Bitcoin et Cie : la nouvelle ruée vers l'or

03 mai 2013 à 17h00
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Encore inconnu du grand public il y a quelques mois, le Bitcoin a commencé à faire sérieusement parler de lui depuis le début de l'année. Mais nous allons voir que cette monnaie emblématique n'est pas la seule à intéresser les technophiles et les investisseurs. L'ère des crypto-monnaies viendrait-elle de débuter ?

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Tendez l'oreille, ouvrez les yeux, et vous vous apercevrez que dans le milieu de l'information high-tech comme dans celui de la finance, Bitcoin ne cesse de prendre de l'importance. Derrière lui, c'est tout le concept des cryptomonnaies (également appelées monnaies peer-to-peer ou monnaies électroniques décentralisées) qui s'impose petit à petit.

À l'heure où même les valeurs refuge que sont l'or et l'argent voient leur valeur chuter — et alors que la fameuse crise financière est loin d'être terminée —, le cours du précurseur Bitcoin se porte « plutôt bien » puisqu'il a été multiplié par dix en quelques mois, malgré un énorme crash courant avril ! Dans son sillage, toutes les monnaies alternatives qui se sont inspirées de lui prennent également de la valeur.

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L'heure est donc venue de faire le point sur l'incontournable Bitcoin, le prometteur Litecoin, le tout nouveau FeatherCoin et les crypto-monnaies en général. Nous en étudierons notamment les principes, le fonctionnement et les différents usages. Après l'avènement d'Internet, les crypto-monnaies pourraient bien constituer la prochaine révolution high-tech majeure, et peut-être aussi la prochaine bulle spéculative, évidemment. En tout cas, quelle que soit sa destination, il n'est pas trop tard pour prendre le train en marche. La ruée vers l'or virtuel ne fait que commencer !

Le principe général des crypto-monnaies

Depuis maintenant de nombreuses années, l'argent réel cohabite avec différentes monnaies virtuelles (points Microsoft, crédits Facebook, pièces d'or World of Warcraft, dollars Linden de Second Life, etc.). Mais ces vraies-fausses devises ne servent généralement qu'à rendre plus abstraits, et donc moins douloureux, des transferts d'argent classiques relatifs à des services précis et limités.

Conçues comme une véritable alternative au système monétaire classique, les crypto-monnaies se posent également en concurrentes directes de PayPal, Visa et Mastercard, car elles intègrent deux composantes indissociables : les monnaies en elles-mêmes, et le réseau de transactions peer-to-peer sur lequel elles s'appuient.

Les métaux précieux comme modèle

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Pour appréhender au mieux le concept d'une monnaie peer-to-peer, il suffit de penser à l'or. Contrairement aux monnaies fiduciaires, il en existe une somme finie sur notre planète. Avec les euros et les dollars, il est possible de faire fonctionner la planche à billets à volonté, au risque de créer de l'inflation. La pierre philosophale n'étant qu'une chimère, il est évidemment impossible d'en faire autant pour l'or. La plupart des crypto-monnaies reprennent à leur compte ce principe d'une quantité limitée, et prédéterminée, de ressources.

Le parallèle avec les métaux précieux peut même être poussé plus loin, puisque ces monnaies virtuelles doivent être extraites de leur gangue mathématique, minées à l'aide d'algorithmes de calculs qui font office de super pioche.

Fonctionnement

À l'instar des téléchargements en peer to peer et de certains stockages en Cloud, les crypto-monnaies s'affranchissent de toute autorité centrale et utilisent la puissance du réseau informatique dans son ensemble. Concrètement, toutes les machines reliées au réseau d'une monnaie donnée participent aux différents calculs nécessaires aux validations des transactions (transferts d'un compte à un autre). Ce faisant, elles sont récompensées en proportion de leur puissance de calcul, par l'octroi de nouvelles « pièces » directement extraites de la mine virtuelle, ce qui augmente ainsi le nombre d'unités monétaires en circulation.

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Les fonctions mathématiques utilisées pour le minage étant de type logarithmique, l'extraction est de plus en plus complexe au fil de l'augmentation de la puissance de calcul total du réseau. À terme, il deviendra impossible de miner des unités monétaires supplémentaires. Les mineurs seront alors incités à rester dans le réseau grâce à une nouvelle forme de récompense : la répartition des frais de transaction, qui resteront très minimes comparés aux systèmes de transfert d'argent actuels.

