Par rapport à des STEP classique, une densité multipliée par 2.5 ça me semble pas fou comme impact : si on veut pouvoir produire une grosse puissance pendant une durée significative, il faut toujours un très gros réservoir, surtout si on se limite à des hauteurs de chute dont l’ordre de grandeur est de 10 fois moins qu’une STEP de haute montagne…

Certes on peut alors atteindre la même puissance avec 2.5 fois moins de hauteur de chute et le même débit, mais du coup justement, avec des bassins de petite taille (l’article parle de piscine olympique…), la capacité sera extrêmement faible…

Si on compare à Grand’Maison par exemple, les 1800 MW sont atteints avec un débit de 216 m^3/s (12 groupes, chacun débitant 18 m^3/s) et environ 900m de hauteur de chute. Pour atteindre les 100 MW évoqués par RheEnergy avec seulement 100m de hauteur de chute et un fluide 2.5 fois plus dense, il faut donc un débit de 43 m^3/s (216 m^3/s * 900m/100m * 100 MW/1800 MW * 1/2.5).

À ce train là, une piscine olympique de 2500 m^3 est vidée en moins d’une minute…

En comparaison, Grand’Maison est en théorie capable de tenir les 1800 MW pendant au moins 19h si la retenue basse est vide et qu’elle ne laisse pas échapper plus que le débit réservé (15 millions de m^3 à remplir à 214 m^3/s, puisqu’il y a un débit réservé de 2m^3/s) et pendant plus d’une semaine si en plus on laisse la retenue basse se vider à 216 m^3/s (mais là ça fait une crue en aval avec un tel débit… officiellement l’autonomie à pleine puissance est de 30h, ce qui doit tenir compte du débit maximal qu’EDF est autorisé à laisser sortir de la retenue basse). Et les 100 MW, Grand’Maison pourrait sur le papier les produire pendant plus de 4 mois en continu.

Alors certes, Grand’Maison c’est la plus grande STEP de France… Mais même face à la plus petite (La Coche, 330MW pendant 3h), les chiffres de RheEnergie font pâle figure…