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// Ultra HD, 4K : faut-il changer de téléviseur dès aujourd'hui ?

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Publié par Aurélien Audy le Mercredi 13 Fevrier 2013

4K
4K, Ultra HD ou Quad HD : si les appellations essaimées à tout-va ont encore tendance à flotter, la réalité technologique est elle bien en marche. La haute définition que nous connaissons sous le nom de Full HD est en passe d'être supplantée par une définition quatre fois supérieure. Cette image d'un demain proche implique la mutation de l'ensemble de la chaîne. Ça a commencé pour les téléviseurs, comme nous avons pu le constater depuis l'IFA en 2012 et plus récemment au CES en début d'année. Mais où en est le contenu ? Et les supports ? Faisons le point ensemble sur cette évolution qui se dessine !

Une technologie, trois appellations (au moins…)


Ah… Que serait l'univers des hautes technologies sans un marketing inventif pour leur donner corps ? L'avènement du prochain standard de télévision s'accompagne sans surprise d'enjeux colossaux. Du coup, il y a eu hésitations, et donc confusions. Oui, nous manions le verbe au passé puisque théoriquement, les dés sont jetés : la haute définition de demain s'appellera Ultra HD ou UHD. Le terme 4K, parmi les premiers employés, existe encore, mais il ne désigne pas tout à fait la même définition. Tandis que le Quad HD a lui été officiellement rejeté par la Consumer Electronics Association (CEA). Petit rappel technique...

TV_low res
Téléviseur HD
Sony KD84X9005

SD, HD, Ultra HD (le 84 pouces KD-84X9005 de Sony)

La définition d'un écran est décrite par le nombre de pixels présents dans la hauteur de l'image, l'œil étant plus sensible à cette dimension. Les téléviseurs à tube cathodique (pour la plupart) et les DVD, adoptaient la définition standard (dite SD) en 576 pixels. L'arrivée de la haute définition (dite HD) en 2005 s'est faite au début via ce qu'on appelait les normes HD Ready en 720p (p pour progressif) et Full HD en 1080p (devenues HDTV et HDTV 1080p depuis 2008). C'est là où nous sommes aujourd'hui. Maintenant, cette définition s'apprête à être multipliée par 4 : on double la largeur et la hauteur. Ce qui nous fait 1920 (x 2) x 1080 (x 2) = 3840 x 2160 = 8 294 400 pixels. Cette définition s'appelle Ultra HD. Le 4K étant un format à part utilisé au cinéma par les professionnels. Il est généralement de 4096 x 2160 mais peut varier selon les ratios voulus (1,85:1 ou CinemaScope).

Définitions d'affichage

Blu ray 4K Sony
Clair comme de l'eau de roche. Sauf que les constructeurs ont commencé à utiliser l'appellation 4K avant cette mise au clair de la CEA, et que cette terminologie avec un chiffre plus une lettre semblerait plaire davantage aux services marketing que UHD. C'est pourquoi nous avons pu voir au CES des Blu-ray Sony "Mastered in 4K", qui sont en fait des films en 1080p, mais tirés d'originaux tournés en 4K, et qui seront mis à l'échelle pour être diffusés sur téléviseur UHD. Simplement, cette mise à l'échelle sera optimisée grâce à un débit d'encodage supérieur sur ces Blu-ray "Mastered in 4K" par rapport à des Blu-ray classiques. Bref, autant le Quad HD semble bel et bien enterré, autant le 4K risque encore de cohabiter avec l'Ultra HD.

L'Ultra bat le Full

A quoi sert donc l'Ultra HD ? Outre l'intérêt évident pour les constructeurs de redynamiser des ventes de téléviseurs en berne avec un nouveau parc qui ne demande qu'à se constituer, il y a des bénéfices pour le consommateur. Le plus flagrant, c'est l'amélioration de la qualité d'image sur les grandes diagonales, où à taille équivalente les pixels bien visibles en 1080p vont devenir indétectables en 2160p. De fait ce progrès va réduire le besoin de recul du spectateur et accroître la sensation d'immersion, "comme au cinéma" (un argument dont le marketing risque d'abuser). On peut aussi prendre ce raisonnement à l'envers en disant que l'UHD va permettre aux constructeurs de proposer des diagonales encore plus grandes sans détériorer la qualité d'image.

