Duel Apple-FBI : enjeux et décryptage

Vidéo : Dans le cadre de la tuerie de San Bernardino, le FBI se heurte au refus d'Apple de lui fournir une version modifiée de iOS9. Le Debug décrypte les enjeux sous-jacents

Dans le cadre de la fusillade de San Bernardino dont les commanditaires firent allégeance à l'État islamique, le FBI cherche à récupérer des informations stockées dans l'iPhone du couple de tueurs. Pour ce faire, le FBI a demandé à Apple de lui fournir une version modifiée de l'iOS 9 sur laquelle serait supprimée la fonction auto-erase, qui, si elle est activée par l'utilisateur, efface toute la mémoire après dix mots de passe erronés. Il s'agirait aussi de rallonger le temps de latence entre les différentes tentatives de mot de passe, et de retirer la partie du code source qui rend exclusive la saisie tactile, pour permettre aux calculateurs d'émettre automatiquement les mots de passe.

Après avoir refusé de se plier à l'ordonnance de la Cour, Apple a porté l'affaire devant le Congrès américain où les parties ont pu être entendues durant une audition de près de six heures.

Une enseignante de l'école polytechnique de Worcester a tenu à illustrer les conséquences possibles d'une éventuelle fuite du nouvel iOS : imaginez que vous alliez à une conférence privée, et qu'on vous demande comme souvent votre téléphone à l'entrée, des malfaiteurs pourraient facilement profiter de cette occasion pour voler la mémoire de tous les téléphones déposés, avec un tel logiciel.

Congrès américain
Apple a porté l'affaire devant le Congrès américain


L'enseignante était la seule véritable experte de l'assemblée, et son avis a lourdement influencé le débat : elle a expliqué que derrière la demande du FBI se cachaient des centaines d'autres demandes qui n'attendaient que le feu vert de la jurisprudence. Si Apple accepte de créer ce logiciel, une routine se créerait forcément pour mettre en place l'organisation qui serait chargée de répondre à ces demandes, et du fait de la routine, un risque de subversion de l'outil évident.

Elle sous-entend qu'au lieu de demander à la nation d'affaiblir des systèmes de sécurité qui deviennent vitaux à l'heure des hackers, il vaudrait mieux fournir au FBI des financements plus conséquents, afin qu'ils soient un jour en mesure d'égaler la NSA en termes de moyens technologique.

Au final cette affaire est peut-être surtout un aveu de faiblesse de la part d'une institution qui n'est plus à la hauteur de son mythe, et qui, comme le souligne la chercheuse, « utilise encore des techniques propre au 20e siècle et non au 21e ».

Modifié le 04/03/2016 à 18h01
Commentaires

Tous les commentaires

  • JeXxx
    07/03/2016 11:40:00

    Pourquoi filmer un mec qui lit, à mon avis son propre article à voix haute? Clubic se la fait à la "Voyage au bout de la nuit" façon D8? ^^

  • Inu
    05/03/2016 22:40:19

    xeno  Normal, FBI c'est le bureau d'enquête qui agit post délit.  La NSA sécurité intérieure qui agit avant le délit et la CIA ne peut agir qu'en dehors du territoire....  Bref chacune à un rôle bien précis.

  • Niverolle
    05/03/2016 14:59:41

    xeno Ben c'est assez logique, ces agences ont des prérogatives bien différentes et parfaitement complémentaires. Pourtant, elles passent leur temps à se tirer dans les pattes, un peu comme la gendarmerie et la police en France.

  • folkN
    05/03/2016 13:47:10

    Inu polo Tant qu'il y a des recours possibles, Apple ne se dérobe de rien, c'est la loi.

  • xeno
    05/03/2016 11:10:01

    Niverolle polo Moi le truc que je capte pas. Pourquoi avoir autant d'organismes ? FBI/CIA/NSA Et encore je ne serais pas surpris qu'il en ai d'autres d'inconnu ^^ ils ont tant de fric a dépenser ?

BE GEEK ! Avec clubic