Non, rien n’est bouffé ! D’après ce rapport la capacité de production décarbonnée augmenterait de 106 TWh, alors que les VE n’en consommeraient que 48 TWh.

Donc au contraire, il y aura un « surplus » de 58 TWh (en réalité, peut-être même plus, parce que dans le même temps il y aura aussi une baisse des autres usages de l’électricité, grâce à l’amélioration de l’isolation et des éclairages notamment, à moins que ça soit compensé par la bascule du chauffage à flamme vers le chauffage électrique), qui pourra servir soit à l’export (donc doublement des exports, et là les allemands seront très contents de nous acheter plus d’électricité bas carbone…), soit à réduire la production d’électricité carbonnée (donc baisse du facteur de charge des centrales à fioul et à gaz, tandis que celles à charbon seront fermées définitivement, normalement dès l’an prochain).

Et oui, ce calcul se base sur un parc ce ~16M VE. Mais si avec 16M VE la production décarbonnée augmente de 106 TWh pour seulement 48 TWh de hausse de consommation, avec 40M VE la production décarbonnée augmentera au moins d’autant (pas de raison que ça fasse baisser la production) pour 120 TWh de demande supplémentaire. Au pire, il ne manquerait donc que 14 TWh. Qui pourront être obtenus en augmentant encore un peu le parc éolien et solaire (vu qu’on aura alors 2.5 fois plus de stockage, permettant d’augmenter la part des énergies intermittentes dans le mix) ou la production carbonnée. 14 TWh de plus sur le parc thermique à flamme, même une fois les centrales charbon arrêtées définitivement, ça se fera les doigt dans le nez (pour rappel, en passant le facteur de charge de 26% aujourd’hui à 76% on obtient plus de 80 TWh supplémentaires…), et ça fera toujours au moins cinq fois moins de CO2 que le parc de 40M de VT actuel : entre 6 millions de tonnes (14 TWh en turbines CC gaz) et 19 millions de tonnes (14 TWh en turbine à fioul) contre 100 millions, en comptant une moyenne de 140g/km.