Visite chez BQ : comment ses smartphones sont-ils conçus ?

Vidéo : Visite des locaux madrilènes de BQ : le constructeur nous explique comment sont conçus et testés ses téléphones.

En marge du lancement de l'Aquaris A4.5, le premier Android One européen, BQ nous a proposé de découvrir ses locaux. Le constructeur Madrilène nous a ouvert les portes de ses labos, et de sa salle des tortures notamment ! Il nous a tout expliqué, de la conception aux tests de ses smartphones. Il faut environ neuf mois pour mettre au point un téléphone, en partant d'une feuille blanche. Nous allons vous résumer deux heures de visite en une dizaine de minutes.

Tout commence par le bureau du design, avec deux personnes seulement qui s'affairent pour concevoir tout ce qui est smartphone et tablette. Ici on croque à tout va, mais on fait surtout travailler son imagination. Quand une proposition d'esquisse est validée avec la direction, l'étape suivante consiste à réaliser des modèles 3D sur ordinateur. Des modèles qui doivent être suffisamment précis pour aboutir aux premiers mock-ups. Une fois la forme du produit arrêtée, place au rendu. A l'aide d'un logiciel spécifique, nos deux designers vont pouvoir simuler différents coloris et textures. C'est ici aussi que l'on élabore le packaging, élément essentiel puisqu'il s'agit du premier contact entre le client et le produit.

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Autre environnement avec le département hardware, où l'on conçoit la carte mère du smartphone. Il faut d'abord réaliser les schémas techniques de la carte mère sur ordinateur, puis loger tous les composants qui ont été retenus pour un modèle donné, de la manière la plus optimisée possible. La suite se passe dans les deux laboratoires du département hardware.

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Ici, on teste les PCB ainsi que différents assemblages de composants. Le but n'est pas uniquement de mettre au point la meilleure configuration de smartphone mais aussi d'envisager un maximum de scénarios pour éprouver le matériel et anticiper sur des potentiels problèmes de service après-vente.

Une fois les configurations assemblées, le premier point qu'on teste dans ce laboratoire, c'est toutes les communications. BQ utilise une chambre anéchoïque, une boîte qui isole complètement le téléphone. Cette boîte est reliée à différents appareils qui vont simuler toutes les radiofréquences voulues : GSM, 3G/4G, Wi-Fi et GPS. Ces instruments sont capables de reproduire toutes les conditions possibles et imaginables : un temps nuageux, des déplacements très rapides dans la F1 d'Alonso nous dit-on, la présence de murs épais, le passage dans un tunnel, etc.

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Dans le deuxième laboratoire de la division hardware, on met à rude épreuve les composants pour jauger la chauffe ou encore la consommation électrique. Quatre téléphones font tourner Need For Speed Most Wanted, avec la résolution et le volume à fond pendant ça heure. Pendant ce temps une caméra thermique braquée au-dessus des quatre smartphones enregistre une cartographie du dégagement de chaleur puis la façon dont les Aquaris refroidissent.

De l'autre côté du laboratoire, on mesure la qualité des écrans grâce à un colorimètre. Ces mesures vont servir à ajuster l'affichage, le calibrer, pour avoir les couleurs les plus fidèles possibles tout en préservant une consommation mesurée. La consommation est d'ailleurs l'autre gros chantier de ces ingénieurs. Ils la mesurent avec plusieurs appareils mais aussi selon différents scénarios. Une vingtaine de cas de figure sont imaginés : lecture de vidéo, jeux, usages des applications les plus fréquentes, veille, benchmark, etc. Le comportement de la batterie est un aspect sur lequel BQ consacre beaucoup d'attention.

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Une fois que le design est achevé et que la technique est au point, il faut faire une synthèse. Une modélisation 3D très complexe qui va tout englober : les pièces du châssis du smartphone, tous les composants et l'habillage. Quand on en est à finaliser ce genre de dessin, à peu près 5 mois se sont écoulés depuis les premiers croquis des designers. Le modèle 3D terminé part en production chez les fabricants chinois et revient sous la forme du premier prototype fonctionnel pour d'autres tests : nous sommes ici dans la division mécanique. Son responsable nous fait alors découvrir la salle des tortures ! Là où BQ va en faire baver à ses terminaux pendant 2 à 3 semaines, pour voir s'ils sont commercialisables ou pas.

