Intel Core i7 6700K : test de Skylake, nouvelle bombe ?

C'est l'été, le soleil donne sur le sable chaud, les vagues ondulent à l'horizon, et Intel lance en pleine torpeur estivale Skylake sa toute nouvelle micro-architecture de processeurs. Un lancement loin d'être anodin pour le fondeur puisque les processeurs Skylake incarnent la sixième génération de processeurs Core.

Sixième... déjà ? Eh oui ! Et là vous vous dites logiquement : « Mais où est donc passée la cinquième génération ? ». Elle existe bel et bien avec les Core M et dans une moindre mesure quelques processeurs Core i5/Core i7 lancés pendant le mois de juin à l'occasion du Computex et basés sur l'architecture Broadwell.

Le fameux modèle « tick tock » d'Intel semble donc avoir été battu en brèche par la finesse de gravure en 14 nm où les Core de cinquième génération pour PC de bureau sont arrivés tellement tardivement que moins de deux mois après leur lancement, ils sont déjà remplacés par les modèles Skylake. Mais dans toute chose malheur est bon, et l'arrivée des Core de sixième génération est peut-être un bien ?

Intel en est en tout cas convaincu et présente Skylake comme un véritable renouveau de l'industrie. Dans sa communication, le fondeur de Santa Clara annonce 30% de gain de performances face à un PC d'il y a trois ans, 20% par rapport à un PC d'il y a deux ans et encore 10% face à un PC d'il y a un an... On imagine donc un Core de quatrième génération en architecture Haswell. Avec une nouvelle plate-forme, une finesse de gravure en 14 nm, et l'utilisation de mémoire DDR4, Skylake promet également de réintroduire de la souplesse dans l'overclocking.

Pour ce test quelque peu particulier, Intel procède par vagues. Ainsi nous vous proposons aujourd'hui une performance preview. La marque n'a pas jugé opportun de communiquer sur l'architecture pour le moment, préférant lancer les Core i7 6700K et Core i5 6000K à l'occasion de la Gamescom. C'est un peu plus tard dans le mois d'août, autour de l'IDF (son forum annuel dédié aux développeurs), qu'Intel partagera les détails sur l'architecture Skylake. Et à la rentrée, la marque lancera le reste de la gamme Skylake. En attendant donc, nous vous proposons un tour d'horizon de la plate-forme avec un regard complet et détaillé du côté de ses performances.

Skylake s'affiche-t-il comme la plate-forme de choix pour Windows 10, dont la sortie coïncide avec celle de Skylake ?

Intel Core i7 6700K

Nouveau flambeau de la famille des processeurs Core, le Core i7 6700K est un processeur gravé en 14 nm. C'est la seconde vague de processeurs à utiliser cette finesse de gravure et tandis que les processeurs Broadwell pour bureau gravés en 14 nm se sont fait très discrets, Skylake et le Core i7 6700K profitent d'une nouvelle micro-architecture. C'est dans le langage d'Intel un « Tock ».

Quadri-cœurs, avec prise en charge de l'HyperThreading, le Core i7 6700K affiche une fréquence de fonctionnement de 4 GHz. Ce n'est pas le premier processeur Intel à mouliner à 4 GHz puisque le Core i7 4790K lancé il y a un an avec Devil's Canyon turbinait déjà à 4 GHz. Et du reste ici le Turbo est réduit : Intel annonce 4,2 GHz en fréquence maximale contre 4,4 GHz pour le Core i7 4790K.

