Quantum Break : entre jeu vidéo et série télé, la déroutante expérience de Remedy

01 avril 2016 à 10h18
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Toujours une question de temps

On l'aura compris, Quantum Break est une expérience à part, déroutante, mais peut-être surtout, assez frustrante. Frustrante du côté du gameplay, qui s'avère finalement très classique malgré une promesse originale et une intrigue complexe. Les décors sont beaux, mais se ressemblent tous dans leur conception, à savoir des arènes parfaitement calibrées pour des combats maitrisés, d'immenses espaces où le joueur doit partir à la recherche d'objets à activer, ou encore des plateformes sur lesquelles il faut sauter pour aller d'un point A à un point B. Le cheminement est le même à chaque fois, peu importent les jonctions choisies, ce qui ne motive pas vraiment la rejouabilité d'un point de vue du gameplay pur et dur, à moins d'augmenter la difficulté pour corser un peu l'expérience.

Et la frustration se ressent également au niveau de l'aspect série. En utilisant des codes connus des amateurs de séries télé, la « mini-série » intégrée à Quantum Break délivre un spectacle efficace... mais trop court ! Il y a un réel paradoxe sur ce point : d'un côté, demander au joueur de poser sa manette et de regarder un épisode de 20 minutes, et, de l'autre, lui proposer un contenu qui ne semble pas aller au bout de ce qu'il avait à offrir. A la fin du jeu, on se demande d'ailleurs où se trouve l'épisode final, celui qui permettrait de conclure véritablement l'histoire. On peut imaginer que Remedy garde du contenu pour une éventuelle suite ou des DLC. Que ce soit le cas ou non, le final s'avère un peu maladroit dans sa façon d'arriver ici. S'il s'agissait d'une série classique, on se dirait qu'il suffit d'attendre la saison 2...

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Deux arts qui se dévorent l'un l'autre

Bien que Quantum Break soit loin d'être un mauvais jeu, l'expérience délivrée laisse le joueur sur sa faim, en raison d'un équilibre particulièrement instable. Le jeu de Remedy essuie assurément les plâtres d'un mélange très audacieux de deux arts qui, petit-à-petit, se dévorent l'un l'autre : le jeu vidéo et le cinéma.

Il est certain que le studio finlandais n'a pas ménagé ses efforts : on le voit en parcourant des environnements qui sont des reproductions fidèles de décors de la série, ou en se retournant le cerveau à comprendre les mystères de l'intrigue, parsemés de twists scénaristiques très efficaces. Mais à chaque fois, on a un sentiment de trop ou de pas assez.

La somme des deux médias a finalement du mal à prendre, et on se dit bien souvent en jouant à Quantum Break que l'ensemble aurait pu faire un bon film, une bonne série, ou tout simplement un meilleur jeu en se focalisant sur ce seul aspect. Et tout ça impacte forcément la durée de vie du titre : en mode Normal et en cherchant à récupérer un maximum d'objets cachés, comptez 10 heures si vous lisez tous les documents récoltés, et 8 heures si vous passez outre. Et tout cela compte l'aspect série et les nombreuses cutscenes. Si on les enlève, vous aurez concrètement le pad en main entre 5 et 6 heures en tout.

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La rejouabilité est cependant bien présente, puisqu'en fonction des jonctions choisies, le joueur influence la direction de l'histoire, et débloque certains objets disséminés dans les niveaux. Mais cela ne double pas la durée de vie, qui reste donc plutôt courte, entre 12 et 15 heures pour essayer toutes les possibilités.

Une expérience à part

Quantum Break a ses bons et ses mauvais côtés, mais il a, de manière globale, le mérite de proposer une expérience jusque-là inédite. Les jeux dotés d'une mise en scène cinématographiques sont aujourd'hui fréquents, mais aucun n'avait mêlé à ce point le jeu vidéo et le film au sein d'une telle expérience cross-média.

Remedy Entertainment propose donc un nouveau jeu au résultat semi-convaincant, qui essuie assurément les plâtres d'un parti qui n'avait jamais été pris auparavant. Face au résultat, on imagine facilement la complexité d'un tel développement, et on se demande si le jeu en vaut finalement la chandelle. Le studio, ou un autre, osera-t-il remettre le couvert pour un autre titre sous une forme similaire ? On imagine que la démarche sera en grande partie conditionnée par l'accueil de Quantum Break, exclusivité Microsoft. En tout cas, une fois le jeu terminé, on se dit qu'on ne dirait pas non à une saison 2.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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