// Toute votre musique dans le cloud : quel service choisir ?
Publié par Jérôme Cartegini le Lundi 7 Janvier 2013
Sommaire
Google Play Musique
Lancé au mois de mai 2011 aux États-Unis, le service de musique Google est enfin disponible depuis le 13 novembre dernier en France par l'intermédiaire de la plateforme Google Play (remplaçante de l'Android Market). Jusqu'à présent, il fallait soit disposer d'une invitation, soit utiliser un VPN et un serveur situé aux États-Unis pour pouvoir y accéder librement. Cela nous avait d'ailleurs permis de faire le tour de ce service il y a un peu plus d'un an, alors qu'aucune offre de ce type n'existait encore en France.Aujourd'hui confronté notamment à trois concurrents de poids, il est intéressant de voir comment Google a fait évoluer son service de musique en ligne, sur lequel il communique très peu. La promesse est toujours la même : chacun peut sauvegarder gratuitement jusqu'à 20 000 titres (sans DRM) de sa propre bibliothèque musicale, en améliorer partiellement la qualité grâce à la fonction de mise en correspondance (« Scan & match ») et intégrer à ce catalogue virtuel les achats effectués sur la boutique Google Play.
Présentation
Depuis un an, les efforts de la firme de Moutain View se sont concentrés sur l'essentiel, à savoir son catalogue de musique. Ce dernier s'est considérablement étoffé grâce à un accord conclu avec le seul major de l'industrie du disque qui lui manquait : Warner Music Group. Son catalogue vient donc compléter ceux d'Emi, Sony Music, et Universal Music Group. Outre de nombreux labels indépendants (K7, Merge Records, Matador…), la firme vient de signer un autre accord stratégique avec Armonia. Ce portail européen de licences musicales regroupe les trois plus grandes sociétés de gestion collective des droits d'auteurs dont la SACEM, et dispose d'un répertoire de 5,5 millions de titres.Pour le reste Google offre toujours la possibilité d'acheter de la musique sur sa boutique en ligne et de transférer sa collection personnelle (jusqu'à 20 000 titres) sur le nuage, qu'elle se trouve sur iTunes, Windows Media Player, ou n'importe quel dossier. Les titres correspondants au catalogue de Google s'ajoutent automatiquement sur votre espace en ligne, sans nécessiter d'upload des fichiers. Du moins officiellement. Parce que dans la pratique, l'opération est tellement longue qu'on se demande bien si on n'est pas en train de tout uploader. Mais Google maintient que le matching se fait bien avant upload (et en guise d'upload si correspondance il y a), nous sommes forcés de le croire.
Les titres qui ne sont pas reconnus sont également transférés, à condition que le format soit pris en charge (MP3, AAC, WMA, OGG et Flac). Notez que les fichiers autres que MP3 sont encodés en MP3 à 320 Kbps par l'utilitaire Music Manager, avant upload.
Mode d'emploi
Pour profiter de Google Play Music, il suffit de posséder ou d'ouvrir un compte Gmail. Une fois identifié, le service est accessible tout simplement via l'onglet « Play » qui apparaît dans la barre de menu de Google aux côtés de Maps, YouTube, Drive, etc. Lorsque vous cliquez dessus, un message vous invite à utiliser le service. Si vous n'aviez pas activé votre compte auparavant par un moyen détourné que nous avons décrit plus haut, vous êtes dorénavant obligés d'enregistrer une carte bancaire… Google précise que celle-ci ne sera pas débitée, sauf évidemment si vous effectuez des achats dans sa boutique.Ensuite, il ne vous reste plus qu'à télécharger l'utilitaire Music Manager pour importer votre musique personnelle. Il est possible de sélectionner votre bibliothèque iTunes, Windows Media Player, ou le dossier de votre choix. Attention, le téléchargement peut durer très longtemps. Il nous a fallu 13 jours pour sauvegarder 4 540 des 5 647 morceaux de notre bibliothèque, à vitesse rapide (1 024 Kbps). Pour définir la vitesse de transfert, rendez-vous dans le menu « Avancés » de Music Manager. Elle peut varier de 128 Kbps à 1 024 Kbps, jusqu'au maximum de la bande passante.
Contrairement à Amazon Cloud Player et iTunes Match, le service permet d'importer ses listes de lecture iTunes et WMP, à condition toutefois de le spécifier. Vous pouvez également définir que chaque modification réalisée en local apparaisse ensuite automatiquement dans les playlists dupliquées sur Google Play Musique. Ce n'est pas vrai pour l'inverse, les modifications en ligne ne sont pas répercutées en local. Les notes ne sont pas prises en compte, car Google utilise son propre système de notation.
Notez que le service ne prend pas en charge les formats ALAC (Apple Lossless), WAV, et AIFF.
Toute la musique téléchargée sur Google Play Musique peut être récupérée en local. Le système se révèle beaucoup plus pratique que celui d'Amazon, car il est possible de récupérer toute sa bibliothèque en une seule fois à l'aide de Music Manager : cliquer sur « Télécharger » et indiquer un dossier pour récupérer la musique sur votre ordinateur.