La mémoire cache culmine à 8 Mo, comme sur les Core i7 Haswell, et en ce qui concerne la mémoire, la nouveauté est à chercher du côté du contrôleur embarqué. Après avoir ouvert la voie à la DDR4 sur ses plates-formes de l'extrême, avec les cartes mères en X99, Intel la démocratise enfin dans la machine de monsieur Tout-le-monde avec Skylake. Le Core i7 6700K dispose donc d'un contrôleur mémoire double canal DDR4 supportant la fréquence de 2 133 MHz (naturellement le contrôleur peut opérer à des fréquences supérieures, mais c'est bien les 2 133 MHz qui sont supportés officiellement par Intel). Intel continue de prendre en charge la DDR3, et la DDR3L en 1,35 V : des fabricants proposeront en effet des cartes mères avec socket LGA-1151 et prise en charge DDR3. La partie PCI-Express ne change pas avec toujours un contrôleur PCI-Express 3.0 gérant 16 lignes pour la carte graphique.

Avec un TDP de 91 Watts, le Core i7 6700K affiche sur le papier une enveloppe thermique supérieure à ses prédécesseurs. Le Core i7 4790K est annoncé pour mémoire à 88 Watts quand le Core i7 4770K est listé à 84 Watts.

Côté graphique, le Core i7 6700K renferme bien un circuit graphique cette fois-ci baptisé Intel HD Graphics 530. Il n'est pas question d'Iris Pro comme sur les puces Broadwell, et Skylake perd donc la mémoire eDRAM embarquée et notamment dédiée au graphique. Notamment, car les 128 Mo de eDRAM de Broadwell agissent comme un cache L4 disponible pour toutes les applications. Naturellement, s'il n'y a pas d'eDRAM dans Skylake au lancement, ce choix ne concerne que les modèles K comme le Core i7 6700K qui nous intéresse aujourd'hui. Notez que le HD Graphics 530 est déjà compatible DirectX 12, comme du reste un certain nombre de solutions graphiques Intel qui n'attendent qu'une mise à jour de pilote pour prendre en charge DirectX 12.

Précisons qu'Intel commercialise la version boîte de son Core i7 6700K sans ventirad : à vous d'acheter un ventirad tiers ou l'un des ventirads de référence Intel vendus séparément : le TS13X (système watercooling) ou le TS15A.

L'overclocking débridé

Skylake est l'occasion pour Intel de finalement faire machine arrière par rapport à ce qui se pratique depuis le bien-aimé Sandy-Bridge en termes d'overclocking. Ne vous emballez toutefois pas, les processeurs K sont toujours d'actualité. Alors qu'avec Sandy Bridge et Ivy Bridge, il était devenu impossible d'overclocker la fréquence de base du processeur, Intel avait commencé à lever cette limitation avec les processeurs Haswell. Mais il fallait opter pour des ratios parfois un rien alambiqués pour overclocker son processeur.

Skylake est l'occasion de dire adieu à ces ratios. Les processeurs « K » sont toujours totalement débloqués pour leur coefficient multiplicateur. Leur fréquence de base, la base clock est totalement contrôlable, sans passer par des ratios, et par incrément de 1 MHz. Une délivrance qui devrait ravir les amateurs d'overclocking !

Socket LGA-1151 : encore un nouveau socket

Intel poursuit une triste habitude avec Skylake : l'introduction d'un nouveau socket. Alors que le socket LGA-1150 accueille les processeurs Core de quatrième et cinquième génération, la sixième génération s'offre un socket LGA-1151.

À défaut de nous prononcer sur l'impérieux technologique ayant présidé à la conception d'un énième nouveau socket, celui-ci implique qu'il vous faudra changer de carte mère si vous voulez migrer vers Skylake. Dommage. Précisons toutefois que l'IVR, c'est-à-dire les composants de régulation du voltage, précédemment intégrés aux processeurs Intel, font leur sortie avec Skylake. Ils retournent sur la carte mère, ce qui peut en partie expliquer ce nouveau changement de socket.

Notez que les détrompeurs tant sur le socket LGA-1151 que sur le processeur changent de place : ils sont situés un peu plus haut que sur les modèles LGA-1150.

