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// La fin du monde en application(s)

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Publié par Ludovic Loth le Dimanche 16 Décembre 2012

20 h 10 :


Mes meilleurs amis et moi-même nous sommes donnés rendez-vous demain… si tout va bien. Chacun avait pris un billet d'avion pour la destination de ses rêves ; comme un dernier voyage initiatique, un rite de passage en solitaire. Afin de savoir si, comme moi, l'un d'entre eux ne serait pas revenu et plutôt que d'emprunter le réseau téléphonique certainement saturé (je suis chez Free) en cette veille de fin du monde présumée, je lance Google Maps. Tous connecté via le service Latitude, j'observe la position de chacun : l'un est à Bali, l'autre à Pékin, pas mal ! Les deux autres sont, quant à eux, du côté de Dijon et de Bruxelles je m'interroge. Encore, Bruxelles, il y a le chocolat, les frites, la vraie et bonne bière ainsi que la bienveillance belge. Mais Dijon ? À part la moutarde ?

SpeedFlirt Android
Je tente de passer un coup de fil afin d'en savoir plus et de peut-être se retrouver avant l'heure dite… Quatre essais plus tard, j'attrape ma tablette et lance un Skype. Steeve B. est connecté, me répond de son téléphone et m'apprend qu'il est justement sur le départ pour me rejoindre. Au passage, il me lance un : « pense aux filles hein ? ».

Il ne faudrait pas se laisser abattre, je suis bien d'accord avec ce point, mais comment faire vite et bien ? Je fais une recherche rapide via Google Search et tombe face à une longue liste d'applications permettant de faire des rencontres rapidement et à priori sans détour. Je choisis SpeedFlirt juste parce que le nom me plait, passe la phase d'inscription et me trouve étonné devant la qualité de l'application… ce n'est pas ou plus ce qui compte. Je passe les photos les unes après les autres : Marie, Amandine, Lula, Betty, Marta… je tente ma chance, demande des « flirts ». C'est la surnommée Lula qui répond la première, elle peut venir avec des amies ; je ne demande pas de précisions, je vérifie son adresse pour les envoyer chercher par Steeve sur son trajet. C'est tellement simple, je n'y crois pas, je recommence à aimer cette ambiance de fin du monde ! Je lance un « Yeaaah ! » dans mon appartement, ça résonne.

21 h 03 :


Pizza Hut iOS
Je check les réserves de boissons dans le bar ; de ce côté-là, tout va bien. Côté nourriture c'est toujours le vide. Je me décide enfin à sortir de l'appartement. Les couloirs de mon immeuble sont vides ce qui me glace le sang ; rentré de bonne heure ce matin, cela ne m'avait pas paru aussi glauque et dénué de vie. Je sors le nez dehors et me rend compte en un souffle qu'il règne une température réellement glaciale.

Ni magasin ni restaurant d'ouverts à l'horizon, je ne fais ni une ni deux, je remonte à l'appartement et commande 5 pizzas (en cas de coup dur) via l'app Pizza Hut. Celle-ci fonctionne bien, certes, mais elle ne me dit pas si le restaurant le plus près de chez moi est vraiment en état de fonctionner ni si ses livreurs sont en état de livrer. Ce n'est pas un pari bien risqué à prendre ; on verra.


22 h 00 :


TheEndApp Android
H-2 avant minuit, je tourne inlassablement en rond dans l'appartement et, bien sûr, pas de livreur à la porte, c'est une évidence. Je me sers un verre et décide de me faire une petite session jeux en attendant l'arrivée de mon comparse (et de notre charmante compagnie), après tout, ça ne mange pas de pain !

Histoire de rester dans l'ambiance je me lance sur TheEndApp un jeu où l'action se déroule dans un monde post-apocalyptique (évidemment) et dont le gameplay ressemble peu ou prou à Temple Run : il s'agit de courir encore, toujours, de sauter, de glisser, de tourner au bon moment. Là où le jeu introduit une particularité, c'est qu'il prend en compte l'inclinaison du smartphone afin de permettre au joueur d'éviter des lacs de feu ou d'attraper des rouleaux de scotch (devenus la monnaie d'échange dans ce monde). J'aurais joué 10 min, je ne suis pas assez habile, je passe à autre chose.


22 h 15 :


Please Stay Calm
J'enchaine avec Please Stay Calm un MMORPG… post-apocalyptique bien sûr, mais en mode « infesté de zombies » cette fois.

Je fouine, je collecte des items, les vends, m'équipe, casse du zombie à la gare Jean Macé, à la pizzéria du coin (et hop le cuistot) ; le jeu est géolocalisé et prend donc place dans les lieux qui m'entourent, « Marrant ! » me dis-je. Je me prends au jeu… me paie un club de golf, ça envoie du lourd et les zombies tombent vite. Je me bats avec quelques survivants, d'autres joueurs en ligne donc, 1 victoire, 2 victoires… c'est fou de réussir à jouer alors que le monde se trouve peut-être près de l'explosion.


23h06 :


Prêt à jeter mon téléphone dans un coin, je m'inquiète un peu pour mes futurs convives, j'essaie de téléphoner, ça ne passe pas. Je me décide donc à me bouger un peu : je mets de la musique, regrette de ne pas avoir un plus gros système de son et commence le rangement express. Passe un coup de fil, toujours rien. Je passe sous la douche pour la deuxième fois en quelques heures, coups de fil (et un et deux et trois…) ; zéro réponse, je commence à angoisser d'être seul à minuit comme pour un jour de l'an… sauf que ce serait le dernier. Je pousse les meubles, fais de la place ; ça me réveille et me fait du bien de bouger. Bougies par ici, lumières par-là, je prépare comme je peux quand je sens vibrer mon téléphone. C'est un MMS de Steeve, j'aperçois la petite photo passée à l'Instagram (il n'a que ça à faire ? vraiment ?) : il est en ville, c'est une bonne nouvelle, et n'est pas seul, je compte trois jolies demoiselles, rien que ça, avec lui.

23 h 37 :


Posé sur un accoudoir du canapé dans un coin du salon, je scrute la rue, j'observe les gens, les lumières et surtout j'attends l'arrivée de ceux avec qui je risque de passer mes derniers moments. Je bouillonne littéralement, sentiment exacerbé alors que mon smartphone diffuse, via la Freebox, du Bio-tonic à m'en faire saigner le cerveau. À cet instant même, la porte s'ouvre.

« Yeaaah ! », cette fois je peux le dire. S'il ne reste que 23 min, autant en profiter, s'il ne reste qu'une nuit, autant en profiter, si ce n'est pas la fin… autant en profiter. Quoiqu'il arrive c'est le début d'un grand moment.


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