Test Le Donjon de Naheulbeuk, L'Amulette du Désordre : 100% fan-service

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
21 septembre 2020 à 12h01
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Presque comme un cadeau pour célébrer les vingt ans de la première « saison » du Donjon de Naheulbeuk, l’auteur original de la saga MP3 – John Lang – s’est associé aux Lyonnais d’Artefacts Studio pour ajouter une (ultime ?) pierre à l’édifice « naheulbuesque ». En vingt ans, la saga avait eu droit à tous les produits dérivés, mais – étrangement – jamais aux honneurs d’une adaptation vidéoludique. C’est maintenant chose faite, pour le pire et (surtout) pour le meilleur.

Six saisons de délires audios au format MP3, quatre albums composés / interprétés par le Naheulband, plusieurs dizaines de bandes dessinées, de multiples romans, une série animée, un jeu de rôle et même un jeu de plateau, Le Donjon de Naheulbeuk a eu droit à presque toutes les variantes, mais c’est donc la première fois qu’un studio de développement de jeux vidéo se penche sur son cas. Si L’Amulette du Désordre est disponible simultanément sur Mac, PC, PS4 et Xbox One, c’est la version Windows que nous avons pu découvrir et que nous testons aujourd’hui.

« J’suis pas en infériorité. C’est ma taille normale »

Sans doute parmi les premiers feuilletons audio diffusés sur Interne, Le Donjon de Naheulbeuk est sorti de l’esprit fécond de John Lang. Le pitch de cette comédie généralement loufoque, parfois même satirique, est simple : il s’agit de raconter les aventures souvent abracabrantesques d’un groupe de héros bien décidés à tenter l’aventure : un ranger, une elfe, un nain, une magicienne, un voleur, un barbare et un ogre se lancent à l’assaut du fameux Donjon de Naheulbeuk alors que leur commanditaire leur a demandé de mettre la main sur une relique, l’une des douze statuettes de Gladeulfeurha.

Un pitch que les scénaristes d’Artefacts Studios ont repris à la lettre et L’Amulette du Désordre débute donc avec l’arrivée de nos aventuriers face à l’entrée du donjon. Au contraire de nombreux jeux de rôle, il n’est donc pas ici question de créer ses personnages : on reprend ceux du feuilleton. En réalité, un seul paramètre est disponible au lancement de la partie : le niveau de difficulté. Il s’agit d’ajuster la puissance des ennemis et les probabilités lors des innombrables « jets de dés ». Il faut savoir que si Le Donjon de Naheulbeuk se présente comme un jeu de rôle il s’agit surtout de parodier – avec affection – cet univers.

Quelques jolis effets de sort © Nerces pour Clubic

« Je colle ma hache où je veux… et c’est surtout dans la gueule »

Sur le principe, l’aventure de L’Amulette du Désordre est largement inspirée par la « véritable » quête de la statuette de Gladeulfeurha contée à travers la saison un. Les développeurs ont toutefois imaginé un second scénario, l’histoire de cette Amulette du Bonheur. Deux fils conducteurs qui viennent donc s’entrecroiser afin d’éviter intelligemment la redite pour tous les amateurs du feuilleton MP3 qui connaîtraient la moindre réplique. Deux fils conducteurs qui sont aussi l’occasion d’intégrer de nouveaux personnages plus ou moins importants comme cette Paladine plus entreprenante que tous les membres de notre équipe de bras-cassés.

Ce titre associe en réalité deux styles de jeu : une espèce de jeu d’aventure où il s’agit d’explorer les différents niveaux du donjon à la recherche de la statuette donc, mais également pour accomplir diverses quêtes secondaires et un jeu de combats tactiques à la sauce XCOM dès lors que des adversaires se dressent sur notre chemin. Aucune de ces deux composants n’innovent particulièrement et il s’agit en réalité à chaque fois de prendre ce qui constitue l’essence même de ces gameplays afin d’aboutir à quelque chose – sinon de novateur – au moins d’agréable à jouer.

Des zooms de caméra pas toujours très heureux © Nerces pour Clubic

« J’irais bien à l’église pour jouer du trombone »

La partie aventure est sans doute un peu décevante. Si vous cherchez quelque chose de dense avec des quêtes secondaires imbriquées les unes aux autres, des décisions difficiles à prendre, des choix moraux et des conséquences à long terme… vous en serez pour vos frais. L’aventure agit plutôt comme un prétexte afin de ravir les fans du Donjon de Naheulbeuk – nous y reviendrons – et les amateurs de combats tactiques. En effet, cette seconde composante de L’Amulette du Désordre est nettement plus convaincante, malgré son classicisme : sur des cartes découpées en carrés, il s’agit de déplacer ses aventuriers pour mettre en déroute les adversaires.