Les avantages du système

Décentralisées par nature, les crypto-monnaies ne dépendent d'aucune autorité monolithique et ne peuvent donc être manipulées à l'envie. La force du réseau assure également une certaine résilience en cas d'attaque. Contrairement aux monnaies fiduciaires, elles n'engendrent aucune dette (un atout particulièrement appréciable en ces temps de crise) et sont à l'abri des pressions inflationnistes. Dans le cas de Bitcoin et de la plupart d'entre elles, l'inflation monétaire est strictement contrôlée et documentée dans le code « open source » de la monnaie. Leur nature déflationniste n'est d'ailleurs pas un problème, puisqu'elles sont aisément fractionnables, jusqu'à de nombreux chiffres après la virgule. Sur ce point, elles l'emportent sur les métaux précieux.

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Les bons vieux billets de banque sont-ils condamnés à disparaître ?

La facilité pour effectuer des transferts, le relatif anonymat qu'elles assurent, la sécurité des transactions et l'impossibilité de contrefaire ces monnaies sont également des points forts. Concernant l'anonymat, les plus pointilleux préfèrent en réalité parler de « pseudonymat ». Car si les transactions ne révèlent rien de l'identité de ceux qui les effectuent, leur historique reste conservé à jamais. Si l'adresse d'un compte se retrouve reliée une seule fois à son propriétaire (par son adresse IP par exemple), toutes les transactions qu'il a déjà effectuées deviennent facilement traçables.

Ses inconvénients

La nature informatique du système en fait évidemment une cible de choix pour les hackers. Si les protocoles sont conçus pour être sûrs, les sites qui gravitent autour sont protégés de manière classique. Ainsi, le hacking de comptes situés sur des bourses d'échange de crypto-monnaies est possible. De même que des attaques DDOS sur ces mêmes bourses, destinées à provoquer des paniques. Et bien sûr, les monnaies électroniques décentralisées ne disposent d'aucune autorité de régulation des marchés pour interdire les manipulations boursières les plus sauvages.

Les autres défauts des crypto-monnaies tiennent à leur jeune âge : peu de services les acceptent directement (le jour où l'on pourra payer sa baguette en bitcoins ou litecoins n'est pas encore arrivé) et leur volatilité est encore extrêmement importante (ceci expliquant en partie cela).

La sécurité

Indépendamment des bourses d'échange qui sont susceptibles de garder de l'argent en réserve en vue d'opérations futures, chaque utilisateur d'une crypto-monnaie possède un portefeuille électronique (un simple fichier) où sont stockées ses unités monétaires. La sécurité de ce dernier dépend directement de son stockage. On s'interdira donc de le stocker sur le Cloud, on évitera de le laisser sur une machine connectée à Internet s'il contient trop d'argent, et on le gardera sur un disque dur externe ou une clé USB, éventuellement chiffrée et placée dans un coffre si on désire prendre un maximum de précautions.

A contrario, l'adresse du compte de la crypto-monnaie peut être librement donnée à qui on veut (principe des clés privées/clés publiques inhérent à ce type de cryptographie).

Est-ce légal ?

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La meilleure réponse à cette question est certainement : ce n'est pas illégal. Autrement dit, le législateur ne s'est pas encore penché sur la question (pas plus qu'il ne s'est penché sur le cas des pièces d'or WoW ou des dollars Linden). Gageons que cela viendra le jour où ces devises d'un nouveau genre atteindront une certaine masse critique, et qu'il sera par exemple devenu intéressant de les taxer.

En attendant, rien ne vous interdit d'utiliser les monnaies peer-to-peer comme bon vous semble, sans ne rien devoir à personne. Naturellement, si vous en faites un usage spéculatif et gagnez de l'argent avec en boursicotant, il vous appartient de déclarer vos plus-values comme vous le feriez avec des actions ou des devises classiques.

Bitcoin : le précurseur

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Première crypto-monnaie à avoir vu le jour, Bitcoin a été créé en 2009 par l'énigmatique Satoshi Nakamoto, prétendument japonais. Un pseudonyme derrière lequel se cache plutôt, selon les dernières hypothèses sérieuses, un cryptographe anglais ou même un groupe de plusieurs personnes. Cela n'a finalement pas grande importance puisque « Satoshi Nakamoto » s'est retiré de la circulation en décembre 2010, et a passé la main à une équipe de développeurs dévoués à la cause Bitcoin.

