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En France, le numérique tarde à s'imposer en levier de la musique enregistrée

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Le marché de la musique enregistrée a fléchi de 4,4% en France en 2012, soit une dixième année baissière consécutive. Le marché est plombé par le physique, tandis que le numérique, malgré ses promesses, est encore bien loin de compenser les pertes.

Musique numérique
Pour la dixième année consécutive, le marché de la musique enregistrée a décliné en France. Une baisse de 4,4%, plombée par les résultats en berne du marché physique, relève le Snep (Syndicat national de l'édition phonographique) dans l'édition 2013 de son rapport sur l'économie de la production musicale.

Dans sa globalité, le marché se portait à 589,7 millions d'euros en 2012, contre 617,2 millions un an plus tôt. L'activité du segment souffre donc davantage que le marché mondial, qui a symboliquement inversé la tendance, avec une « croissance » annuelle de 0,2%.

En seulement cinq ans, le marché a perdu près d'un tiers de sa valeur. Le regain de croissance tant attendu, poussé par le numérique, tarde bien à se concrétiser. Pourtant, la progression des revenus générés par ce dernier s'élève à 13% en un an, à 125 millions d'euros. Rappelons qu'en 2007, les ventes dépassaient tout juste les 50 millions d'euros.

Le Snep veut toutefois voir dans le numérique l'avenir de la musique enregistrée. Difficile de ne pas s'y accrocher, puisqu'il représente à ce jour le seul relais de croissance du secteur, franchissant le cap du quart des ventes de musique enregistrée.

Snep : revenus de la musique enregistrée 2011-2012

Le numérique ne compense que 43% des pertes du physique

Dans le détail, le marché physique poursuit son déclin progressif, de 11,9% en 2012. les ventes d'albums, qui représentent à eux seuls plus de 60% des revenus du marché de la musique enregistrée, subissent une baisse des ventes de 10,5%, à 340,6 millions d'euros. Sur les autres supports physiques, c'est un véritable effondrement. Les ventes de singles ont ainsi chuté de 44% en un an tandis que le DVD affiche des revenus en baisse de 26%.

Ces résultats en berne ne sont donc pas compensés par les ventes de contenus immatériels. Les pertes du physique n'ont été comblées qu'à hauteur de 43%, précise le Snep. Si les téléchargements d'albums sur internet ont en effet progressé de 15,2% en 2012, le gain en valeur dépasse tout juste les 4 millions d'euros. Loin, très loin des 40 millions d'euros perdus sur les ventes d'albums physiques. La hausse globale des téléchargements de musique en ligne s'élève au total à 11,8% à un peu plus de 63 millions d'euros. Aujourd'hui, 15% des albums vendus en France sont téléchargés, contre 99% des titres musicaux.

La hausse des ventes s'avère en revanche beaucoup plus franche sur le streaming et les abonnements, de 31,8% sur un an, à près de 52,4 millions d'euros (39,8 millions en 2011). Le streaming représente désormais 42% du marché de la musique numérique, un résultat bien supérieur aux marchés britanniques (17%), américains (15%) ou allemands (11%). La Suède, terre de naissance du géant Spotify, fait figure d'exception, avec 90% des revenus du numériques directement issus du streaming.

Les droits voisins, qui visent à rémunérer les auteurs pour compenser la possibilité offerte aux particuliers de s'affranchir des droits d'auteurs pour leur usage privé, sont eux aussi en augmentation, de 7,5% en un an. En 2012, plus de 100 millions d'euros ont ainsi été collectés, contre 92 millions en 2011.

Le Snep en appelle d'ailleurs à la responsabilité des pouvoirs publics, Pour qu'ils veillent « à ce que les fondements de cet écosystème numérique permettent la juste rémunération non seulement des créateurs mais aussi de toutes celles et ceux qui travaillent dans la filière ». Le Snep fait ici clairement référence aux conclusions du rapport Lescure. En appelant à tirer « le bon grain » du texte, le syndicat fait sans doute ici référence à la refonte du système de référencement pour copie privée, tel que préconisé par le rapport.

Musique enregistrée : détail des ventes

« Il faut renforcer la copie privée », dit la Sacem

Une mesure également fermement soutenue par Jean-Noël Tronc, le directeur général de la Sacem. « Le numérique représente 14% des droits collectés par la Sacem. Les vrais bénéficiaires de la copie privée, ce sont les constructeurs, qui font leurs marges sur la vente de leurs produits. Il faut renforcer la copie privée », a-t-il indiqué mercredi lors d'une conférence de presse. Si l'argument est exactement l'inverse de celui avancé par les industriels démissionnaires de la Commission pour la copie privée, le rapport Lescure se dit favorable à la taxation de tous les appareils connectés, smartphones et tablettes compris.

Reste la question des moyens mis en place pour lutter contre le piratage. Là encore, le Snep se place dans la droite lignée de la mission Lescure, appelant au maintien de la riposte graduée, « un mécanisme pédagogique qui a prouvé sa pertinence », qui « doit être préservée afin que persiste un cadre juridique protecteur de la propriété intellectuelle sur internet ».

Rappelons que le rapport préconise ce maintien, tout en se positionnant pour le remplacement de la suppression de la connexion internet par un mécanisme plus léger de sanctions administratives, à travers des amendes de 60 euros pour les contrevenants.

Un recours au juge administratif qui ne recueillerait cependant pas les faveurs d'Aurélie Filippetti, d'après les propos tenus mercredi à l'Assemblée Nationale. La ministre de la culture estime en effet qu'un tel recours serait trop automatique et préconise plutôt le recours au juge judiciaire.

Jean-Noël Tronc se montre également en phase avec les recommandations de l'ancien PDG de Canal +. « Il fallait au plus vite supprimer du dispositif la coupure internet, qui est une aberration », confirme-t-il. « Le mécanisme des amendes est plus léger et plus efficace ». La coupure internet devrait quant à elle être supprimée dans les tous prochains jours par l'exécutif, via un décret.

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