D’abord, on apprécie le système – simple mais efficace – d’initiative qui prend la forme d’une barre disposée dans la partie supérieure de l’écran. On apprécie aussi la possibilité de repousser un peu plus loin dans le tour les actions de nos héros afin, par exemple, d’avoir pu faire sauter la vigilance d’un ennemi. Comme sur XCOM, les combats jouent la carte de la gestion de couverture, utilisation des vigilances et des compétences de nos héros pour l’emporter. Buffs, bonus et interruptions sont légions et on apprécie de devoir ainsi gérer avec intelligence nos personnages. Sur chaque affrontement les manières de procéder sont variés et globalement satisfaisantes.

Des « ratés » auxquels il faut s'habituer © Nerces pour Clubic

« Faudra que j'dise à Boromir de ramener ma décolleuse »

« Globalement » car reconnaissons que cette première bonne impression tend à disparaître avec la progression du scénario. On regrette que les combats ne se renouvellent pas suffisamment et si on prend un certain plaisir à tester différentes approches, on finit par tourner en rond. Les défauts nous sautent alors au visage comme ces adversaires qui emploient toujours les mêmes tactiques qu’il s’agisse de gobelins ou de nains démoniaques. On regrette aussi la longueur d’affrontements qui ne sont pas forcément difficiles, mais qui jouent abusivement sur esquives et les coups manqués pour faire durer le « plaisir ».

L’intérêt de L’Amulette du Désordre ne repose toutefois pas sur son aventure ou ses combats. Non, il s’agit plutôt de replonger dans cet univers loufoque, de se remémorer ces répliques qui font toujours mouche, vingt ans après. De ce point de vue-là, Artefacts Studios a d’abord bien réussi son coup, côté fan-service notamment. Des dialogues entiers du feuilleton se retrouvent au cours de l’aventure et le doublage de John Lang est toujours aussi efficace. Pour certains personnages, il profite d’ailleurs du renfort des excellents Jacques Chambon et Franck Pitiot. Hélas, il faut aussi faire avec les bien plus dispensables Benzaie ou Bob Lennon.

Un chaud / froid que l’on retrouve en réalité à plusieurs niveaux, dans l’écriture par exemple. Celle-ci est inégale et si la nostalgie fonctionne à plein, il y a des blagues ou des remarques qui ont mal vieilli. Plus gênant, c’est le rythme même de certaines situations qui n’est plus aussi juste que sur les MP3. Dans le même ordre d’idées, certains gags perdent de leur puissance à force d’être recyclés et, problème plus « personnel » cette fois : cette adaptation met l’accent sur ce que les développeurs lyonnais ont préféré du Donjon de Naheulbeuk… pas forcément en phase avec nos propres souvenirs de jeunesse sans que cela ne soit dramatique bien sûr.

Attaque dans le dos pour effets dévastateurs © Nerces pour Clubic

Le Donjon de Naheulbeuk, L’Amulette du Désordre : l’avis de Clubic

Techniquement très correct pour un « petit » projet développé par une « petite » équipe, Le Donjon de Naheulbeuk, L’Amulette du Désordre peut être perçu comme un véritable hommage – vingt ans après – à la première saison du feuilleton MP3 de John Lang. Un hommage pas toujours très subtil qui se permet de reprendre des pans entiers non seulement de l’histoire, mais aussi des dialogues la saga audio. Un hommage cependant qui ravira les fans de la première heure, ravis d’entendre l’Elfe se plaindre du Nain ou de voir le Barbare faire preuve « d’ingéniosité ». Les situations sont toujours aussi délirantes et les références à la pop culture incroyablement nombreuses. Si les combats sont bien construits et l’évolution des personnages intéressantes, ces éléments « RPG » ont du mal à tenir sur la longueur alors que l’intrigue se révèle assez quelconque. De fait, les fans prendront sans doute un grand plaisir à « revivre » ainsi le feuilleton audio des années 2000. En revanche, les nouveaux venus et les allergiques à cet humour débile s’ennuieront ferme.

Test réalisé à partir d’un code fourni par l’éditeur.

Le Donjon de Naheulbeuk, L'Amulette du Désordre

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Mélange de jeu d'aventure et de jeu de combats tactiques auquel auraient été associés des éléments de jeu de rôle, Le Donjon de Naheulbeuk, L'Amulette du Désordre cherche surtout à faire plaisir aux fans du feuilleton MP3 des années 2000. Il y parvient d'ailleurs plutôt bien en multipliant les morceaux de bravoure et les références à la pop culture. Il manque en revanche de liant et de rigueur sur certains points. Il souffre également d'un rythme moins efficace que le feuilleton et de quelques doubleurs pas en très grande forme. Du 100% fan-service qu'on vous dit.

Les plus

  • Des blagues, des répliques cultes
  • Héros réussis, complémentaires et évolutifs
  • Doublage intégral et en français avec de très bonnes voix
  • Esthétique cartoon qui colle bien au propos
  • Combats tactiques bien pensés

Les moins

  • Certains doubleurs peu inspirés
  • Manque de rythme, de justesse par rapport aux MP3
  • Combats qui peuvent devenir longuets passée la découverte
  • Quelques freezes et crash
Modifié le 25/09/2020 à 09h25
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