Torchlight III : du pain sur la planche...

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
20 juin 2020 à 13h13
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Afin de ne plus nécessairement attendre la sortie du jeu pour vous parler d'un projet qui nous tient à cœur ou nous incite à la plus grande prudence, Access Granted viendra évoquer le cas de tel chantier en accès anticipé, de telle production que nous avons eu l'occasion de découvrir en avant-première... Histoire de vous mettre l'eau à la bouche ou de vous encourager à changer de trottoir.

Après une période d’alpha fermée, Torchlight III est passé en accès anticipé sur Steam il y a seulement quelques jours. Présenté comme davantage en phase avec les deux précédents opus de la franchise, il devrait nous permettre de replonger avec bonheur dans l’univers soutenu par Max et Erich Schaefer, co-designers du monumental Diablo.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est intéressant de savoir que le développement de ce Torchlight III n’a rien d’un long fleuve tranquille. En août 2018, Perfect World avait annoncé vouloir distribuer une espèce de MMO dans le monde Torchlight. Baptisé Torchlight Frontiers et free-to-play, le titre a tout sauf fait l’unanimité auprès des joueurs et les critiques de plus en plus nombreuses ont poussé l’éditeur à revoir sa copie. En janvier dernier, Torchlight Frontiers est devenu Torchlight III et de multiples pans « MMO » ont été abandonnés. Suffisant pour arrondir les angles ?

Torchlight III enchaîne le satisfaisant, le juste correct, le passable et le franchement pénible.

Est-ce que tu vois la lumière ?

Sur le principe, Torchlight III reste ce que l’on appelle un hack and slash comme les précédents opus et comme le vénérable Diablo, source d’inspiration évidente dès lors que l’on aborde le genre. Il est donc question de contrôler un personnage que l’on fait évoluer au fur et à mesure de missions / de combats mettant le clic gauche de la souris à rude épreuve. Plusieurs classes de héros sont disponibles et l’évolution permet de débloquer diverses compétences alors que le loot est évidemment un élément clé : nouvelles armes, nouvelles armures, nouveaux équipements tombent avec une probabilité plus forte de dégoter du matériel légendaire sur les créatures les plus puissantes.

Jusqu’ici rien de bien extraordinaire et, pour se démarquer, la franchise Torchlight d’abord sur un design très cartoon à mille lieues de la sévérité, la noirceur d’un Diablo par exemple. À ce sujet, Torchlight III fait plutôt bonne figure et depuis la préversion Torchlight Frontiers, les développeurs ont déployé une espèce de scénario – certes cousu de fil blanc – mais qui a le bon goût d’apporter un peu de légèreté, voire même un peu d’humour au propos. Plusieurs cinématiques sont d’ailleurs là pour mettre en scène notre héros et les divers PNJ de rencontre. Des cinématiques propres qui ne vont pas bouleverser le jeu vidéo, mais qui font très correctement le job, d’autant que le doublage (en anglais) est réussi.

Quelques effets graphiques sympathiques... mais ils sont bien rares

Hélas, pour les points véritablement positifs, c’est à peu près tout ! Pour le reste, Torchlight III enchaîne le satisfaisant, le juste correct, le passable et le franchement pénible. Dès les premières heures de jeu, on est surpris par le manque de peps des situations de combat. Il s’agit pourtant d’un élément clé sur un hack and slash, mais le studio Echtra Inc. ne semble pas parvenu à déployer ce rythme, cette nervosité qui fait le sel des jeux comme Diablo… ou, bien sûr, Torchlight I et II. Attention, ce n’est pas tant la difficulté que nous critiquons ici – plusieurs niveaux sont disponibles et modifiables à volonté – que l’aspect statique des affrontements.

Même lorsqu’il est question d’affronter un boss, il s’agit le plus souvent d’éviter les lignes de feu des adversaires tout en engageant notre puissance de feu maximale. Bien sûr, trouver les astuces qui fonctionnent, c’est un peu le principe de tous les action-RPG, mais ça semble particulièrement basique sur Torchlight III. Pour ne rien arranger, ce manque de « peps » se retrouve dans la conception des niveaux. Bien sûr, il n’est encore question que d’un accès anticipé, mais on voit mal les développeurs redessiner l’intégralité des cartes et absolument aucune n’a trouvé grâce à nos yeux : les niveaux sont linéaires, sans aucune verticalité et sans imagination.

Le style cartoon se retrouve dans les (rares) cinématiques qui vont progresser le scénario

En gros, on farm pour avoir le droit de ne pas refarmer en vue de tester un nouveau build.

Ils ont torché le hack and slash

Le manque d’imagination est en réalité un défaut plus général et que l’on peut éventuellement mettre sur le manque de moyens du studio… bien que nous n’ayons aucune information à ce niveau. Ainsi, les missions sont absolument toutes basées sur les modèles du « tue untel et reviens me voir » ou « ramasse tant de trucs et reviens me voir ». Un manque d’imagination que l’on retrouve encore sur l’évolution des personnages. Nous n’avons évidemment pas encore retourné le jeu, mais qu’il s’agisse de notre Tireur ou de notre Mage du Crépuscule, les compétences n’ont rien de transcendant et, surtout, absolument rien de novateur pour quiconque a déjà fait quelques hack and slash.

Un petit travail d'équipe qui ne saute pas forcément aux yeux

Plus gênant encore, cette évolution des personnages nous paraît minimaliste avec un nombre ridiculement faible de compétences et des builds qui ne semblent pas particulièrement variés. C’est sans doute ce qui explique que les développeurs aient rendu le respec peu évident : il s’agit de récupérer des consommables qui permettront de réallouer les points de compétences dépenser : en gros, on farm pour avoir le droit de ne pas refarmer en vue de tester un nouveau build. L’idée est étonnante et contribue à n’en pas douter à décourager le joueur. Un joueur qui n’avait déjà pas vraiment besoin de ça pour se détourner d’un jeu qui manque clairement d’âme.

Il s’agit évidemment d’un point particulièrement subjectif, mais rien ne semble vraiment incitatif dans Torchlight III : ni les builds, ni l’évolution de son personnage, ni l’exploration de niveaux par trop linéaires et sans surprise. Pour des raisons d’accès anticipé, nous n’épiloguerons pas sur les multiples bugs, problèmes de collisions et soucis de connexion / de chargements. Il s’agit d’éléments qui sont amenés à s’améliorer avec le temps et on pourrait même imaginer une (seconde) remise en question de l’éditeur Perfect World. Reste qu’à l’heure actuelle Torchlight III manque clairement de ce petit supplément d’âme qui avait fait le succès des deux opus précédents : il a tout du jeu mobile particulièrement générique… tout sauf son prix fixé à 30 euros tout de même !

Des boss un peu trop systématiques, avec des techniques de combat très similaires les unes aux autres

Preview réalisée à partir d'un code fourni par l'éditeur

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