Un nouveau chipset : le Z170

Comme Intel aime bien changer les appellations et numérotations, le fondeur inaugure pour sa nouvelle plate-forme un nouveau chipset baptisé Z170. Succédant au Z97, il en reprend la plupart des atours, et plus encore.

Connecté au processeur par un lien DMI 3.0, le chipset dispose, et c'est nouveau, d'un contrôleur PCI-Express 3.0 offrant 20 lignes disponibles ! Rappelons que le Z97, connecté en DMI 2.0, devait se contenter de 8 petites lignes PCI-Express 2.0. Ici il y a donc un vrai gain en termes de connectivité via le Z170, gain qui se traduira par des options plus nombreuses en termes de stockage et d'extension sur les cartes mères. En effet, ces lignes PCI-Express ne peuvent être mises à profit pour le graphique. On reste donc sur un SLI ou CrossFire à deux cartes en 8x par carte ou une configuration 3-Way SLI, CrossFireX avec la première carte graphique en 8x et les deux suivantes en 4x.

Le DMI 3.0 porte quant à lui le débit entre processeur et PCH à 8 GT/s et se repose sur le PCI-Express de troisième génération plutôt que le PCI-Express Gen2 qui avait cours jusqu'alors, y compris sur les plates-formes les plus haut de gamme du fondeur comme les systèmes X99.

Le Z170 conserve un contrôleur USB 3.0 natif (pas de USB 3.1 donc) qui passe de 6 ports à 10 ports, toujours avec un maximum de 14 ports USB 2.0, tandis que le Serial-ATA 6 Gb/s est de la partie toujours avec un maximum de 6 ports gérés. Les sous-systèmes réseau et audio ne changent pas avec le Z170.

DDR4 : toujours plus vite !

La plate-forme Skylake introduisant la mémoire DDR4 sur les plates-formes grand public, les fabricants de mémoire déclinent leur offre dans des kits adaptés. Si précédemment il était question pour les Corsair et autres Crucial de proposer des kits avec quatre barrettes, pour tirer parti du mode Quad-Channel des processeurs Core i7 sur la plate-forme X99, Skylake permet l'arrivée de kits double canal.

Corsair ainsi propose une vaste gamme dont un kit Vengeance LPX en DDR4. Le modèle reçu pour ce test et qui équipera par défaut notre plate-forme Skylake en Z170 est composé de deux barrettes de 8 Go pour 16 Go de mémoire vive. La fréquence annoncée est ici de 2 666 MHz pour des temps de latence de 16/18/18/35 et une tension de 1,2 volt. Pas de fonctionnalité avancée (Corsair Link) ni de petite lumière ici, simplement des radiateurs assez minces pour la dissipation thermique des barrettes.

G-Skill entend bien lui aussi être présent au lancement de Skylake et entre autres produits propose un kit de Ripjaws qui... décoiffe ! La marque nous a fait parvenir un kit double canal constitué donc de deux barrettes de DDR4. Chacune des barrettes propose 8 Go de mémoire soit un total de 16 Go pour ce kit dont les radiateurs sont tout l'inverse de ceux équipant les barrettes Corsair. G-Skill orne ses barrettes de larges radiateurs rouges tandis que ce kit est annoncé pour une fréquence de 3 000 MHz.

Nous l'utiliserons sur notre plate-forme Z170 pour mettre en avant le gain de performances éventuel face à des kits plus raisonnables en termes de fréquences tant du côté des performances processeur que du côté des performances graphiques. Les temps de latence annoncés par G-Skill sont ici meilleurs que ceux de Corsair : 15-15-15-35 pour une tension il est vrai supérieure : 1.35v.