2013 : l'année de la consécration ?

Jusqu'ici réservé à un cercle d'initiés, Bitcoin a fait cette année une percée auprès du grand public. Le 20 mars dernier, l'ancien vice-président américain Al Gore déclarait « je suis un grand fan de Bitcoin » lors d'un colloque consacré aux systèmes de paiement. Le 24 avril, David Marcus, président de PayPal déclarait avoir passé beaucoup de temps à analyser Bitcoin et songer plus ou moins à l'intégrer. Le site Internet de la chaîne financière américaine CNBC a d'ores et déjà intégré un « ticker » Bitcoin. La plupart des médias généralistes se sont fendus d'un papier (plus ou moins bien renseigné) sur le « phénomène » Bitcoin. Le monde de la finance classique s'intéresse de plus en plus à la question. Et les initiatives autour de cette monnaie ne cessent de se multiplier, comme nous le verrons plus loin.

Un horizon déjà fixé

Bitcoin est un logiciel libre, dont le code source est accessible à quiconque aura le courage - et la compétence - nécessaire pour se plonger dedans. Ainsi, la probabilité que des fonctions malhonnêtes soient dissimulées dans le protocole est quasiment nulle.

La transparence est également de mise dans l'aspect prévisible de la distribution de nouveaux bitcoins. L'algorithme utilisé fixe le nombre maximum de bitcoins en circulation à 21 millions, et la génération de nouveaux bitcoins peut être approchée et simplifiée ainsi : 50 bitcoins sont générés toutes les 10 minutes pendant les 4 premières années, puis cette valeur passe à 25 BTC toutes les 10 minutes durant les 4 années suivantes (nous en sommes à cette étape depuis novembre dernier), et continue d'être divisée par deux tous les 4 ans environ (en réalité tous les 210 000 blocs de transactions) jusqu'à atteindre le nombre maximum aux alentours de 2040.

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Actuellement, environ la moitié des bitcoins ont déjà été extraits de la réserve générale.


Mais dès 2040, la quantité de bitcoins qu'il sera possible d'extraire deviendra négligeable. Théoriquement, le caractère fini des réserves ainsi que l'augmentation continue de la difficulté pour obtenir de nouveaux bitcoins devrait permettre à chaque unité de prendre de la valeur avec le temps. Pour compenser ce caractère déflationniste, chaque bitcoin est divisible jusqu'à la huitième décimale. Ainsi, même si le cours du bitcoin atteignait un jour 1000 dollars ou plus, il sera toujours possible de facturer et de payer des services en centiBictoins, milliBitcoins, microBitcoins, etc.

Un minage de plus en plus complexe

Paradoxalement, l'augmentation de la difficulté de minage tient également aux performances sans cesse grandissantes des ordinateurs dévolus à cette tâche. Au départ, les calculs étaient effectués sur de simples CPU. Puis ce sont les GPU qui sont entrés dans la danse. Ensuite, des FPGA (field-programmable gate array, ou réseaux logiques programmables) ont été programmés spécifiquement pour miner du Bitcoin. Aujourd'hui, ce sont les ASICs (Application-Specific Integrated Circuit, ou circuit intégré spécifique à une application) qui remplissent ce rôle... et rendent obsolètes toutes les méthodes précédemment utilisées.

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Les ASICs d'Avalon font exploser la difficulté de minage des bitcoins.

Face à la puissance des machines de ce type, votre pauvre PC ne peut plus rien faire. Pour autant, ce n'est pas une raison pour jeter bébé bitcoin avec l'eau du bain. Car il reste possible d'acheter des bitcoins sur les bourses de change, ou d'en recevoir de la part d'autres utilisateurs si l'on a un service à rendre ou quelque chose à vendre.

Bitcoin-Qt

Sous Windows, Mac OS X et Linux, le logiciel de base pour découvrir l'univers Bitcoin se nomme Bitcoin-Qt. Ce logiciel libre peut être téléchargé sur SourceForge, tandis que son code source est disponible sur GitHub. Une fois installé, Bitcoin-Qt commence par se synchroniser avec le reste du réseau. Pour cela, il télécharge l'historique complet des transactions effectuées depuis le début de Bitcoin, ce qui lui permettra par la suite de participer aux validations des transactions futures. Mais le logiciel sert également de porte-monnaie virtuel. On peut y créer autant d'adresses Bitcoin que l'on veut, chaque adresse étant générée de manière unique grâce à l'algorithme de hachage SHA-256.