Distance de visionnage
Illustration fournie par Eutelsat Communications

Enfin, l'Ultra HD va théoriquement favoriser le développement des technologies 3D sans lunettes, ces dernières reposant sur le deal "perte de définition contre gain de points de vue". Et quoi qu'il en soit, répandre l'Ultra HD dans les foyers entre dans une certaine logique, puisqu'aujourd'hui la plupart des productions modernes sont tournées en 4K.

Samsung 4K 110 pouces CES
Un prototype Samsung de 110 pouces présenté au CES en début d'année. Le même que le 85 pouces de la gamme S9 qui sera commercialisé en avril 2013

Quel matériel faut-il ?


Les téléviseurs UHD ont bourgeonné à cette édition 2013 du CES : la moitié des actualités que nous avons publiées avait trait aux annonces UHD. Mais de là à dire qu'on verra ces nouveaux écrans dans toutes les chaumières sous peu, il y a un gouffre dans lequel nous ne nous précipiterons évidemment pas. Pourquoi ? Parce que l'Ultra HD n'en est qu'à ses prémices : elle se décline en peu d'exemplaires sur des diagonales conséquentes, ce qui aboutit à des prix pour l'heure très élevés, voire rédhibitoires. Les plus petits modèles annoncés démarreront à 55 pouces pour environ 5 000 €, la plus grande diagonale atteint elle 85 pouces et 40 000 euros (pour la série S9 de Samsung) ! Si les prix baisseront nécessairement à terme, l'Ultra HD restera majoritairement cantonnée à des grandes diagonales (donc chère).

Ludovic Simion de Samsung nous confirme que ce qu'il s'est passé sur la HD, à savoir la cannibalisation de la HDTV par la HDTV 1080p dans toutes les tailles d'écran (ou presque), n'a guère de chance d'arriver avec l'Ultra HD. Le surcoût des dalles 4K est trop important, l'intérêt de cette définition sur petite dalle trop limité. Tous les constructeurs semblent tomber d'accord sur ce point, du moins dans l'immédiat, exception faite de Sharp qui sortirait un 32 pouces en Ultra HD. Nous employons ici le conditionnel puisque Sharp est le seul constructeur qui ne nous a pas répondu. Voici ci-dessous un récapitulatif des modèles annoncés pour 2013 en France.

Roadmap TV UHD

Autre possibilité pour voir la vie en Ultra Haute Définition, les vidéoprojecteurs. Mais là, l'offre est encore très rare et surtout toute aussi démesurée en termes de tarifs. Le seul vidéoprojecteur UHD natif auquel nous arrivons à penser est le Sony VPL-VW1000, qui coûte la bagatelle de 19 000 €… Trois modèles chez JVC font de la simulation de UHD à partir de panneaux 1080p. D'autres constructeurs comme Epson, Mitsubishi ou Panasonic sont attendus au tournant, prochainement.

Sony VPL-VW1000
Le Sony VPL-VW1000, en UHD native

Cable HDMI 2
Quid de la connectique nécessaire pour véhiculer des flux en 3840 x 2160 pixels ? Le HDMI 1.4 suffit pour l'heure, si on se limite à 30 images par seconde. N'importe quel câble certifié HighSpeed fera normalement l'affaire. Pour raccorder un PC à un téléviseur UHD, la connectique DVI Dual Link pourrait également convenir, si tant est que les constructeurs en intègrent (ce qui ne semble pas être le cas pour l'instant). Mais l'Ultra HD prendra tout son sens avec la prochaine révision de l'interface HDMI, dite 2.0 (de façon officieuse), qui devrait prendre en charge le rafraîchissement à 60 Hz en 2160p. L'annonce des spécifications officielles est attendue pour le troisième trimestre 2013. L'intégration dans les téléviseurs devrait se faire sur les gammes 2014.

Et pour regarder quoi et comment ?


