Spectrum sharing : la "fausse 5G" s'invite au bal, les opérateurs vont-ils danser la valse des économies ?

03 décembre 2019 à 15h08
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antenne 5G

Pour couvrir en un temps record la France en 5G, sans avoir besoin de trop investir, les opérateurs pourraient se tourner vers le DSS, qui n'offre pas de « vraie 5G », mais un compromis entre la quatrième et la cinquième génération de réseau mobile.

Pour limiter les coûts du déploiement de la 5G, les opérateurs pourraient être tentés d'utiliser la technologie « Dynamic Spectrum Sharing » (DSS), quitte à offrir de la « fausse 5G » à leurs clients.

De la 5G basée sur les infrastructures 4G

Le DSS permet en effet de ré-exploiter les bandes de fréquence et les équipements utilisés avec la 4G LTE et de les adapter au standard 5G. Le tout via une simple mise à jour logicielle et sans nécessiter d'intervention physique sur les antennes. Selon Ericsson, qui fait partie du Top 3 des équipementiers 5G avec Huawei et Nokia, il s'agit de la meilleure solution pour proposer rapidement au public une couverture étendue.

Fredrik Jejdling, vice-président exécutif d'Ericsson, parle d'une « avancée majeure » pour décrire cette le DSS. « Sans ça, les opérateurs doivent réaménager leurs fréquences, couper le gâteau en plusieurs morceaux. À mon avis, c'est le seul moyen économiquement viable pour faire de la 5G », explique-t-il dans des propos rapportés par Les Echos.

Cela pose tout de même plusieurs problèmes : tout d'abord, il faut réquisitionner des bandes et équipements fournissant jusqu'ici de la 4G, affaiblissant de fait cette génération de réseau. De plus, cette technique ne permet pas de bénéficier de la 5G à son plein potentiel, ne tenant donc pas la promesse d'une explosion des débits.

Un moyen de limiter les investissements

L'intérêt de cette technologie réside bien entendu dans le fait d'aider les opérateurs à déployer la 5G plus rapidement que ce qui avait été fait avec la 4G, mais sans les obliger à investir lourdement. Pour rappel, la portée de la 5G est plus faible que celle de la 4G, rendant indispensable l'installation d'un plus grand nombre d'antennes, et faisant ainsi drastiquement augmenter les coûts.

En France, les opérateurs regrettent déjà que les enchères sur les fréquences 5G démarrent à 2,17 milliards d'euros. La seule attribution des blocs de fréquences va donc déjà constituer un investissement important pour eux. Le DSS est une solution pour commencer à couvrir une partie de la population dans la foulée de l'obtention des fréquences. En 2020, quand les premiers forfaits commerciaux seront lancés en France, ne vous attendez donc pas à profiter de la « vraie 5G », qui ne devrait finalement arriver que bien plus tard.

Source : Les Échos
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