Asus Z170 Deluxe

Qui dit nouveau processeur et nouveau socket dit généralement nouvelle carte mère. À cette logique implacable, Asus répond présent et lance une nouvelle gamme de cartes mères basées sur les nouveaux chipsets d'Intel dont le Z170. La Z170 Deluxe se présente au format ATX et adopte logiquement le chipset Z170 ainsi que le socket LGA-1151. Avec un PCB noir, aux embouts arrondis, la carte tire une croix sur la finition noir et or de la génération précédente, pour adopter le plastique blanc des cartes mères X99 ce qui nous laisse toujours aussi dubitatifs. Ainsi la connectique est recouverte de ce carter de plastique blanc brillant marqué Z170 Series, lequel chapeaute des radiateurs assez agressifs dans leur design et recouvrant les composants de l'étage d'alimentation. Seuls deux radiateurs sont reliés entre eux par un heat-pipe, les autres radiateurs de la carte mère étant dépourvus d'un tel dispositif. Le PCH est bien flanqué d'un radiateur gris argent lequel arbore un revêtement partiellement blanc frappé du logo Asus. Petit détail, à la mise sous tension une lumière blanche apparaît sous ce radiateur. C'est beau, tout simplement.

Avec quatre emplacements DDR4, la carte mère fait appel à un connecteur ATX 24 broches et un double connecteur ATX 4 broches pour son alimentation électrique. On retrouve trois ports PCI-Express 3.0 16x : le premier est effectivement câblé sur 16x, les deux autres sont câblés sur 8x. À cela, Asus ajoute quatre connecteurs PCI-Express 2.0 1x. Si le SLI et le CrossFire sont pris en charge, ils le sont exclusivement en configuration Dual avec les deux premiers ports PCI-Express. Dotée de boutons d'alimentation et de réinitialisation ainsi que d'un affichage digital pour les codes de debugging, la carte mère comporte deux connecteurs USB 3.0 19 broches et deux connecteurs USB 2.0 pour y relier les connectiques boîtiers.

On dispose d'un slot M.2 tandis qu'Asus propose un connecteur SATA-Express et 6 connecteurs Serial-ATA 6 Gb/s. À noter que le connecteur SATA-Express peut tout à fait être exploité en mode SATA conventionnel ce qui porte alors la connectique SATA totale à 8 connecteurs. Avec sept connecteurs pour ventilateurs, la carte innove avec une prise pour Watercooling. L'idée étant que la prise marquée W_PUMP soit utilisée pour brancher un système de refroidissement liquide afin de permettre le contrôle de la pompe par le logiciel livré par Asus.

La Z170 Deluxe offre par ailleurs en sortie pléthore de ports... USB 3.1 ! En effet Asus a placé un contrôleur ASMedia ce qui lui permet de proposer 5 connecteurs USB 3.1 de type A et un connecteur USB 3.1 de type C.

On a ensuite un seul et unique connecteur USB 3.0 géré par le chipset Intel et un connecteur USB 2.0 lui aussi géré par le PCH. À cela s'ajoutent deux connecteurs Ethernet Gigabit en RJ45, une prise DisplayPort, un connecteur HDMI, une rampe de six connecteurs jack pour l'audio ainsi qu'une sortie optique. Signalons également les borniers pour l'antenne Wi-Fi intégrée.

Pour ce qui est des contrôleurs annexes intégrés, Asus fait confiance à deux contrôleurs réseau Gigabit Intel tandis que l'audio est confiée à un Realtek ALC1150. Asus propose la version 3 de son dispositif CrystalSound visant à réduire les perturbations des divers éléments du PC. La marque fait appel à un composant ASMedia pour la gestion de deux ports Serial-ATA additionnels et le Wi-Fi embarqué est de classe i802.11 a/b/g/n/ac avec en prime du Bluetooth 4.0.

On retrouvera dans la boîte quelques accessoires, l'antenne radio bien sûr, l'IO Shield, les Q Connectors pour relier plus facilement les boutons et diodes du boîtier, mais aussi un dongle SLI ou encore un accessoire pour facilement monter son CPU sur le socket. Asus livre également un riser PCI-Express au format M.2 ainsi que son Hyper Kit qui propose un connecteur U2 pour les disques NVMe et particulièrement les SSD Intel.

