le mercredi 07 février 2018

Inquiète pour la concurrence, Bruxelles examine le rachat de Shazam par Apple

A la demande de plusieurs Etats membres de l'UE dont la France, la Commission européenne va examiner le projet d'acquisition de l'application de reconnaissance musicale annoncé en décembre par Apple. L'Europe estime que l'opération « risque de nuire à la concurrence » dans le secteur du streaming musical.

Deux fois plus petit que celui de Spotify, le portefeuille d'abonnés à Apple Music pourrait grossir très vite avec Shazam, qui pourrait déréférencer les plateformes concurrentes.

Une opération initialement sous les radars de Bruxelles


Très attentive aux pratiques d'optimisation fiscale des géants américains de la Tech, la Commission européenne vient de décider de mettre le nez dans l'une des grosses opérations de ce début d'année : le rachat en cours par Apple de Shazam. Annoncée en décembre, l'acquisition ferait peser, du point de vue de Bruxelles, un risque significatif sur le plan de la concurrence.

Initialement, la transaction, plutôt modeste (400 millions de dollars), ne requérait pas d'examen particulier de l'exécutif européen. Mais alors que le streaming vient de doubler les ventes physiques de disques, elle inquiète plusieurs Etats membres : l'Autriche, l'Espagne, l'Italie, la France, l'Islande, la Norvège et bien sûr la Suède, pays d'origine du grand rival d'Apple Music, Spotify.

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La crainte du déréférencement


Numéro 1 mondial du streaming musical, Spotify, 60 millions d'utilisateurs, mais aussi d'autres acteurs européens comme le Français Deezer, craignent les conséquences que pourraient avoir l'intégration de Shazam à l'écosystème d'Apple. L'appli de reconnaissance musicale renvoie aujourd'hui indifféremment vers plusieurs plateformes de streaming. Ces dernières craignent d'être déréférencées par Apple.

Ca ne serait pas rien pour elle : Shazam, qui revendique un milliard d'utilisateurs, renvoie chaque jour un million de clics par jour vers Spotify et Apple Music, avec un taux d'achat en 2013 de près de 10 %. Bruxelles n'a pour l'heure livré aucun détail sur les motifs qui poussent ce premier examen de l'opération de rachat, mais il semble bien que ce soit là le coeur du sujet. La Commission européenne va dans les jours qui viennent demander à Apple de lui notifier l'opération, après quoi Apple devra demander à la Commission de se prononcer officiellement sur son acquisition. Celle-ci sera soit autorisée, avec ou non des conditions, soit une enquête sera ouverte.

Modifié le 14/02/2018 à 17h00
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