aussi des fonctionnalités sans fil via Wi-Fi, notamment chez Samsung. Notez que la plupart des utilisateurs de compacts se contentent du mode tout automatique, qui convient dans la plupart des situations. Trop de fonctions et de réglages tendent à faire peur et à complexifier les interfaces. Prudence donc si vous êtes néophytes : ne partez pas d'emblée sur un compact expert ou un gros reflex.

Pour les photographes amateurs ou ceux désireux de se former à la pratique, il est important de disposer de modes débrayables A (priorité ouverture), S (priorité vitesse) ou M (tout manuel). D'autres réglages comme le bracketing, la puissance du flash, la balance des blancs, la mesure d'exposition ou la mise au point manuelle seront également appréciables pour explorer les arcanes de la photo.

Et l'accès au format RAW (brut, non compressé) permettra aux photographes les plus pointilleux de post-traiter dans les meilleures conditions qui soient. A noter que le développement des formats RAW se passe par des logiciels spécialisés dont l'achat de licence peut représenter un surcoût non négligeable.

Evidemment, n'oublions pas d'évoquer la connectivité des appareils photos. La quasi-totalité des boîtiers récents disposent d'une connexion Wifi. Les photos peuvent ainsi se télécharger directement sur votre ordinateur ou sur votre support de stockage à l'aide des logiciels fournis lors de l'achat.

Autre fonctionnalité de plus en plus appréciée, le pilotage de l'APN via le mode de communication NFC ou les systèmes en Bluetooth, qui relient un smartphone à l'appareil photo (Camera Connect de Canon, SnapBridge de Nikon, etc.). Même si ces fonctionnalités rebuteront de nombreux professionnels, elles présentent l'intérêt de pouvoir partager sans attendre ses photos sur les réseaux sociaux ou autres sites web.

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Car, oui, notre rapport à la photographie a beaucoup évolué ces dernières années avec l'arrivée des smartphones. Nous évoquerons cette particularité dans une partie dédiée ultérieure.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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