Côté BIOS enfin, Asus fait encore évoluer son interface UEFI plus dans le look & feel que dans les fonctionnalités. Encore que, grosse nouveauté, le BIOS introduit EZ-Flash 3 pour les mises à jour. Et il semblerait qu'avec cette mouture il soit enfin possible de télécharger et mettre à jour son BIOS directement depuis le BIOS sans passer par l'OS ou une clé USB ! Sur notre carte mère de test, le système ne fonctionne pas, car nous avions déjà le BIOS le plus récent tandis qu'Asus n'a pas cru bon de mettre en place un message d'erreur clair indiquant tout simplement que le BIOS est déjà à jour. Gageons qu'Asus aura à coeur d'optimiser l'EZ-Flash 3 comme il se doit !

Les performances

Pour tester les performances de Skylake, nous avons eu recours à diverses plates-formes :
  • Carte mère Asus Z170 Deluxe (BIOS 5504),
  • 2x 8 Go mémoire DDR4-2666 Corsair @2666MHz,
  • SSD Samsung 256 Go 840 Pro,
  • Carte graphique Gigabyte 980 G1 Gaming,
  • Alimentation Cooler Master V1200 Platinum,
  • Refroidissement Corsair H105

Nouveau socket oblige, cette plate-forme LGA-1151 nous sert à tester le seul processeur Skylake de notre sélection : le Core i7 6700K. Nous allons évidemment le confronter aux Core i7 Haswell et Broadwell, sur la plate-forme suivante :
  • Carte mère Asus Z97-Deluxe (BIOS 2501),
  • 2x 4 Go mémoire DDR3-2133 Corsair @1600MHz,
  • SSD Samsung 256 Go 840 Pro,
  • Carte graphique Gigabyte 980 G1 Gaming,
  • Alimentation Cooler Master V1200 Platinum,
  • Refroidissement Corsair H105

Sur cette plate-forme, nous testons les Core i7 4770K, Core i7 4790K, mais aussi le Core i5 5675C et le Core i7 5775C, deux processeurs de génération Broadwell. Nous opposerons également tout ce petit monde aux processeurs Core i7 Extreme via la plate-forme :
  • Carte mère Asus X99-Pro (BIOS 1801),
  • 2x 8 Go mémoire DDR4-2133 Corsair @2133MHz,
  • SSD Samsung 256 Go 840 Pro,
  • Carte graphique Gigabyte 980 G1 Gaming,
  • Alimentation Cooler Master V1200 Platinum,
  • Refroidissement Corsair H105

Sur ce système nous testons les Core i7 5820K et 5960X. Enfin nous faisons figurer une configuration AMD pour opposer aux processeurs Intel, l'offre AMD :
  • Carte mère Asus Crosshair V (BIOS 1703),
  • 2x 4 Go mémoire DDR3-1866 Corsair @18661MHz,
  • SSD Samsung 256 Go 840 Pro,
  • Carte graphique Gigabyte 980 G1 Gaming,
  • Alimentation Cooler Master V1200 Platinum,
  • Refroidissement à air AMD de référence

Sur cette configuration nous testons le FX 8350, l'un des processeurs les plus puissants d'AMD. Tous nos tests sont menés sous Windows 10 Edition Professionnel x64 avec les dernières mises à jour disponibles au moment du test. Nous utilisons ici les pilotes NVIDIA 353.62.

3DMark - FireStrike Extreme

Pour 3DMark, ici exécuté en 2 560 x 1 440, c'est bien la carte graphique qui limite nos performances... sur toutes les plates-formes. Les résultats sont très proches et étonnamment, le duo de tête est composé du Core i7 5820K et du FX 8350 d'AMD. Difficile dans tous les cas de tirer des enseignements de ce test précis.