Récapitulons : les téléviseurs sont chers, mais ils existent bel et bien et arrivent dès cette année, la connectique n'est pas encore vraiment là mais ça ne saurait tarder, le bénéfice pour l'utilisateur est réel. Mais que va-t-on regarder sur ces écrans de cinéma à domicile ? Pour l'instant, rien de nouveau : du 1080p mis à l'échelle 2160p. Comme si on lisait de la SD sur un téléviseur Full HD, mais en bien mieux comme nous confie Benjamin Clark, Chef produit TV chez Toshiba. Ce n'est pas que le contenu soit inexistant, puisque comme nous l'avons dit plus haut, la plupart des productions modernes tournent en 4K. Non, le maillon faible dans l'évolution de la chaîne, c'est le support. Parce que le Blu-ray tel que nous le connaissons aujourd'hui n'est pas apte à encaisser une définition quatre fois supérieure, sans sacrifier la durée, les bonus, l'audio et/ou les options de langues. Il va donc falloir adapter le support.

Upscalling
L'upscaling dans un premier temps sera tout ce que les utilisateurs pourront se mettre sous la rétine

Blu-ray
Deux pistes principales sont évoquées : utiliser des galettes d'une capacité de stockage supérieure (type Blu-ray XL jusqu'à 128 Go, ou d'un genre nouveau sur lequel la Blu-ray Association planche) et opter pour un codec plus efficace que le MPEG4 / H.264. Dans tous les cas, il faudra changer toutes les platines et lecteurs Blu-ray actuels. Côté codec, le successeur du H.264 sera le HEVC (nom complet ITU-T H.265 | ISO/IEC 23008-2 High Efficiency Video Coding), dont les caractéristiques viennent de mettre d'accord l'Union Internationale des Télécommunications (l'ITU) et le Motion Picture Experts Group (MPEG). La force de l'HEVC : arriver à compresser deux fois plus que le MPEG4 / H.264 à qualité d'image égale. Ce petit miracle ne s'obtient toutefois pas sans une puissance de calcul importante, qu'il faudra intégrer d'une façon ou d'une autre dans les futurs lecteurs. En effet, des expérimentations de la Joint Collaborative Team on Video Coding (JCT-VC) ont démontré que des flux 4K à 60 im/s pouvaient être décodés de façon logicielle et fluide, sur un portable doté d'un Core i7 à 2,7 GHz, avec trois threads parallèles. Tout de même... Quoi qu'il en soit, ces deux pistes combinées, plus d'espace de stockage et meilleure efficacité du codec, détermineront le support idéal des œuvres en Ultra HD.

HEVC

Quid des échéances ? Comme nous le rappelle Simão Campos, Conseiller Multimédia à l'ITU, une première salve de téléviseurs capables de décoder le HEVC s'apprête à sortir, courant du premier semestre 2013 (notamment chez Samsung). Et pour ce qui est du support, d'après Ludovic Simion, Directeur Marketing audio - vidéo chez Samsung, une offre en Blu-ray UHD (appellation non officielle) existera avant la fin de cette année.

Redray 4K Cinema Player
En attendant, le principal support matériel apte à contenir de l'Ultra HD reste le disque dur. Bien… mais on s'imagine mal acquérir un disque dur à la Fnac à chaque fois qu'on veut acheter un film. Pas plus qu'on ne songerait à venir avec son disque dur vide pour le remplir contre rémunération. Ce support devra donc s'accompagner d'un approvisionnement immatériel : la VoD (Video on Demand). C'est par exemple ce qu'entend proposer RED avec son lecteur Redray 4K Cinema Player, assorti du service Odemax dès le premier trimestre aux USA. L'américain Netflix est lui aussi dans les starting-blocks pour streamer de la 4K chez l'Oncle Sam. Dans nos contrées, Orange aurait déjà annoncé un partenariat avec Samsung pour proposer un service de VoD qui supporte le codec HEVC dès le printemps de cette année, sur du contenu 1080p. Pour le contenu Ultra HD c'est une autre paire de manches. D'après Orange, seuls les réseaux Très Haut Débit pourront supporter la diffusion en 4K. Le service presse du FAI ajoute que le marché des équipements doit préalablement se développer et se démocratiser, avec notamment des téléviseurs accessibles à des prix standards.