Si la correspondance se fait avec le catalogue de Google (en 320 Kbps) on imagine qu'on récupère forcément du 320 Kbps ? Eh bien pas toujours. Le fonctionnement apparaît assez aléatoire de ce côté-là, et les explications de Google opaques. Il semblerait que Google établisse une correspondance avec une qualité d'encodage qui dépende de la source qu'on envoie. Sur un test mené avec l'album Dangerous de Michael Jackson (proposé à l'achat dans le catalogue de Google en 320 Kbps), lorsque nous avons envoyé du MP3 à 128 Kbps 44,1 KHz, nous avons récupéré du MP3 160 Kbps à 22 KHz ! En chargeant du MP3 256 Kbps, nous récupérions du MP3 320 Kbps, parfois 288 Kbps (bien à 44,1 KHz là). En chargeant du 192 Kbps, Google nous proposait au téléchargement du 256 Kbps. Bref, s'il y a moins d'améliorer légèrement la qualité de sa collection musicale personnelle, il ne faut pas espérer pour autant blanchir de vieux 128 Kbps en des 320 Kbps flambants neufs.

A gauche, les propriétés du fichier crée par nos soins (MP3 192 Kbps), à droite celles du fichier téléchargé depuis Google Play Musique après correspondance (MP3 256 Kbps)
Interface et ergonomie
Dans l'ensemble, l'intégration du service à la plateforme Google Play a été bénéfique. Les couleurs sont moins criardes que sur la version beta et l'accès aux différentes fonctions de la partie « Ma musique » est devenu plus intuitif, grâce notamment à l'agrandissement des menus, des titres, et des pochettes d'albums. Une fois identifié avec un compte Google, il faut cliquer sur « Play/Musique/Ma musique » pour se rendre sur sa bibliothèque en ligne.Parmi les fonctionnalités intéressantes, on trouve la possibilité de créer des playlists très facilement. Il suffit par exemple de sélectionner un ou plusieurs titres tout en maintenant enfoncée la touche « Control » de son clavier, puis de cliquer sur la petite flèche à côté d'un de ces titres pour les ajouter à une playlist existante ou en créer une nouvelle. Vous pouvez également glisser les morceaux sélectionnés directement dans une liste de lecture sur la droite de l'écran.
Le système de notation qui manque cruellement à Amazon est ici assez basique puisqu'il se résume à une note symbolisée par un pouce levé ou baissé. L'empereur Néron aurait apprécié… La souplesse d'utilisation de l'interface Web de Google est assez impressionnante comparativement à celle d'Amazon. Un critère que l'on ne peut pas jauger avec les services d'Apple et Microsoft, utilisant tous deux des logiciels (iTunes et Zune).
Avec le mode d'affichage par « Titres », il est possible de générer des listes de lecture automatiques à partir d'un morceau. Comme la plupart des fonctionnalités, il suffit de survoler un titre, cliquer sur la petite flèche qui apparaît puis sur « Lire le Mix instantané ». Les résultats se révèlent très pertinents, comme dans notre exemple ci-dessous avec un titre des Rolling Stones.
Le système de partage sur Google+ n'a pas évolué, et permet uniquement de faire écouter un court extrait à ses proches. A noter enfin qu'il est possible de télécharger de la musique à partir de sa bibliothèque en ligne, y compris les titres achetés sur la boutique. Mais attention, vous ne pouvez télécharger que deux fois le même titre depuis le Web. Ensuite, il faut passer à nouveau par l'utilitaire Music Manager. Vous pouvez sélectionner autant de titres que vous souhaitez à la fois, et cliquer sur le bouton « Télécharger » en haut à droite.
Accès mobile
Google Play Musique est disponible sur n'importe quelles plateformes mobiles dont iOS, BlackBerry OS, etc. via une Web app. Sans surprise, seuls les terminaux Android (2.2 et plus récents) bénéficient d'une application dédiée baptisée « Play Musique ». Celle-ci offre un plus grand confort d'utilisation que les Web app, et de nombreuses fonctionnalités. Il est possible notamment d'acheter un album sur un smartphone et de le retrouver aussitôt via le client Web, et inversement. Le gros avantage réside dans le fait que votre bibliothèque n'occupe aucun espace sur vos périphériques.Google Play Music via une Web app (ici sur iPhone) se limite à la lecture de votre musique stockée sur le nuage.
Sous Android, il est possible de télécharger des titres stockés sur Google Play et pouvoir ainsi les lire en mode hors connexion. Particulièrement intuitive, l'application dispose quasiment de toutes les fonctionnalités du client Web. Sans oublier l'accès en 3G qui constitue l'un des principaux points forts du service, avec débit de streaming adaptatif, en fonction de la qualité de la connexion.
La version mobile offre également un accès à la boutique Play Store et la possibilité d'écouter des extraits avant d'acheter. Vous pouvez également partager vos trouvailles sur Google+.
| Google Play Musique | |
| Catalogue | NC |
| Espace de stockage | 20 000 morceaux |
| Lecture en streaming du catalogue | Non |
| Récupération des titres depuis le nuage | Deux fois par titre via le client Web. Illimité via le client PC |
| Version d'essai | Non |
| Accès Web | Oui |
| Applications mobiles | iOS |
| Téléchargement de morceaux non correspondant au catalogue | Oui (encodage en local via Music Manager au format MP3 320 Kbps) |
| Lecteur local | Non |
| Compatibilité | Android (2.2 et ultérieur) |
| Qualité d'encodage | 320 Kbps – MP3 |
| Limite de taille par titre | 250 Mo |
| Nombre d'appareils supportés | 10 appareils Android et tout ordinateur |
| Formats reconnus | MP3, AAC, WMA (sur Windows), FLAC, et OGG |
| Prix | Gratuit |

















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