PCMark 8 - Creative - Accelerated

Nous avons recours au capricieux PCMark 8 avec le test créatif exécuté en activant l'accélération OpenCL. Skylake domine ici les débats avec des performances 5% supérieures au Core i7 4790K et 8% plus élevées que le Core i7 4770K. Le FX 8350 d'AMD referme ici la marche alors que les Core Broadwell ne parviennent pas à se hisser au niveau du Core i7 5820K.

Sandra 2015 - CPU

Le test processeur de Sandra évalue le nombre d'opérations que peuvent exécuter nos systèmes à la seconde. À ce petit jeu, plus le nombre de coeurs est élevé, plus les processeurs sont véloces. C'est ainsi que les Core i7 5960X et 5820K sont en tête. Skylake arrive troisième avec un score plus ou moins en avance face à Haswell selon que l'on considère les résultats GIPS ou GLOPS.

Sandra 2015 - Mémoire

Le test mémoire de Sandra donne sa préférence aux Core i7 5960X et 5820K les seuls à profiter d'une architecture quadri-canal.Le Core i7 6700K est troisième avec une bande passante mémoire significativement supérieure aux processeurs Haswell : on passe de 18 Go/s à 26 Go/s en moyenne !

ScienceMark 2.0 x64 - Primordia

Synthétique par nature, et plutôt âgé, ScienceMark 2.0 donne sa préférence au Core i7 5775C. Il s'agit d'une puce Broadwell qui pourtant devrait être en retrait de ses homologues. Avec une frquence stock de 3,3 GHz et un Turbo à 3,7 GHz elle ne devrait même pas chatouiller le Core i7 4790K et ses 4,4 GHz de Turbo. Celui-ci reste d'ailleurs en tête face à Skylake. Oui, mais c'est oublier que les puces Broadwell ont un petit quelque chose en plus qui n'est pas lié à la fréquence : de la eDRAM embarquée, tout de même 128 Mo, qui peut s'avérer déterminante ; c'est le cas ici. Skylake quant à lui affiche des performances 7% supérieures au Core i7 4770K et 21% plus élevées que le Core i7 5960X qui « prend cher » ici.

Fritz Chess Benchmark

Fritz calcule l'efficacité de nos processeurs lors de simulation de parties d'échecs. Le résultat est exprimé en kilonoeuds par seconde et attention, Fritz ne peut gérer plus de 8 threads, une limite pour nos Core i7 5820K et 5960X. Le Core i7 6700K domine ici nettement les débats suivi du Core i7 4790K. Face au Core i7 4770K, le gain de performances est de 18%. Un écart qui atteint 31% comparé à un Core i7 5960X et 32% face au FX 8350 d'AMD. La lanterne rouge est ici le Core i5 5675C, pénalisé par l'absence d'HyperThreading.

Cinebench 15

Cinebench est issu du logiciel de modélisation professionel Cinema4D. Il évalue l'efficacité de nos processeurs pour le rendu d'une même scène 3D. Le Core i7 5960X reprend ses droits avec ses huit coeurs d'exécution. Skylake ne démérite et termine troisième. Les performances du Core i7 6700K sont 24% supérieures au Core i7 4770K ! Et 10% supérieures au Core i7 4790K. Pas mal ! Face au FX 8350, le gain atteint les 45%.

Compression de fichiers - WinRAR 5.21 x64

Le test de compression WinRAR consiste à créer une archive depuis notre SSD système vers un autre SSD. Les résultats sont exprimés en secondes, la lecture du graphique est inversée. C'est ici à nouveau le Core i7 5960X qui domine. Le Core i6700K arrive quatrième avec des performances tout de même supérieures à Haswell. Face au Core i7 4770K on gagne quelques précieuses secondes sur la durée de compression. Le processeur le plus lent est ici le FX 8350 qui se fait même griller la politesse par le Core i5 5675C.