Logo du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA)
Et pour ce qui est de la diffusion télé, on retombe sur la même problématique : les infrastructures ne sont pas opérationnelles pour véhiculer de l'Ultra HD dès à présent. Les grandes chaînes précurseurs dans le domaine de la diffusion de programmes en UHD (la BBC au Royaume Uni et la NHK au Japon) ont mené leurs expérimentations via satellite, l'unique moyen avec la fibre (pour l'heure) d'assurer le transport des flux en 2160p. Une capacité qu'un groupe comme Eutelsat Communications revendique effectivement, dès à présent. Mais d'après un récent rapport du CSA sur l'avenir de la plateforme TNT, les flux Ultra HD seront supportés (en multiplex dans un premier temps) au mieux en 2018 !

DVB-T2
Le temps de mettre au point la norme DVB-T2 (la deuxième génération du standard de diffusion de la télévision numérique terrestre) et d'adopter le fameux codec HEVC. Ce dernier sera donc bien le codec de l'Ultra HD. La « transition pourrait avoir lieu au plus tôt en 2020, à condition d'inscrire dans la loi l'obligation d'intégration progressive de ces normes dans les téléviseurs et décodeurs vendus dans le commerce » prévient un rapporteur. En clair, on se prépare à faire évoluer la TNT vers l'Ultra HD, mais avec méfiance (« sous réserve que ce format soit effectivement adopté par le marché »). La plupart des constructeurs contactés se sont montrés plus confiants, en estimant que l'adoption de l'Ultra HD en TNT se fera avant 2018, pourquoi pas en 2016 (pour les Jeux Olympiques de Rio ?). Mais dans l'immédiat, les premiers téléviseurs UHD n'auront que du contenu HD à afficher, via une mise à l'échelle (upscaling)...

En résumé, la Full HD est-elle déjà surannée ?


Si dans l'art, l'Ultra HD constituera à n'en pas douter un évènement bien plus marquant que la 3D, dans la manière de faire on retrouve beaucoup de similitudes : absence de contenu, problèmes techniques à surmonter, prix démesurés… et volonté d'imposer un changement pas forcément voulu par l'utilisateur. Des similitudes, avec des contraintes encore plus importantes : support Blu-ray inadapté tel quel, connectique HDMI 1.4 tout juste suffisante, instauration d'un nouveau codec à généraliser, infrastructures trop légères pour supporter VoD et transmission numérique terrestre… L'acte manqué de la 3D laisse planer une ombre qui a de quoi inviter à la prudence. Les propos de Laurent Abadie, PDG de Panasonic Europe, que rapporte Le Monde sont éloquents : « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs comme on l'a fait avec la 3D et vendre une technologie dont on ne peut pas encore profiter ». Panasonic est d'ailleurs le seul constructeur qui ne sortira aucun téléviseur Ultra HD en 2013. Mais si les fournisseurs de contenus attendent de leur côté que les équipements se démocratisent pour ouvrir les vannes, on risque de voir se produire comme un blocage...

Illustration 4k
La télé sans le contenu, toute l'histoire de la 3D. Espérons que la 4K ne suivra pas le même chemin...

D'ici à ce que tout cela se mette en place correctement, de l'eau pourrait bien couler sous les ponts. Selon Timothée Gourdon, Chef de produits Senior chez TP Vision France (Philips), l'offre de produits ne devrait pas exploser avant fin 2014 / début 2015. Autant dire que tous les coups d'éclat en salon sur l'Ultra HD 8K, la technologie qui remplacera la 4K avec du 7680 x 4320 pixels, sont largement prématurés. Même si les développements attendus pour la 4K serviront pour la 8K (codec HEVC, DVB-T2, etc). L'Ultra HD préfigure bien de ce que seront les téléviseurs de demain, mais en attendant, nos écrans Full HD ont encore de beaux jours devants eux, notamment pour toutes les diagonales en dessous de 55 pouces.

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Article du Mercredi 13 Fevrier 2013 par Aurélien Audy

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