Test du Honor 8 : faut-il payer plus de 400 euros pour un smartphone Android ?

Photo : deux capteurs sinon rien


Honor reprend la formule à double capteur inaugurée par le P9 : un monochrome et un couleur, les deux utilisant chacun 12 mégapixels. On retrouve la même focale de 27 mm, la même ouverture de F2,2, le même autofocus hybride combinant laser (mise au point courte distance), évaluation de la profondeur (longue distance) et détection de contraste. Le Honor 8 profite également du Dual ISP, processeur chargé d'assembler les vues des deux capteurs pour n'en faire qu'une, meilleure. La taille des photosites - 1,25 µ - et donc des capteurs, n'évolue pas, pas plus que l'interface photo.

Un copier/coller ? Pas exactement. Le P9 dispose d'optiques « signées Leica Summarit », pas le Honor 8. Et surtout, le capteur monochrome (celui le plus éloigné du flash) n'est pas exploité pour prendre des photos noir et blanc sans filtre, comme sur le P9. Quand on fait du monochrome ici, c'est le capteur RVB qui est utilisé, après quoi le smartphone applique son filtre noir et blanc. Il suffit de mettre son doigt devant le capteur monochrome pour s'en rendre compte. C'est évidemment fort dommage, le capteur noir et blanc du P9 étant l'innovation majeure de la part de Huawei en matière de photo. Et pas de RAW ici non plus.

A quoi sert le duo alors ? A apporter plus de lumière aux images, à réduire le bruit de luminance, à calculer la distance de mise au point et à appliquer l'effet de faible profondeur de champ.

Honor8 simple capteur full
Honor8 double capteur full

A gauche, la photo prise avec un seul capteur, à droite, la même vue avec les deux capteurs.
Honor8 simple capteur
Honor8 double capteur

Ici, les extraits à 100% correspondants

Tout n'est donc pas vain, même si l'absence d'un vrai noir et blanc en peinera plus d'un. En dépit d'une esbroufe qui peut faire sourire (Creative aurait un nouveau concurrent ?), Huawei commence à tenir quelque chose d'intéressant. Le mode singeant une faible profondeur de champ fonctionne pas trop mal, l'autofocus se montre assez rapide (du moins en plein jour) et la qualité des clichés se révèle tout à fait bonne. Le bénéfice du tandem de capteur se constate : sur une scène contrastée en plein jour, l'appareil va restituer plus de matière, capter davantage de lumière, délivrer plus de détails et de grain à l'image, par rapport à la même image prise en masquant le capteur monochrome. Les zones sombres sont moins lissées, c'est mieux !

Si les photos prises en plein jour affichent un bon piqué et niveau de détails (l'optique se révèle, au passage, bien homogène), de nuit, le Honor 8 s'en sort également bien. Un lissage notable apparaît autour des 640 voire 1000 ISO, mais le rendu demeure très propre. Y compris sur une vue nocturne à 3 200 ISO, le maximum géré par le capteur. Certes, dans ce cas, la netteté n'est plus vraiment au rendez-vous, mais pour un visionnage à l'écran, c'est ce qu'il faut.

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Honor8 50ISO
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Honor8 640ISO
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Honor8 extrait2 50ISO
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Honor8 extrait2 640ISO
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Honor8 extrait1 50ISO
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Honor8 extrait1 640ISO
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Honor8 1000ISO coucher soleil
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Honor8 1000ISO coucher soleil extrait
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Honor8 3200ISO nuit
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Honor8 3200ISO nuit extrait

Les différents modes de prise de vue sont pour certains plutôt novateurs, comme le « Cliché nocturne » ou le « Light Painting ». Tous deux consistent à exécuter une pose longue, et donc nécessitent l'usage d'un trépied. Mais les résultats sont convaincants et simples à produire, une aptitude rarissime sur un smartphone. Le reste est plus conventionnel (mais bien exécuté) : HDR, panoramique à la volée, embellissement, mode photo et vidéo Pro (débrayables), etc. Le seul hic finalement, c'est la latence au déclenchement, comprise en 0,15 et 0,20 s. C'est gênant pour capturer des instants brefs pile au bon moment.

Honor 8 lightpainting

La fonction Light Painting est vraiment super sympa : avec ou sans flash, durée infinie, affichage en temps réel, etc.

Le capteur frontal de 8 mégapixels donne également de bons résultats : il faudra juste veiller à doser l'effet embellissement avec parcimonie si vous ne voulez pas ressembler à un personnage de manga. Et dommage que la HDR ne soit plus au menu, ou même gérée nativement comme sur certains téléphones haut de gamme (iPhone, Galaxy S7, etc.).

Honor 8 couche photo
Honor 8 couche photo
Honor 8 selfie

Côté vidéo, le Honor 8 se contente d'un flux Full HD (H.264 @ 17,2 Mbps en 30 images par seconde). Néanmoins, la capture est propre, l'autofocus suit bien les variations de plan, la capture audio donne satisfaction (stéréo, en AAC @ 192 Kbps et 48 KHz) et surtout, la stabilisation électronique se révèle particulièrement efficace.

Modifié le 07/12/2016 à 16h41
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