Quantic Dream attaque des médias français en justice

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le 24 avril 2018
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Selon les informations de Kotaku, le studio français de jeux vidéo Quantic Dream a attaqué en justice les médias qui ont révélé, début janvier 2018, l'existence d'attitudes racistes, homophobes et misogynes au sein de l'entreprise.

Médiapart, Canard PC et Le Monde ont attiré les foudres de la direction de Quantic Dream, après la publication d'une enquête sur leur société, que les intéressés jugent calomnieuse.

Quantic Dream vs la presse : les deux parties confirment l'existence d'un procès en justice


C'est David de Gruttola (dit David Cage), le président et fondateur de Quantic Dream qui confirme cette information : en réponse à une question de Cecilia D'Anastasio, journaliste de Kotaku, sur un supposé différend entre sa société et le journal Le Monde, David Cage a glissé : « Nous attaquons en justice les journalistes ». Kotaku a également eu la confirmation de la part de William Audureau, le journaliste du Monde à l'origine de l'article qui a semé la discorde, qui s'est toutefois interdit tout commentaire, si ce n'est qu'il l'a écrit à l'issue d'une enquête, en se basant sur des preuves et en respectant le principe journalistique selon lequel les deux parties doivent être entendues.

Dan Israel, le journaliste à l'origine des articles parus dans Médiapart et Canard PC, a également confirmé à Kotaku qu'il était visé par une enquête, mais s'est interdit tout autre commentaire. Quant à Canard PC en tant que société, Ivan Gaudé, son directeur de publication, a confié à Kotaku avoir reçu à deux reprises des lettres de menaces de la part de Quantic Dream, avant et après la publication de l'enquête.

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Quantic Dream se défend des accusations


Dans leurs articles, les deux journalistes (qui ont réalisé leur enquête ensemble et l'ont fait paraître simultanément sur leurs médias respectifs) décrivent une atmosphère malsaine au sein de Quantic Dream. Selon leurs informations, depuis 2013 les salariés s'adonnent à la réalisation de photomontages montrant leurs collègues nus dans des positions sexuelles, ou autrement dégradantes. D'après les dirigeants de Quantic Dream, qui ont affirmé ne pas avoir été au courant des photomontages les plus offensants, ces créations reflètent la culture « bon enfant » qui règne dans l'entreprise.

Concernant les révélations selon lesquelles il arrive à Quantic Dream de faire travailler ses salariés le week-end et tard le soir, la direction assume la pratique et assure que les heures supplémentaires dues sont systématiquement payées.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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