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Première épreuve : le scratch test. La machine va faire passer plusieurs crayons à papier de duretés différentes sur l'écran. S'il y a une marque, le téléphone ne passe pas le test, il faut changer de protection d'écran. Puis c'est la coque au dos du smartphone qui va subir des passages de mousse abrasive. Cette simulation est supposée reproduire ce qu'endure un téléphone glissé dans une poche avec des clés par exemple.

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Deuxième épreuve : les vibrations. Cette machine, que BQ n'a pas mise en route, produit des vibrations sur trois axes, de manière aléatoire entre 0 et 200 Hz pendant 1h. On vérifie alors que rien ne s'est déconnecté ou dessoudé dans le terminal.

Troisième épreuve : le drop test. Cette grosse machine va répéter plusieurs chutes, toujours avec l'écran vers le haut. Le smartphone va tomber successivement 500 fois d'une hauteur de 8 cm, 100 fois de 50 cm, 6 fois de un mètre et une fois de deux mètres. Si l'écran se brise, le test est raté, le téléphone, recalé.

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Quatrième épreuve : la torsion dans la poche arrière. Un bras vertical va exercer une pression de 200 newton mille fois de suite sur le smartphone mis dans une poche de jeans. Ce test va mettre en évidence la résistance à la torsion et simuler l'usure possible au contact du tissu épais.

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Cinquième épreuve : la chute aléatoire. Le drop test étant millimétré et surtout, toujours effectué avec le téléphone sur le dos, BQ passe ensuite à ce test. Le téléphone est placé dans une colonne métallique rotative qui effectue 500 cycles. Il se cogne alors de manière aléatoire sur les parois de la machine.

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Sixième épreuve : la poussière. Cette grosse machine est une chambre à poussière, elle peut accueillir plus de 10 téléphones simultanément à qui elle fait endurer 8h pour le moins éprouvantes dans un épais nuage de particules fines. Pour passer la validation, aucune poussière ne doit venir se loger dans l'optique, sous l'écran ou encore dans les haut-parleurs. Ailleurs, elles sont admises car elles ne perturbent pas le fonctionnement du smartphone.

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Septième épreuve : la chambre climatique. Ici, BQ enchaîne une cinquantaine de cycles avec des conditions différentes et parfois un peu extrêmes. Lors de notre visite, des tests étaient en cours à 60° et sous 90 % d'humidité !

Nous sortons de la salle des tortures pour pénétrer dans le laboratoire photo de BQ. L'équipement et les procédés nous sont ici plus familiers. Le laborantin utilise des scènes, avec des objets pour évaluer la précision des textures, mais aussi des mires, pour évaluer la netteté de l'optique. Chaque poste de photographie dispose d'éclairages calibrés et mesurables : lumière du jour, tungstène, etc. Comme il ne faut rien laisser au hasard, les murs de la pièce sont peints avec une peinture spéciale grise. Les résultats sont ensuite observés sur un écran Eizo calibré. Un logiciel d'analyse compare les rendus des teintes capturées avec celles idéales, les ingénieurs peuvent alors ajuster les profils colorimétriques, au niveau du firmware, pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

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Enfin, c'est à notre tour d'être torturé. Le laboratoire audio est en train d'être déménagé, donc on ne verra pas tout l'outillage, tous les instruments de mesure enfermés dans des cartons. En revanche, BQ nous dévoile non sans fierté sa toute nouvelle chambre anéchoïque. Une sorte de coffre-fort de métal et de mousse qui absorbe toute propagation sonore et évite la réverbération des ondes acoustiques. Fabriquée par Faist, cette chambre cubique est dotée de panneaux lisses sur toutes ses faces, y compris au sol. La sensation à l'intérieur, une fois l'imposante porte refermée, est difficile à décrire : la voix semble s'arrêter juste à la sortie de la bouche, les sons deviennent très directifs, on finit par entendre son cœur battre. Bref, on est content d'en ressortir !

Modifié le 22/09/2015 à 12h46
Commentaires

Tous les commentaires

  • grumlyZ
    25/09/2015 10:27:21

    fredoslack  BlendTec !

  • CM35
    23/09/2015 23:32:25

    aurelyon CM35  De rien. ;)

  • aurelyon
    23/09/2015 09:23:08

    CM35 Eh eh, merci ;)

  • CM35
    23/09/2015 00:56:48

    Reportage intéressant, merci. :)

  • fredoslack
    22/09/2015 21:28:54

    On a hâte de voir un iPhone être torturé

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