Bien sûr qu’ils le choisissent et ne sont pas contraints. Encore heureux. Ça n’en reste pas moins du travail fournit gratuitement à une boîte qui aurait largement les moyens de le payer.

Et le problème, c’est que c’est un modèle économique qui est en train petit à petit, sous diverses formes (l’uberisation des métiers non qualifiés, les bugs bounty pour remplacer les équipes de test dans le logiciel, les « concours » de design, de photo, etc…), de remplacer le travail « classique », parce que les entreprises y trouvent largement leur compte…

Et je trouve donc fort dommage qu’un article titre ainsi sur le fait que chercheur de bug chez Google soit une bonne situation, incitant presque les lecteurs à participer (cf dernier paragraphe), sans rappeler le fait que dans l’écrasante majorité des cas, les mecs bossent gratos, donc qu’en fait la situation n’est pas si bonne que ça… alors que non… Certes, y a un mec qui a touché 600 000 dollars… Mais en moyenne, c’est 4000$ par bug et 17 000$ par personne rémunérée (pour les 700 personnes qui ont effectivement touché quelque chose) et sans doute en moyenne largement moins de 1700$ par personne ayant travaillé dans le cadre de ce programme (bien sûr Google ne communique pas ce chiffre là… mais par contre ils disent que 90% des rapports de bugs reçus dans le cadre du programme ne donnent pas lieu à rémunération, donc il ne me semble pas exagéré de considérer qu’il y a au moins 10 fois plus de personnes non rémunérées que de personnes rémunérées, puisqu’en plus des 90% rapports ne donnant pas suite à rémunération, y a aussi tous les gens qui ont passé du temps sans rien trouver du tout, donc sans même soumettre un rapport…

C’est un peu comme si on nous présentait livreur Deliveroo comme une super situation en mettant en avant les gains réalisés par ceux qui sont dans le top 0.1% des rémunérations sur Deliveroo, mais sans rappeler qu’il y en a une bonne part qui ne touchent même pas un SMIC, et avec tous les risques à leur charge (et encore, maintenant côté Deliveroo ça s’est un peu amélioré, face aux accusations de travail déguisé l’entreprise a fini par consentir à garantir un minimum horaires aux livreurs même s’ils ne font pas de course… ce qui n’est pas encore le cas pour les chasseurs de bugs).