3DSMax 2015 - 1920*1080 - SSE - Radiosit

Sous 3DSMax nous effectuons le rendu d'une scène 3D complexe. Les résultats sont exprimés en secondes, la lecture du graphique s'en trouve inversée. En queue de peloton nous avons le FX 8350. Le Core i7 4770K est plus rapide, mais pas au point d'inquiéter un Core i7 5775C de génération Broadwell. En tête les huit coeurs du Core i7 5960X font merveille, mais le Core i7 6700K se rapproche. Le petit dernier d'Intel est en effet second... à quelques encablures du processeur extrême d'Intel. Pas mal du tout !

Adobe Photoshop CS 2015 - Flou radial

Photoshop, ici testé dans sa toute dernière version issue de la Creative Cloud, nous donne des résultats en secondes. Une fois encore la lecture du graphique est inversée. Le Core i7 5960X reste le plus efficace, et de loin. Mais le Core i7 6700K de génération Skylake montre les crocs : il devance tous les autres processeurs Intel y compris le 5820K et ses 6 coeurs d'exécution ! Dès lors face aux Core i7 4770K et 4790K la victoire est nette et sans bavure !

Compression vidéo - HandBrake

Nous utilisons HandBrake pour remouliner une vidéo MKV vers un format compatible iPad. Nous le faisons d'un SSD à l'autre et le résultat est exprimé en secondes : c'est donc une fois de plus une lecture inversée du graphique que nous vous proposons. Le Core i7 5960X domine les débats et la surprise c'est que si le Core i7 5820K termine second avec ses 6 vrais coeurs d'exécution x86 il est talonné par le Core i7 6700K. Le quadri-coeurs Skylake est ici troisième et très bon troisième. Le gain de performances face à un Haswell est massif : pas loin de 4 minutes de sauvées sur le temps total de l'opération !

Bioshock Infinite - Ultra - 1920x1080

Bioshock Infinite donne le Core i7 6700K gagnant. Ses performances sont 10% supérieures au Core i7 4770K et 5% meilleures que le Core i7 4790K.

Dirt Showdown - Ultra - 1920x1080

Rebelote avec le jeu de course Dirt. La domination du Core i7 6700K est impressionnante : 62% plus rapide que le FX 8350 et 12% plus rapide que le Core i7 4790K. Ça décoiffe !

Hitman Absolution - Haut - FXAA - AF8x - 1920x1080

L'agent 47 confirme tout le bien qu'on pensait du Core i7 6700K. Toutefois, l'écart se resserre et l'on voit un Core i7 5775C en deuxième position probablement aidé par son cache de quatrième niveau. Skylake se montre 10% plus rapide que le Core i7 5960X et l'écart avec Devil's Canyon est sérieux : 23% !

Batman Arkham Origins - 1920x1080

On termine avec Batman qui semble ici limité par notre carte graphique. Le Core i7 6700K reste le plus rapide, mais son avance fond comme neige au soleil : seulement 5% face au Core i7 4770K.

Pas d'Iris Pro !

Surprise ! Alors que les processeurs Core à architecture Broadwell sont disponibles depuis 2 mois dans le commerce, il s'avère que quelques détails, et non des moindres, ont échappé aux fabricants de cartes mères.

Ainsi notre carte mère de référence Asus, la Z97 Deluxe, a-t-elle un petit problème avec le Core i7 5775C et son module graphique intégré Iris. Impossible en effet de démarrer le système avec le graphique intégré du processeur : c'est l'écran noir assuré et évidemment nous avons tout tenté... sans succès. Asus a bien sûr été informé de ce problème et nous espérons qu'un correctif soit bientôt proposé.

Du coup nous nous contenterons dans les lignes qui suivent de comparer le HD 530 du Core i7 6700K au HD 4600 du Core i7 4770K et nous glisserons pour référence une carte graphique NVIDIA : la GeForce GTX 750 Ti sortie en mars 2014.