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L'interface de Bitcoin-Qt est d'une grande sobriété et simplicité.

Ensuite, il suffit de communiquer cette adresse à un autre utilisateur (sous sa forme initale de 58 caractères alphanumériques, ou sous la forme d'un QR-Code) pour qu'il puisse y envoyer des bitcoins. À l'inverse, Bitcoin-Qt permet également d'envoyer des pièces à l'adresse de son choix. Le chiffrage du porte-monnaie à l'aide d'une phrase de passe répond également à l'appel, ainsi que sa sauvegarde vers un fichier .dat que l'on peut ensuite stocker où on le souhaite. Dans les deux cas, prenez garde : si vous oubliez votre phrase de passe ou perdez votre porte-monnaie, vous ne pourrez plus jamais accéder à vos bitcoins.

Litecoin : médaille d'argent

Si Bitcoin a lancé le bal des crypto-monnaies, d'autres ont assez rapidement suivi le mouvement. Pas tant pour concurrencer et supplanter la référence Bitcoin, que pour l'améliorer sur certains points précis et cohabiter avec. C'est en tout cas clairement le propos de Litecoin, qui a vu le jour en octobre 2011 et qui figure d'ores et déjà sur la deuxième marche du podium des monnaies peer-to-peer.

Un bitcoin plus léger

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Dans le schéma qui valide la comparaison entre bitcoin et l'or, litecoin prend tout naturellement la place de l'argent. Ainsi, alors qu'il reprend à l'identique les grands principes de bitcoin, ses réserves sont exactement quatre fois plus grandes. Le réseau est en effet programmé pour générer in fine 84 millions d'unités monétaires. Ce facteur quatre ne sort pas d'un chapeau, mais correspond également à la plus grande rapidité de Litecoin par rapport à Bitcoin. Alors qu'il faut environ 10 minutes au réseau Bitcoin pour générer un bloc (et donc valider une transaction), le réseau Litecoin n'en demande que 2,5.

Si l'on se projette dans un futur où les transactions de crypto-monnaies vont de soi, l'intérêt saute aux yeux : les marchands recevront plus rapidement la confirmation que la transaction effectuée par un client est valide.

Litecoin et GPU font bon ménage

Contrairement à Bitcoin, Litecoin n'est pas basé sur l'algorithme de hachage SHA-256 mais sur l'algorithme Scrypt, qui demande beaucoup de mémoire. Ce choix n'est pas anodin : il rend plus compliqué (ou plus exactement, plus coûteux) la conception et la production de FPGAs ou d'ASICs ciblant Litecoin. Du coup, il est encore possible de miner du litecoin à l'aide de simples cartes graphiques. Nous ne nous étendrons pas plus sur le sujet, car nous vous préparons pour bientôt un dossier complet sur la fabrication et la configuration d'un tel rig de minage.

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Les Radeon HD 7950 sont particulièrement recherchées par les « mineurs ».

Un avenir prometteur

Si le tout jeune Litecoin n'est pas encore aussi répandu que Bitcoin, il pourrait tout de même être la prochaine coqueluche des médias et des utilisateurs. Ainsi Mt.Gox, la plus grosse bourse d'échange de Bitcoins, a déjà déclaré plusieurs fois que Litecoin serait prochainement intégré à la plateforme. En attendant, il est toujours possible d'échanger ses Litecoins (« faciles » à miner) contre des Bitcoins (« impossibles » à miner si l'on ne possède pas un ASIC).

Une équipe de développeurs travaille par ailleurs sur une solution de paiement intitulée LTCPP (Litecoin Payments Processor). Certains sites web payants pourraient ainsi encaisser directement et facilement des Litecoins en échange de leurs services, sans avoir à payer de frais supplémentaires comme c'est le cas actuellement avec PayPal ou les cartes bancaires.

Litecoin-Qt

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Contrairement à Bitcoin-Qt, Litecoin-Qt permet encore de miner sur un PC.

