Qu'est-ce que Plan S, le projet européen de recherche en accès libre prévu en janvier 2020 ?

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Le 12 janvier 2019
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Lancé en septembre 2018 par l'association Science Europe, le Plan S pourrait bien venir bouleverser le monde de l'édition scientifique. Le projet consiste en effet à laisser un accès libre et gratuit à tous les articles scientifiques au moment de leur publication.

Soutenu par l'Europe, le Plan S vise à radicalement transformer le monde de l'édition scientifique.

Le libre accès à la littérature scientifique

À l'heure actuelle, ce projet - qui est censé entrer en vigueur au 1er janvier 2020 - a déjà reçu le soutien d'importants bailleurs de fonds philanthropiques tel que la Fondation Bill & Melinda Gates et Wellcome Trust. En outre, 1 400 chercheurs ont déjà signé une lettre ouverte pour appeler au soutien du Plan S et de ses 10 principes et 16 organismes de financement ont répondu à l'appel. Ils proviennent de 13 pays différents, dont la France qui participe au projet via l'Agence nationale de la recherche (ANR).

Les 10 principes autour desquels gravite le plan intègrent des objectifs comme la publication sous une licence libre de droits et la conservation des droits d'auteur pour les chercheurs, la création de revues et plateformes en libre accès, le paiement des frais de publications par les bailleurs de fonds à des tarifs plafonnés, etc. Comme vous l'aurez peut-être compris, il s'agit ici de faire tomber les cloisons des bases de données fermées en offrant un accès libre à la littérature scientifique, considéré comme « un bien commun » par ceux qui soutiennent ce projet.

Convaincre les bailleurs de fonds

Toutefois, pour arriver à ses fins, le Plan S doit convaincre les bailleurs de fonds... et la partie est encore loin d'être remportée. Science Magazine rapporte que Delta Think, une société de conseil basée à Philadelphie, estime que les bailleurs de fonds soutenant désormais le Plan S ne représentent que 3,5 % des publications scientifiques dans le monde !

Bien que le Plan S commence à s'exporter en dehors de l'Europe, notamment avec le soutien de la Chine et de l'Afrique du Sud ainsi que de l'Inde qui pourrait rejoindre le projet, il est encore un peu tôt pour connaître la position des États-Unis en la matière, qui prévoit uniquement de laisser le libre accès aux publications scientifiques 12 mois après leur parution.

Néanmoins, Robert-Jan Smits, émissaire de la Commission européenne à Bruxelles, est optimiste. Selon lui le soutien de la Chine, qui est le premier pays en termes de production d'articles scientifiques, « rend l'initiative plus difficile à ignorer ».

Concernant la récente nomination de Kelvin Droegemeier à la tête du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche (OSTP), Robert-Jan Smits a déclaré : « Il sera intéressant de voir ce que le conseiller scientifique récemment nommé, qui était un ardent défenseur du libre accès dans sa vie antérieure, décidera de faire. Autorisera-t-il les agences fédérales américaines à adhérer au plan ? »
Modifié le 11/01/2019 à 17h08

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