· S | F · Moon, deuxième escale de votre chronique ciné

14 décembre 2019 à 11h30
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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.
SF film #2 Moon

Cette semaine je vous emmène pour une virée sur la Lune. On est pourtant très loin de la balade champêtre avec Moon, de Duncan Jones, l'histoire d'un homme qui ne cherche qu'une chose : regagner notre bonne vieille Terre. Et bien entendu, tout ne va pas se passer comme prévu.

Moon (2009)

de Duncan Jones

La Lune. Ce satellite si familier qui a inspiré tant de récits, de George Méliès aux aventures de Tintin dans Objectif Lune jusqu'au tout récent Ad Astra. En 2009, c'est Duncan Jones, tout jeune réalisateur (et fils de David Bowie, un autre habitué de l'espace) qui décide d'utiliser la Lune comme terrain de jeu pour son premier film, sobrement intitulé Moon.

« Trois ans c'est long à tirer, vous savez. »

L'on suit les pas de Sam Bell, employé de Lunar Industries, une société qui extrait un nouveau minerai lunaire permettant de remplacer les énergies fossiles sur Terre. Le pauvre Sam, seul depuis trois années, est à deux semaines de retrouver sa famille. Mais des évènements inattendus vont lui faire comprendre que son retour semble bien compromis...et c'est tout ce que je peux vous dire sans vous divulgacher le reste du métrage.

La première chose qui m'a bluffé dans Moon, c'est son univers. Duncan Jones n'a pas beaucoup d'éléments pour développer son histoire. Un budget de 5 millions de dollars (c'est un quart de celui de Bienvenue chez les Ch'tis à titre de comparaison), quelques décors et très peu de plans à effets spéciaux pour poser l'ambiance.

Et pourtant dès les premières minutes on est embarqués dans le récit grâce à un découpage ciselé et une économie de plans plutôt posés qui laissent le temps d'admirer ces paysages lunaires, à la fois incroyables, mais aussi étouffants, pesants et qui donnent une idée de la suite des évènements.

« Je suis là pour t'aider Sam »

La grande force de Moon, c'est la relation entre Sam, interprété par un génial Sam Rockwell et qui est de tous les plans - littéralement, vous comprendrez en le regardant - et GERTY, son robot d'assistance. Sam est loin de la caricature de l'astronaute chevronné et insensible. Il aime le rock, construire des maquettes. Il est aussi cynique, mais raccroché à l'espoir tout proche de retrouver sa femme et sa fille. Sam est humain, pétri de doutes et terriblement attachant.

Le robot est quant à lui doublé par Kevin Spacey et possède un design très intéressant. L'assistant communique à la fois vocalement, mais aussi par smileys affichés sur un écran intégré et ses réactions, parfois déconnectées de ses propos, surprennent, amusent et inquiètent, et même les trois dans la même scène. Ennemi ou ami ? La question se pose durant les 97 minutes du film.

Moon

« Depuis le début ils nous ont menti. Ils nous mentent depuis toujours »

Il est évident que Duncan Jones était sous influences lors de la préparation de son premier film, à commencer par 2001 : l'Odyssée de l'Espace à la fois dans ses décors cliniques, ou dans la relation entre Sam et GERTY qui rappelle HAL 9000. Je n'ai pas pu m'empêcher également de penser à l'incontournable Alien dès lors que le film bascule du récit contemplatif vers le pur survival.

La station spatiale devient progressivement une prison. La Lune, si majestueuse, se transforme en tombeau. La musique, composée par Clint Mansell, participe de ce changement d'ambiance. Elle est lancinante, pas forcément mélodique, mais accompagne les tourments du personnage et les réponses apportées minute après minute aux nombreuses questions posées.

« Qu'est-ce qu'elle était belle nom de dieu »

Parce qu'au fond, Moon n'a pas la prétention de provoquer une intense réflexion sur l'état du monde, mais est avant tout un pur film à mystères et un divertissement de grande qualité. Si Ducan Jones pose quelques éléments de contexte très rapidement, ils ne servent que de toile de fond à son récit.

Moon

Moon traite bien du capitalisme forcené, de la course au rendement, de la solitude ou de l'éveil d'une conscience, mais uniquement par le biais de sa mise en scène, sans forcer le trait. C'est ce qui me semble la plus grande réussite du film, qui préfère compter uniquement sur la force de ses images que d'assommer de dialogues ses spectateurs.

« J'espère que la vie sur Terre sera comme dans tes souvenirs »

Expérience sensorielle, Moon questionne nos rapports à l'existence ainsi qu'à nos relations aux autres, humains ou machines. La base spatiale devient d'ailleurs au fil du métrage une véritable scène de vie, plus humaine que la Terre dépeinte et qui n'est vue qu'à travers des écrans.

La question n'est plus de savoir comment s'en échapper, mais pourquoi. Trouver une raison pour braver l'ordre établi et prendre sa place à part entière. C'est finalement tout le sujet de Duncan Jones, qui réussit le tour de force de ne malgré tout jamais lâcher la tension et le rythme de son film. Pour un premier essai, c'est du grand art !

Je ne peux que vous recommander de vous jeter sur Moon, un petit film apparemment sans prétention, mais qui joue de toutes ses limitations pour proposer un spectacle spatial impressionnant et plus intelligent qu'il n'y parait.

Moon est disponible en DVD et Blu-Ray chez France Télévisions Distribution.

Moon
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