L'équivalent de Bitcoin-Qt pour Litecoin se nomme fort logiquement Litecoin-Qt. Son code source et les exécutables Windows, Mac OS X et GNU/Linux sont téléchargeables sur GitHub. L'interface ainsi que les fonctionnalités, sont strictement identiques à ce qu'on peut trouver sur Bitcoin-Qt à l'exception d'un onglet supplémentaire, appelé Mining. Initialement présent également dans Bitcoin-Qt, il a été retiré depuis que la complexité élevée empêche les simples PC de miner. Pour Litecoin, cela reste encore faisable pour le moment.

Les autres crypto-monnaies

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En dehors de la star Bitcoin et de l'étoile montante Litecoin, il existe une quantité non négligeable de crypto-monnaies alternatives. Pour le moment, leur utilité réelle est quasiment nulle. En revanche, certaines ont clairement du potentiel, et toutes font d'ores et déjà le bonheur des spéculateurs, puisque leur taux de change en Bitcoin ne cesse de connaître des hauts et des bas. Nous avons décidé de vous présenter rapidement cinq d'entre elles, mais on peut en dénombrer au moins une dizaine d'autres (dont certaines sont déjà en train de mourir...)

Feathercoin (FTC)

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Tout nouveau, tout beau, Feathercoin a été lancé fin avril et dispose déjà d'une communauté de mineurs et d'utilisateurs considérable. Il s'agit d'un dérivé de Litecoin, basé également sur l'algorithme Scrypt, et qui peut donc encore être miné avec de simples cartes graphiques. La somme totale de FTC atteindra à terme 336 millions de pièces, soit quatre fois plus que les litecoins (eux-mêmes étant quatre fois plus nombreux que les bitcoins). Le temps nécessaire au calcul d'un bloc reste de 2,5 minutes, mais la récompense est pour l'heure de 200 FTC.

Namecoin (NMC)

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Dérivé directement de Bitcoin, Namecoin est à la fois une crypto-monnaie et un système permettant de stocker des données de manière décentralisée. Sa première application pratique consiste à proposer un système de DNS alternatif, capable de contourner toute censure au niveau des noms de domaine.

PPCoin (PPC)

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PPCoin cherche à rester le plus proche possible de Bitcoin, mais l'améliore sur certains points. Notamment en ce qui concerne la consommation d'énergie, qui se voit réduite grâce à l'utilisation de méthodes de calcul moins gourmandes que les fonctions cryptographiques de hachage. Autre différence : il n'y a pas de valeur maximale à la création de pièces, en dehors d'une valeur arbitraire et codée en dur de 2 milliards, qui ne sera jamais atteinte.

Novacoin (NVC)

Novacoin reprend le principe de PPCoin, mais utilise des algorithmes différents. La caractéristique de l'économie d'énergie reste tout de même de mise. De même que l'absence de réserve maximale de pièces.

TerraCoin (TRC)

Très proche de Bitcoin, Terracoin s'en différencie essentiellement par une somme terminale de 42 millions de pièces, une validation de blocs qui ne prend que deux minutes, et une récompense de 20 TRC par bloc.

Leur valeur face à Bitcoin

Afin d'avoir une idée de la valeur relative de chaque crypto-monnaie, voici un tableau récapitulant leur cours au 1er mai à 23 h. Il s'agit évidemment d'un instantané, qui peut être bouleversé à tout moment puisque la volatilité de ces marchés est encore très importante.

 BTCLTCFTCNMCPPCNVC TRC
BTC10,032510,001950,011770,002780,031480,00486
USD1183,830,231,380,323,710,57
EUR95,233,090,181,110,252,990,46

Des monnaies hautement spéculatives

Les crypto-monnaies étant très jeunes, elles cherchent encore leur véritable valeur sur les marchés. Du coup, elles affichent une volatilité extrême, renforcée par la facilité de trading, l'afflux constant de nouveaux boursicoteurs et les évolutions des performances de minage.


Les petites monnaies alternatives sont particulièrement sensibles aux phénomènes de « pump & dump », une pratique interdite sur les marchés classiques mais courante au Far West des crypto-monnaies. Grosse modo, un ou plusieurs utilisateurs font artificiellement monter le cours d'une monnaie en l'achetant en masse. La pompe est alors amorcée, d'autres acheteurs suivent le mouvement, et le cours ne cesse de grimper. Jusqu'au moment où les investisseurs initiaux décident de prendre brutalement leur profit, ce qui a pour effet de faire chuter le cours et de laisser ainsi les derniers arrivés sur le carreau. On peut naturellement gagner gros à ce petit jeu... et perdre tout autant. Les investisseurs prudents préfèreront donc miser sur Bitcoin et Litecoin, bien plus « stables ».

