le dimanche 30 avril 2017

Une larve de papillon pourrait éliminer le plastique des océans

Jusque-là classée comme nuisible à cause de son goût trop prononcé pour le miel et la cire des abeilles, la larve d'un papillon très répandu, le Galleria mellonella, pourrait révolutionner l'industrie du traitement des déchets et offrir une solution au problème de la pollution des océans.

Une équipe de chercheurs espagnols vient de découvrir que ce petit ver était capable de dévorer le polyéthylène, l'un des plastiques les plus utilisés dans l'industrie.

Une vitesse de biodégradation exceptionnelle


Être un ravageur ne contribue pas souvent à vous faire des amis. Et pourtant, l'équipe de Federica Bertocchini de l'Institut de biomédecine et de biotechnologie de Cantabrie, en Espagne place de grands espoirs dans le ver de cire. En partenariat avec une équipe britannique de l'université de Cambridge, elle a mené une expérience au cours de laquelle cent vers ont été enfermés dans un sac plastique standard de supermarché. Dans la vidéo ci-dessous, vous découvrez les larves à l'œuvre en vitesse accélérée.



Les résultats sont stupéfiants : en quarante minutes, des trous commencent à apparaître dans le sac. Douze heures plus tard, la masse du sac a fondu de 92 milligrammes. Une vitesse de biodégradation jusque là encore jamais atteinte par les bactéries employées pour dégrader d'autres types de plastiques.

ver


Une découverte due au hasard


Comme souvent dans les découvertes scientifiques, la capacité hors normes du ver de cire à dévorer le polyéthylène a été découverte par hasard par Federica Bertocchini. C'est en nettoyant l'une de ses propres ruches infestée par des vers de cire qu'ils lui ont révélé leur talent caché. La jeune chercheuse les avait rassemblés dans un sac plastique noué, le temps de nettoyer la ruche. Mais quelques heures plus tard, les vers s'étaient échappés en dévorant le sac...

Le goût du ver de cire pour le polyéthylène pourrait être rapidement mis à profit pour éliminer les déchets plastiques accumulés dans nos décharges et dans les océans. Pas mal pour un petit ver qui était surtout réputé parmi les pêcheurs pour faire d'excellents appâts vivants !


Modifié le 28/04/2017 à 17h47
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