Le but de OpenAI était de trouver une façon d’empêcher le débordement hors de contrôle des AI. En 2015, ça paraissait sensé, mais ça a évolué tellement vite que Musk s’en est allé avec ses billes, en 2018, travailler sur la sienne qui pilotait déjà les Tesla.

En 2020 il écrivait : « Cela semble être le contraire de l’ouverture. OpenAI est essentiellement capté par Microsoft ».

Dans le cadre du deal entre OpenAI et Microsoft, annoncé le 22 septembre [2020], il est évoqué que « Microsoft s’associe à OpenAI pour la licence exclusive du modèle de langage GPT-3 ». C’est de toute évidence la notion d’exclusivité qui a fait tiquer Elon Musk, car cela ne colle guère avec le concept d’ouverture de l’intelligence artificielle, qui figure pourtant dans le nom même d’OpenAI et dans sa promesse initiale.

Dans cette affaire, Elon Musk n’est plus guère qu’un simple spectateur d’OpenAI, car l’intéressé a pris ses distances de l’organisation début 2018 pour éviter tout conflit d’intérêts. Il a ainsi démissionné du conseil d’administration. Il demeure toutefois l’un des donateurs majeurs de la structure et reste relativement influent et audible du fait de sa notoriété et son intérêt pour les sujets liés à l’IA.

Le contrat conclu entre Microsoft et OpenAI est aussi perçu comme une sorte de renvoi d’ascenseur après un investissement à hauteur d’un milliard de dollars que la firme de Redmond a annoncé à l’été 2019.

"Créée dans l’ancien quartier Mission de San Francisco en 2015, l’entreprise se définissait à ses débuts comme « une organisation à but non lucratif ».

Aux commandes de cet ovni de la Silicon Valley, des fondateurs de grands noms : le multimilliardaire Elon Musk, patron de Tesla, et l’homme d’affaires américain Sam Altman. Fort de ces deux appuis, OpenAI s’est doté dès sa naissance d’un milliard de dollars pour atteindre un objectif clair : développer une intelligence artificielle accessible à tous et qui profiterait « à toute l’humanité » selon le premier communiqué de presse de la jeune entreprise. Pour cela, l’ensemble de ses recherches et résultats sont disponibles en « open source », c’est-à-dire gratuitement et sans limite sur Internet."

Autrement dit, le but de OpenAI d’établir des garde-fous contre le danger des intelligences artificielles développés sans contrôles autres que la recherche de profits et la capture de parts de marchés, s’est retourné contre son créateur par la prise de contrôle d’un des pires GAFAM à but lucratif.

Comme à peu près tout ce que touche Microsoft, le but a été perverti et les importants travaux de pointe de l’open source (légalement) volés.