le vendredi 11 mai 2018

Spotify fait du ménage dans les chansons jugées haineuses

Spotify se lance dans un gros nettoyage de printemps. Le géant suédois vient de mettre en place sur sa plateforme de streaming une politique de bonne conduite visant particulièrement les « contenus et comportements haineux ».

Ce ne sont pas seulement les chansons qui sont concernées, mais aussi les artistes dont la conduite générale est jugée haineuse ou incitant à la haine.

Un brusque accès de censure chez Spotify


C'est par R. Kelly que tout a commencé. Le chanteur américain, poursuivi pour abus sexuels depuis de nombreuses années, a semble-t-il été la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Spotify a donc décidé d'exclure l'artiste des playlists sélectionnées par l'équipe éditoriale de l'entreprise et de ne plus les promouvoir dans l'onglet « Découvrir ». Les morceaux du chanteur et son profil sont toujours accessibles par le moteur de recherche. Cette décision survient 10 jours après que le mouvement Time's Up a demandé, avec le hashtag #MuteRKelly, aux collaborateurs et partenaires de l'artiste de « couper les ponts » avec lui.

r. kelly


Pour Spotify, il n'y a pas de place sur la plateforme de streaming pour des contenus ou des comportements qui « encouragent et incitent expressément à la haine ou à la violence contre un groupe ou un individu basé sur des caractéristiques comme la race, la religion, l'identité sexuelle, le sexe, l'origine ethnique, l'orientation, statut d'ancien combattant ou handicap ». Kelly n'est pas le seul à avoir été exclu des playlists de la plateforme : le même sort aurait été subi par le rappeur américain XXXTentacion, condamné pour agression et en attente d'un procès pour agression aggravée sur une femme enceinte.

Un outil de détection et des alliances


La plateforme de streaming dispose d'un outil de détection, le Spotify AudioWatch, qui lui permet de détecter automatiquement les contenus haineux et diffamatoires. Elle propose aussi à ses utilisateurs de signaler tout contenu jugé haineux et incitant à la haine ou à la violence. Pour renforcer cette politique de bonne conduite, Spotify s'est associé avec plusieurs organisations : l'Anti-Defamation League (ADL), Color of Change, Gay & Lesbian Alliance Against Defamation (GLAAD), Muslim Advocates et l'International Network Against Cyber Hate.

Avec sa nouvelle politique de bonne conduite, les artistes seront donc jugés aussi bien sur le contenu de leurs morceaux que sur leurs actions dans la vie privée. Après l'ampleur de l'affaire Weinstein et du mouvement #MeToo, les plateformes de streaming pourraient elles aussi décider de condamner des artistes et des créateurs à la non-diffusion de leurs contenus.

Modifié le 12/05/2018 à 14h07
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