· S | F · Votre chronique part à la recherche de la Flotte perdue

Johan Gautreau
Expert objets connectés
14 mars 2020 à 11h11
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S | F La flotte perdue

Bienvenue dans le futur. Les humains sont en guerre depuis plus d'un siècle. Exsangue, l'Alliance va devoir se reposer sur les épaules d'un seul homme : John “Black Jack” Geary. Faites chauffer les réacteurs, nous plongeons aujourd'hui dans une saga spatiale épique avec la Flotte perdue !

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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.

La Flotte perdue (2008)

Jack Campbell

Il est des genres spécifiques de la SF qui ne semblent pas subir le poids des décennies. Le space opera est l'un d'entre eux. Batailles spatiales épiques, héros valeureux, univers foisonnant : on trouve de tout ça dans la formidable saga de John G. Hemry, plus connu sous le pseudonyme de Jack Campbell.

Si je vais aujourd'hui me concentrer sur le premier roman de la série, Indomptable, je ne peux que vous recommander de lire l'intégrale des aventures du capitaine Black Jack. Vous risquez même de tellement accrocher que tout comme moi vous ne pourrez pas vous empêcher de dévorer les autres arcs narratifs de cet univers : Par-delà la frontière, Etoiles perdues et la Genèse de la flotte. On arrive ainsi à un joli total de 17 romans. De quoi bien remplir votre liste de lecture !

“Je vous en prie, capitaine. La flotte a besoin de vous.”

C'est bien connu, les humains aiment bien se mettre sur la tronche dans la joie et la bonne humeur. Rien d'étonnant donc à ce que l'Alliance et le Syndic soient en guerre depuis une centaine d'années. Je vous l'accorde, une guerre stellaire globale aussi longue, ça ne doit pas être la joie à vivre au quotidien...

Heureusement, l'Alliance à un plan infaillible : lancer la quasi-totalité de sa flotte de guerre en plein cœur de l'espace Syndic dans l'espoir de couper la tête de l'hydre et mettre fin au conflit une bonne fois pour toutes. Oui, on a déjà vu plus fin comme stratégie...

Bien évidemment, le super plan “on fonce dans le tas et on défouraille dans tous les coins” va largement foirer. La seule bonne nouvelle, c'est que l'Alliance met la main par pur hasard sur la capsule de survie de John “Black Jack” Geary, un héros légendaire supposément mort au début de la guerre.

“Il ne nous reste même pas une heure avant l'expiration de l'ultimatum du Syndic, capitaine Geary.”

Il y a des jours comme ça où on préfèrerait rester au lit... ou dans sa capsule de survie, au choix. Miraculeusement rescapé d'une escarmouche avec le Syndic, John Geary se réveille en plein combat spatial après 100 ans d'hibernation, l'Alliance se faisant tailler en pièce en plein cœur du système Syndic.

Dès les premiers paragraphe, Campbell nous met dans l'ambiance de ce premier tome : ça va vite, très vite. On ressent au creux des tripes la tension inhérente à la situation. Face à une véritable prise d'otages spatiale, Black Jack va devoir la jouer fine pour sortir une flotte exsangue du piège des féroces mâchoires syndic.

C'est aussi l'occasion pour lui de découvrir que cent ans de guerre ont fait de gros dégâts dans les deux camps. La haine est omniprésente. L'honneur et le respect sont morts en même temps que les légendes du passé. Il ne fait vraiment pas bon vivre dans l'univers créé par Campbell...

“Mais les Syndics restent des Syndics, capitaine Geary.”

La galaxie est tranchée en deux. Derrière chaque frontière spatiale, chaque camp hait viscéralement l'autre. Le Syndic mène son peuple à coup de propagande et d'intimidation. L'Alliance n'est guère mieux, usant de manœuvres politiques pour garder ses habitants dans l'ignorance de la réalité du conflit. En bref, c'est moche...

Ce monde abrupt, notre héros se le prend en pleine face. Au sortir de son hibernation forcée, Black Jack doit donc composer avec des mœurs qu'il ne connait pas et ne comprend pas. Non seulement ses camarades de l'époque sont décédés, mais les personnes qu'il côtoie le voient soit comme un demi-dieu, soit comme une menace à éliminer.

Tout au long du roman, c'est un véritable chemin de croix qui se dessine face à notre intrépide héros. Torturé par le chagrin d'avoir perdu tous ses proches, furieux de devoir vivre dans ce monde de folie, John Geary reste malgré tout un personnage attachant. Jack Campbell aborde avec brio le côté psychologique de la guerre, tout en conservant ce côté épique si cher au space opera.

“Geary se pencha vers l'hologramme de Numos, conscient de trahir sa fureur : “Cette flotte ne se bat pas pour l'orgueil, mais pour la victoire.”

Bon, prenons quelques secondes pour faire un résumé de la situation. Notre héros sort d'hibernation après 100 ans de sommeil. Il se retrouve aux commandes de la flotte de l'Alliance. En plein territoire ennemi. Difficile de faire plus chaud comme situation...

Hé bien en fait, si. Un siècle de guerre n'a pas fait qu'entretenir une haine aveugle entre les deux camps. Ça a aussi amené des changements de comportements drastiques au sein même de la flotte. Les tactiques ne comptent plus. Chaque escarmouche est juste l'occasion pour les deux camps de balancer leurs vaisseaux les uns sur les autres, peu importent les pertes. L'orgueil prévaut sur le bon sens et la survie. Black Jack va donc devoir sortir sa flotte du traquenard conçu par le Syndic, mais aussi faire face à une flopée de capitaines pas forcément ravis de se faire diriger d'une main de fer par une légende supposée morte depuis des décennies.

C'est un aspect du livre que j'aime énormément. Campbell creuse vraiment la personnalité des divers antagonistes. Chaque combat engagé par Geary est un vrai tour de force, coincé qu'il est par ses homologues rétifs aux ordres et enclins à la bataille facile. Je peux vous dire que le voyage de retour vers l'Alliance est loin d'être de tout repos !

“Prochaine cible, croiseur lourd, coordonnées relatives 020, trente et un degrés vers le haut, distance trois secondes-lumière.”

Bon sang, déjà la fin de cette chronique. Il y aurait pourtant encore tant à dire sur la Flotte perdue... Dans ce cas, je vais clôturer cet épisode de · S | ꟻ · par l'un des aspects qui m'a le plus séduit dans ce roman : le réalisme.

Dans Indomptable et les autres romans de la saga de Campbell, les affrontements et la vie sur les vaisseaux ne se font pas à la Star Wars. Ici, point de cuirassés qui évoluent au ralenti et se percutent allégrement comme si de rien n'était. Dans la Flotte perdue, les combats sont soumis aux lois de la relativité et de la gravité. Le moindre affrontement, la moindre manœuvre prend des heures et se produit à une vitesse proche de la lumière. Malgré tout, l'auteur américain réussit à faire garder au tout une tension impressionnante. On stresse en même temps que les équipages, on ressent la peur et l'excitation quand vient le moment de l'engagement de quelques secondes à peine qui décidera du vainqueur. Du grand art !

Si comme moi vous appréciez les sagas au long fil, les combats spatiaux épiques et les héros au caractère bien trempé, alors foncez sur la Flotte perdue. Le premier roman, Indomptable, est le prélude à une histoire haletante. Et pour ceux qui se posent la question : oui, il y a aussi des extra-terrestres. Après tout, que serait un bon roman de SF sans aliens ?

La Flotte perdue
La Flotte perdue - Indomptable (2008) est édité chez L'Atalante en version brochée, mais également en version Kindle ou EPUB - sans DRM - chez 7switch.
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