Yep. La solution viendra sans doute des smart grids.
Des millions de voitures électriques connectées au réseau, ce sont des millions de batteries capables de moduler en une fraction de seconde la puissance qu’elles soutirent ou qu’elles injectent dans le réseau.
Mais y a du boulot pour y arriver, tant au niveau des infrastructures physiques que des logiciels pour gérer tout ça de façon intelligente.
Et bien sûr, aussi au niveau des mentalités, puisqu’il faudra que les gens acceptent que parfois, même en ayant laissé leur voiture branchée toute la nuit, elle ne soit pas à 100% de charge le matin… Ce qui en pratique n’est pas un problème énorme, puisque la plupart des gens n’ont pas besoin de toute leur autonomie sur la journée. Par contre, il faudra laisser la main à l’utilisateur pour réclamer une charge à 100% en cas de besoin, en contrepartie de quoi il payera plus cher son électricité durant la nuit… À l’inverse, ceux qui n’ont pas besoin d’une grande autonomie quotidienne devront aussi pouvoir le signaler, et on ne leur garantira par exemple que 20% de charge, en contrepartie d’un tarif plus bas…
Sur le réseau électrique français, la capacité de production est en fait déjà suffisante pour couvrir la consommation de dizaines de millions de VE parcourant 15 000 km par an en moyenne, mais à condition de faire tourner beaucoup plus les centrales thermiques à flamme (elles produisent actuellement moins d’un tiers de ce qu’elles pourraient produire, ce qui laisse une réserve de plus de 80 TWh annuels), donc à faire exploser les rejets de CO2. Ce qu’il manque, c’est “uniquement” la capacité à réguler la consommation/restitution des VE pour pouvoir exploiter pleinement la capacité de production, en chargeant pendant les creux de consommation et en utilisant les batteries pendant les pics. Il faudra sans doute aussi d’autres solutions de stockage pour lisser un peu entre l’été et l’hiver (la production d’hydrogène pourrait être une solution, mais le rendement n’est pas terrible…).
Merci d’être entré dans le détail de cette problématique.
Malheureusement beaucoup de gens semblent ne pas comprendre ce qu’est un réseau électrique ni les impératifs structurels qui l’accompagnent en termes de fréquence et de tension (sans même parler de consommation)
A mesure que le temps avance, nous ajoutons à nos réseaux des facteurs d’instabilité (solaire et éolien pour la production, VE pour la consommation) qui vont à terme, je le crains, obliger les gestionnaires à des opérations de délestages réguliers en hiver, et donc à l’immobilisation massive des VE de telle ou telle région concernée.