Parrot BeBop : démonstration en vol

Vidéo : Vidéo de présentation du drone BeBop de Parrot.

Parrot signe son coup de maître, du moins par rapport à l'AR.Drone. Outre le gain de définition évident apporté par le Full HD, c'est la stabilisation qui fait toute la différence. Parce que la qualité même du rendu en 1920 x 1080 pixels pourrait être plus léchée, en dépit d'un profil d'encodage bien chargé (H.264 à 30 Mbps et 30 im/s). Cette stabilisation en revanche est tout simplement phénoménale : même quand le BeBop se fait un peu chahuter par le vent, la capture fait preuve d'un calme olympien.

Il nous faut ici faire un aparté sur le mode opératoire de la caméra du BeBop. C'est indispensable pour bien comprendre comment fonctionne « l'orientation de la caméra » mais aussi la stabilisation. Parrot applique en permanence un recadrage à 120° horizontal et 50° vertical sur le champ total couvert par l'objectif fisheye de 186° circulaire. Comme le capteur est sur-pixélisé, il n'est pas nécessaire d'interpoler (c'est-à-dire de recréer artificiellement la définition), le flux recadré est toujours en 1080p.

La caméra étant physiquement inclinée de 20° vers le sol, ce système couvre un champ de vision vertical de 113° en bas et 73° en haut, par rapport à l'horizon. On peut donc voir sous le drone, le débattement de la caméra s'opère sur environ 136° (68° de part et d'autre de la position centrale). Latéralement, le débattement est moins important : avec 120° de cadre sur 186° embrassés au total, le champ ne peut se décaler que de 66° de bord à bord (ou 33° de part et d'autre de la position centrale).

Fov bebop
Schéma illustrant ce principe avec le champ de vision vertical


Parrot va assez loin dans son concept en utilisant ce recadrage numérique en permanence, de manière dynamique. Le drone analyse toutes les informations de mouvements que ses capteurs mesurent pour ajuster son recadrage en temps réel, et stabiliser voire assurer un suivi du cadre. Ceci explique les très bons résultats observés par temps venteux, mais également ce qui suit.

Les phases d'accélération ou de recul, qui donnaient un effet « cheval à bascule » sur les vidéos de l'AR.Drone n'ont ici que très peu d'impact sur la stabilité du cadrage. Mieux encore : les flips sont compensés ! Avec les tonneaux, c'en est presque troublant puisque « la centrale inertielle » analyse et retourne l'image en temps réel. Autrement dit, l'image reste droite, à peine décèle-t-on un petit tremblement. Sur les flips avant et arrière, l'unité centrale produit un rapide fondu noir en excluant la capture du ciel, du sol et de l'arrière. C'est impressionnant, mais presque un peu dommage de ne pas pouvoir activer la capture naturelle du flip. Les estomacs diront merci à Parrot.

Maintenant, le fait de pouvoir orienter la caméra en plein vol est également génial. Certes, d'autres drones plus perfectionnés le proposent , avec une vraie motorisation de la caméra au lieu du traitement numérique employé ici. Il n'empêche, la fonction est un plus incontestable. Nous avons toutefois deux bémols à signaler : d'abord, il faut impérativement être en mode expert pour disposer du contrôleur virtuel de caméra, mode qui n'est malheureusement pas le plus pratique pour piloter, ensuite, on observe une vilaine dégradation de l'image, notamment quand on se rapproche des bords. Visuellement, cela se manifeste par un aliasing important et une grosse perte de piqué. C'est logique, le recadrage se déplace à la fois sur le bord du capteur mais surtout sur celui de l'optique, qui est, rappelons-le, un fisheye.

Modifié le 11/03/2015 à 17h53
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