Fibre optique : technologies et offres disponibles

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Le 10 juillet 2007
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La fibre, technologie et enjeux


La fibre, comment ça marche ?


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Une fibre optique est un fil de verre ou de plastique souple et très fin (pas plus épais qu'un cheveu) qui a pour propriété de pouvoir guider la lumière. Entouré d'une gaine, elle peut en effet conduire une onde sur des distances équivalent à plusieurs milliers de kilomètres. Quels principes physiques permettent la propagation de la lumière sur de très longues distances ? Sans entrer dans les détails très complexes de l'optique non linéaire, nous pouvons tout de même faire une brève introduction à la physique qui rend possible cette technologie. Vous avez probablement déjà entendu les termes de réflexion et de réfraction d'ondes. C'est le principe de réflexion totale qui permet (entre autres) de contenir un rayon lumineux dans un fil très fin sur une distance très importante.

En effet, les lois de Snell-Descartes nous apprennent que si une onde entre dans un milieu d'indice de réfraction n1 en dessous d'un certain angle limite, elle est réfléchie totalement dans ce milieu et ne se propage pas dans le milieu adjacent d'indice n2 inférieur à n1 mais reste emprisonnée, se propageant sans (presque) aucune perte. Toute la difficulté technique réside dans ce « presque », puisqu'il faut mettre en œuvre des moyens techniques assez complexes pour palier cette diminution inexorable de l'intensité du signal. Toutefois, la portée d'un signal voyageant dans une fibre est énorme comparée à celui circulant dans un câble de cuivre, et les tests d'éligibilité prendront probablement fin dans une ville où la fibre est installée, les termes d'affaiblissement ou d'atténuation n'ayant plus cours.

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Le principe de la réflexion totale : si le rayon lumineux parvient sous un certain angle (rayon vert), la lumière reste prisonnière du milieu du plus haut indice de réfraction

Dans la fibre optique, c'est un mélange chauffé de silice et de germanium qui constitue le cœur (d'indice n1), tandis que le verre forme la gaine (d'indice n2) pour un diamètre de 125 micromètres seulement.

Trois façons de diffuser la fibre différentes...


Cette technologie, jadis travaillée en laboratoire et destinée aux communications longues distances ou encore aux réseaux internes des universités, est maintenant disponible pour les particuliers sous plusieurs formes :
  • le réseau point à point passif, qui consiste à relier un NRO (Nœud de Raccordement Optique) directement à un client, via une ou deux fibres dédiées, ce qui permet un débit élevé et garanti, ainsi qu'un ciblage précis pour l'opérateur, mais un surcoût non négligeable dû à la non mutualisation des infrastructures ; on parle ici de FTTH (Fiber To The Home). C'est l'offre qui sera proposée par Free.
  • le réseau point à multipoint, utilisé par exemple par 1 ou 16, propose de partager la ligne optique entre plusieurs clients par le biais de coupleurs. L'avantage de cette méthode est le coût de l'opération, bien moindre que celui demandé par le réseau point à point, ainsi que la mutualisation des infrastructures. S'il utilise des équipements passifs (splitter), le service n'est pas très souple en matière de distribution, s'il use des commutateurs (actifs), l'opérateur peut diriger les flux à son gré, ce qui offre une meilleure gestion du signal.
  • les solutions mixtes, qui utilisent des équipements souvent actifs placés au niveau de l'immeuble ou de la rue. On parle alors de FTTB (Fiber To The Building) ou de FTTC (Fiber To The Curb, le trottoir), le restant de la connexion jusqu'au client s'effectuant par les bons vieux fils de cuivre. Ce type de réseau est assez coûteux à l'installation, mais évite d'intervenir chez les particuliers et permet une distribution ciblée.

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Illustrations d'un réseau point à point et d'un réseau mixte. Source : Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables


Les enjeux économiques


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Pour concevoir ce que représente l'introduction de la fibre optique dans les foyers français, la question économique mérite d'être soulevée : en effet, ce sont rien moins que des milliards d'euros qui sont mis en jeu pour développer ce mode de transfert en France pour arriver à l'objectif d'un minimum de 4 millions de connectés par fibre d'ici à 2012. La société 15 et sa filiale Free prévoient par exemple un investissement d'un milliard d'euros d'ici 2012, alors que l'opérateur historique compte utiliser 3 et 4,5 milliards d'euros dans le déploiement de la fibre. Neuf Cegetel compte quant à lui investir quelques 450 millions d'euros, dont le tiers serra apporté par SFR, et Numericable la bagatelle de 800 millions d'ici fin 2010. Les fonds mis en branle sont donc colossaux, si bien que l'Etat français (via l'ARCEP, l'Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) invite les protagonistes du très haut débit à mutualiser leurs efforts pour parvenir aussi rapidement que possible à offrir au plus grand nombre cette technologie du futur ; certains semblent l'avoir écouté, si l'on se réfère aux récentes déclarations de Jacques VEYRAT, PDG de Neuf Cegetel, qui précise que « Des rapprochements interviendront, au niveau du réseau ou du capital, entre les acteurs intéressés par le très haut débit que sont Numericable, Free et Neuf » . Free et Orange ayant également annoncé une mise à disposition de leurs infrastructures à leurs concurrents, les choses se présentent plutôt bien de ce côté.

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Cependant, même en groupant leurs efforts, les FAI lancés dans ce projet pharaonique rencontreront bien des difficultés : réticence des collectivités locales, des syndics de copropriété pour les immeubles, et bien sûr travaux de voirie importants (seuls Paris et certains quartiers de Lyon et de Marseille possèdent des égouts accessibles). L'Etat a donc défini, en novembre dernier, un « Plan d'action du très haut débit » qui consiste en quinze mesures destinées principalement à faciliter une mise en place efficace du réseau.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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