Le Bitcoin en montagnes russes

Les guillemets sont de rigueur puisque la volatilité reste vertigineuse, même s'il est plus compliqué de manipuler les cours étant donné la masse monétaire déjà en jeu. L'engouement naturel pour Bitcoin suffit de toute manière à lui faire connaître des hauts et des bas extrêmement différenciés. Il y a six mois, un bitcoin valait 8 euros. Le 10 avril, le cours a grimpé en flèche jusqu'à... plus de 200 euros ! Un investisseur avisé pouvait donc voir ses gains multipliés par 25. Après un crash à 37 euros, le marché se stabilise depuis une quinzaine de jours autour des 100 euros. Évidemment, certains prédisent une nouvelle chute, et d'autres une prochaine hausse vertigineuse.

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La plateforme de référence pour l'échange de bitcoins est Mt.Gox, qui concentre 70 % des mouvements et donne donc le la aux autres bourses. Du coup, elle est régulièrement l'objet d'attaques DDOS qui visent à perturber les marchés, que ce soit pour déstabiliser et décrédibiliser Bitcoin ou profiter des mouvements de panique afin d'empocher un joli pactole.

En revanche, selon Mt.Gox, le crash du 10 avril n'est pas dû à une attaque DDOS, mais tout simplement à des serveurs pas assez puissants pour gérer l'afflux de nouveaux arrivants. Dans un communiqué daté du 11 avril, la plateforme affirme recevoir 20 000 demandes d'ouverture de compte chaque jour, alors qu'elle n'en avait enregistré que 60 000 pour l'ensemble du mois de mars.

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Mt.Gox : parfois victime d'attaques DDOS, parfois victime de son succès.


Si le crash du 10 avril a de quoi faire peur, les pionniers du Bitcoin aiment à rappeler que ce n'est pas le premier. En valeur absolue, aucun n'avait été aussi impressionnant puisque le cours n'était encore jamais monté aussi haut, mais en valeur relative, cela n'a rien d'inédit. En juin 2011, le prix déclinait de 68 %, en janvier 2012 de 36 %, en août 2012 de 51 %, en mars 2013 de 33 % et en avril 2013 de 61 %. D'autres vagues sont encore certainement à venir.

Le Litecoin en voie d'indépendance

Pas encore intégré à Mt.Gox, le Litecoin s'échange essentiellement sur BTC-e, l'une des plus importantes plateformes d'échanges après Mt.Gox. Son cours a très longtemps suivi celui du bitcoin, montant et descendant en même temps que lui, avec un ratio de valeur tournant autour de 0,025.

Depuis quelques jours, il semble se renforcer (le ratio LTC/BTC est actuellement de 0,032) car Mt.Gox a annoncé officiellement sur son site l'intégration prochaine de Litecoin. Jusqu'alors, les annonces allant dans ce sens n'étaient faites que sur Twitter, généralement en réponse aux questions des utilisateurs.

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Depuis trois mois, le cours du LTC par rapport au BTC est globalement en progression.

Beaucoup d'investisseurs pensent que le cours du Litecoin explosera dès qu'il arrivera sur Mt.Gox. Une prévision d'autant plus justifiable que d'un point de vue purement théorique, un litecoin devrait valoir 0,25 bitcoin puisqu'il y en aura à terme quatre fois moins en circulation. Dans tous les cas, cette introduction sur Mt.Gox sera certainement l'étape qui désolidarisera le cours du litecoin de celui du bitcoin.

De vraies monnaies ?

Vous l'aurez compris, les petites crypto-monnaies alternatives n'ont pour le moment quasiment aucune application réelle. Même Litecoin manque encore un peu de coffre pour jouer ce rôle, même si la liste des services qui acceptent cette monnaie prend chaque jour de l'ampleur.

En revanche, Bitcoin est clairement sorti du bois et peut d'ores et déjà être utilisé de multiples manières. On remarquera par exemple qu'Avalon, un vendeur d'ASICs dédiés au minage des bitcoins, ne propose ses produits que contre des bitcoins. Une preuve de leur propre confiance dans le système.

