Quantum Break : entre jeu vidéo et série télé, la déroutante expérience de Remedy

01 avril 2016 à 10h18
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Interview de Shawn Ashmore, l'interprète de Jack Joyce

Shawn Ashmore a une tête bien connue des fans de films de superhéros, puisqu'il incarne Bobby Drake, alias Iceman, dans la franchise X-Men. Il ne faut pas le confondre avec son frère jumeau Aaron Ashmore, quant à lui plus habitué aux séries télévisées. Nous avons pu rencontrer Shawn lors de son passage à Paris en octobre dernier pour le Comic Con France. Il nous a parlé de son expérience au sein de la production, bien singulière pour un acteur hollywoodien, de Quantum Break.

Comment avez-vous pris part à ce curieux projet à la base ? Quantum Break ne ressemble pas vraiment à ce qu'on a l'habitude de voir en matière de jeu vidéo.

J'ai commencé à travailler sur le projet il y a environ deux ans. Pour un acteur, c'est énorme ! A titre de comparaison, un film comme X-Men se tourne en environ six mois. Pour moi, travailler sur un tournage qui dure un an et demi, c'est vraiment une première.

J'ai été contacté par mon agent qui m'a présenté le projet, m'expliquant qu'il s'agissait du nouveau projet de Remedy pour la Xbox One... ça m'a parlé, car j'ai joué à Max Payne quand j'étais plus jeune et c'est un jeu que j'adore. Je connaissais donc déjà Remedy et le genre de jeux qu'ils font.

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J'ai été embauché pour tenir le rôle de Jack Joyce, le personnage principal et jouable du jeu. L'histoire est très complexe, c'est difficile à résumer. Mais ça part d'une expérience temporelle qui tourne mal et qui donne des pouvoirs à Jack : il peut manipuler le temps. Et il va essayer de remettre les choses en ordre. Aussi, son ancien meilleur ami, Paul Serene, devient son pire ennemi.

Et Dominic Monaghan joue mon frère dans le jeu. C'est amusant, car nous avons joué ensemble dans un film qui s'appelle The Day, et à l'époque, les gens trouvaient qu'on se ressemblait et qu'on aurait pu être frères ! Du coup c'est vraiment amusant à quel point le hasard peut bien faire les choses, car nous avons été castés séparément pour Quantum Break et les gens de Remedy ne savaient rien de tout ça.

C'était votre première expérience de motion capture (MoCap) ?

Oui ! J'avais déjà participé au doublage d'un jeu X-Men auparavant, mais c'était la première fois que que faisait de la motion capture. Ça a été difficile au début, c'est vraiment tout nouveau, il faut donc s'y faire. Mais c'est vraiment amusant, et à partir du moment où vous avez compris le principe, c'est vraiment une nouvelle manière de travailler. Il faut beaucoup utiliser votre imagination, pour vous représenter votre environnement. J'ai fait de nombreux tournages utilisant des écrans verts et bleus, mais généralement vous avez le décor autour, et l'écran vert sert à prolonger l'environnement pour donner l'impression qu'il est plus grand. Avec la MoCap, il n'y a rien, à part quelques accessoires.

Parfois je jouais en MoCap avec d'autres acteurs, mais lorsqu'un acteur n'était pas disponible car occupé sur un autre tournage, il était possible de tourner tout seul, et ensuite l'autre acteur tournait la scène seul de son côté, et enfin tout était combiné. Mais généralement on tournait à plusieurs.

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Vous pensez que la MoCap est l'avenir de l'acting ?

Absolument, j'en suis totalement convaincu.

Même pour ce qui est du cinéma ?

Bien sûr ! Ça se fait déjà beaucoup. Regardez Andy Serkis, qui a joué Gollum, King Kong, César dans La Planète des Singes... ses performances sont époustouflantes et émouvantes. Je pense que c'est vraiment une grosse part de ce qui nous attend. Je ne pense pas pour autant que le cinéma traditionnel va disparaître, mais il est évident que la technologie évolue très rapidement et s'intègre de mieux en mieux aux prises de vue traditionnelles.

Durant ma première session de MoCap chez Remedy, ils ont pris plein de photos de moi pour me recréer numériquement. Et l'un des animateurs m'a dit, « il faut faire ça tous les 5 ans, comme ça vous avez des images de vous à différentes périodes de votre vie, à différents âges. Vous pourrez jouer un personnage de 30 ans, de 40 ans... peu importe l'âge réel que vous avez. » Et c'est vrai : votre visage est numérisé dans ses moindres détails. Donc vous pouvez avoir 80 ans et jouer un personnage qui en a 40 avec ce procédé.

Ça semble effrayant dit comme ça, mais c'est la technologie qui veut ça, et il vaut mieux y adhérer aujourd'hui plutôt que de rester sur la touche demain.

Et sinon, ça fait quoi de savoir qu'on est un personnage de jeu vidéo, que des joueurs vont jouer avec nous, qu'on va mourir encore et encore...

Eh bien je meurs déjà souvent dans mes films, donc j'y suis habitué ! C'est très cool de devenir un personnage de jeu vidéo. On est un superhéros, en quelque sorte. Vous vous retrouvez à faire des trucs que vous ne pourriez jamais faire dans la vraie vie.

C'est étrange aussi, mais il faut accepter le fait que les gens vont vous faire sauter d'un immeuble, que vous allez vous prendre des murs, que vous allez exploser. Et dans Quantum Break, les manières de tuer Jack sont nombreuses !

Merci Shawn !
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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