Pour Thierry Breton, écarter Huawei ne retardera pas le développement de la 5G en Europe

20 janvier 2020 à 15h10
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Thierry Breton (© Capture d'écran Digital Life Design (DLD) Conference)

Le nouveau Commissaire européen au Marché intérieur a vanté les qualités de la technologie de cinquième génération européenne pour justifier une possible mise à l'écart du géant chinois.

Sous la pression des États-Unis, l'Europe est tiraillée quant au sort qui doit être réservé à Huawei et à son rôle d'équipementier 5G. Des pays comme l'Angleterre n'ont pas encore pris leur décision définitive, tandis que la France semble jouer au chat et à la souris avec des opérateurs télécoms qui perdent peu à peu patience. En outre, l'intervention de Thierry Breton dans le cadre de la conférence DLD (Digital Live Design) ce dimanche 19 janvier, n'a pas arrangé les affaires de Huawei.

L'Europe ne serait « pas en retard », selon Thierry Breton

Durant son passage, le nouveau Commissaire européen au Marché intérieur, ancien patron d'Atos (2009-2019) et ex-ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (de 2005 à 2007), a vanté le savoir-faire des Européens en matière de 5G. Thierry Breton a ainsi affirmé que privilégier des équipementiers de la zone ne retarderait pas le développement de la technologie dans l'Union, sous-entendant donc que l'Europe peut se passer des équipementiers chinois comme Huawei.


Pour Thierry Breton, la 5G « n'est pas le déploiement d'un nouveau réseau de télécommunications, c'est une architecture nouvelle » qui ne nécessitera pas des règles de sécurité plus strictes que les générations précédentes. « La mise en place de conditions de sécurité strictes ne créera pas de retard dans le déploiement de la 5G en Europe », affirme-t-il. Et l'ancien ministre de poursuivre : « L'Europe [...] est sur la bonne voie. Nous ne sommes pas et ne serons pas en retard sur le déploiement de la 5G ».


En Allemagne, d'où le patron du Marché intérieur européen a prononcé ces mots, on n'est pas forcément d'accord avec cette affirmation. Le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, a déclaré la semaine dernière que dans le cas où les entreprises chinoises venaient à être exclues des réseaux 5G européens, « la construction du réseau serait reportée d'au moins cinq à dix ans ».

Les Européens loin d'être tous d'accord sur le cas Huawei

Thierry Breton fait valoir l'importance d'une « souveraineté technologique » européenne, également chère à Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie et des Finances. Le Commissaire européen rapporte ainsi que « l'Europe possède plus de 50 % des brevets 5G. C'est un fait ».


Concrètement, Thierry Breton n'appelle pas explicitement les États et entreprises de l'UE à faire sans Huawei, indiquant que « toute entreprise, européenne ou non, sera la bienvenue », mais l'appel à soutenir les équipementiers européens Nokia et Ericsson revient un peu au même, la diplomatie en plus.


En France, trois des quatre opérateurs de télécommunications, à l'exception de Free, souhaitent équiper au moins une partie de leur réseau en infrastructures 5G Huawei.

Source : Boursorama
Modifié le 20/01/2020 à 20h48
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