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La machine à fabriquer des bitcoins s'achète... en bitcoins !

Mais la plupart des marchands qui acceptent les paiements en bitcoins le font sur la base d'une conversion automatique avec les prix en euros ou en dollars, en raison de la grande volatilité du cours du bitcoin.

Parmi les premiers grands noms à avoir annoncé l'acceptation des bitcoins, on trouve la plateforme Wordpress.com, le réseau social Reddit, ou encore le service Mega de Kim Dotcom. De son côté, Internet Archive accepte non seulement les dons en bitcoins mais a également proposé à ses employés d'être payés ainsi. Résultat : un tiers d'entre eux se sont portés volontaires ! Par ailleurs, on ne compte plus les hébergeurs et autres services high-tech qui acceptent la star des crypto-monnaies, notamment aux États-Unis, où il est également possible d'acheter des denrées alimentaires ou des bijoux en bitcoins. À vrai dire, il est très simple pour un site web d'intégrer le paiement en bitcoins puisque différents « processeurs de paiements » offrent ce service. À l'inverse, en servant d'intermédiaire, le site Bitspend propose aux acheteurs de payer en bitcoins sur les sites qui n'acceptent pas cette monnaie.

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Payer en bitcoins sur tous les sites web ? C'est possible.

D'autres signes laissent à penser que Bitcoin est promis à un bel avenir. Ainsi, un Canadien militant proposait récemment de vendre sa maison contre des bitcoins. À Malte, Exante a lancé le premier hedge-fund relatif à Bitcoin. L'investisseur Jeff Berwick a quant à lui annoncé vouloir installer à Chypre le premier distributeur automatique de bitcoins. Et le site Casascius propose depuis longtemps des pièces physiques, qui abritent des clés privées dissimulées derrière des hologrammes. Il ne manquerait plus qu'une carte de crédit en bitcoins, non ? Hé bien le fameux Kim Dotcom semble s'y intéresser comme le prouve ce message posté sur Twitter le mois dernier :

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Même s'il n'est pas encore permis de payer sa baguette en bitcoins ou en litecoins, on voit clairement que toute une économie et un écosystème sont en train de se mettre en place. Il est évidemment impossible de savoir si c'est la réussite ou l'échec qui sera au bout du chemin mais, pour l'heure, l'engouement pour les crypto-monnaies et l'intérêt de ces dernières ne cesse de croître.

Conclusion

Si ce petit tour d'horizon des crypto-monnaies vous a intéressé, sachez que le sujet est loin d'être tari. Il y a fort à parier que Bitcoin et les autres monnaies peer-to-peer fassent encore l'actualité dans les semaines, mois et années à venir. Y compris dans nos colonnes.

Impossible d'y échapper, dès que vous évoquerez les crypto-monnaies en société, vous trouverez toujours des Cassandre prêtes à crier à l'arnaque planétaire, ainsi que des fanatiques clamant à qui veut les entendre que Bitcoin va sauver le monde. De manière plus raisonnable, les crypto-monnaies doivent surtout être abordées comme un nouvel outil prometteur. En termes de spéculation, on peut déjà se féliciter de leur relative moralité. On ne le sait que trop bien, jouer sur les cours du blé ou avec les actions d'une entreprise n'est pas sans conséquence sur l'économie réelle, donc sur la vie de certaines personnes. À l'inverse, les fortunes gagnées ou perdues (l'un ne va pas sans l'autre) en boursicotant sur le marché des crypo-monnaies ne concernent que ceux qui veulent bien rentrer dans le jeu.

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Mais aussi spectaculaire soit-elle, cette vision spéculative à court terme ne doit pas faire perdre de vue le grand dessein de la décentralisation de la création monétaire. Si ce potentiel révolutionnaire en fait rêver certains et trembler d'autres, la grande inconnue demeure tout de même sa réalisation effective. Pour l'atteindre, il va falloir que Bitcoin et ses petits amis touchent le grand public. Pour cela, il est nécessaire que leur cours se stabilise et que les services payables en crypto-monnaies dépassent la sphère des passionnés de high-tech.

Et vous, d'ailleurs, croyez-vous en l'avenir des monnaies peer-to-peer ? Si tel est le cas, sachez que nous vous proposerons prochainement un dossier complet sur le minage, avec construction d'une machine complète à la clé.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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