Les tests sont menés en deux résolutions : 1 680 x 1 050 et 1 920x 1 080. À noter que pour Skylake nous testons le HD 530 avec trois configurations différentes au niveau de la mémoire : DDR4 à 2 133 MHz, puis à 2 666 MHz et enfin à 3 000 MHz avec les barrettes G-Skill.

Bioshock Infinite - Medium

Bioshock, basé sur le moteur Unreal Engine, donne de suite le ton. Oui Skylake augmente les performances graphiques face à Haswell. Non c'est toujours bien insuffisant pour rivaliser avec une carte graphique d'entrée de gamme. Le gain de performances entre HD 530 et HD 4600 est ici de 54% ! Mais la GeForce GTX 750 Ti reste trois fois plus rapide... au bas mot. La montée en fréquence de la DDR4 a au mieux une incidence de 5% sur les performances.

Dirt Showdown - Intermédiaire

Pas de miracle sous Dirt. Le jeu de voitures confirme qu'il y a deux mondes entre carte graphique et solution graphique des processeurs. Le gain de performances apporté par Skylake s'établit à 25% tandis que le passage de la DDR4 2133 MHz à la DDR4 3000 MHz booste les performances de 4%.

Hitman Absolution - Bas

Ce sont 45% qui séparent HD Graphics 4600 HD Graphics 530 en 1 680 x 1 050. La nouvelle solution d'Intel est effectivement plus véloce, mais toujours incapable de se mesurer à notre GeForce GTX 750 Ti. À noter qu'ici le passage à la DDR4 3 000 MHz booste les performances de 9% en 1 680 x 1 050 face à la même configuration en DDR4 2 133 MHz.

3DMark

3DMark confirme nos observations précédentes et place la GeForce GTX 750 Ti largement en tête. En 1 920 x 1 080, le nouveau HD Graphics 530 se montre 40% plus rapide que son prédécesseur, le HD 4600. Enfin la montée en fréquences de la DDR4 ne joue que peu sur les performances: au mieux 5% avec la DDR4 3000 MHz.

Overclocking

L'overclocking reste une pratique courante pour qui veut tirer le meilleur parti de son processeur. Et avec Skylake, Intel lève les obstacles qu'il avait lui-même rajouté au fil des évolutions de ses Core, promettant de rendre l'overclocking plus souple. Nous avons eu à cœur de le vérifier. Un petit tour dans le BIOS, et on passe sans broncher la base clock de 100 MHz à 125 MHz ce qui nous donne une fréquence de 4,5 GHz pour le processeur.

Fort de ce bon début on se dit qu'on peut viser les 140 MHz de base clock avec un coefficient multiplicateur de 36 pour atteindre les 5 GHz. C'est malheureusement un peu court et le système n'étant pas stable malgré divers essais.

On se consolera avec un overclocking stable à 4,8 GHz via un coefficient multiplicateur à 33x et une base clock à 145 MHz pour une mémoire à 2 750 MHz. Ainsi overclocké, notre système affiche une fréquence de fonctionnement 20% supérieure à la fréquence d'origine.

Voilà ce que ça donne du côté des performances face au Core i7 6700K à ses fréquences d'origine :

Cinebench

ScienceMark 2.0

Fritz Chess Benchmark

Au global, à 4,8 GHz, notre Core i7 6700K overclocké affiche des performances 12 à 13% supérieures au modèle de référence à ses fréquences d'origine.

Consommation

Nous avons bien sûr mesuré la consommation électrique de nos processeurs. Pour cela nous employons un wattmètre et nous relevons la consommation électrique du système à la prise. C'est donc la consommation totale de la machine qui est relevée. Nous procédons à deux mesures : au repos sous Windows 10, puis en charge avec Prime 95.

Au repos, la consommation de nos systèmes est assez linéaire, toutes nos machines se situant dans une fourchette resserrée. On notera que le Core i5 5675C est visiblement le moins gourmand, alors que le FX 8350 est le plus vorace. C'est en charge que les choses changent : le Core i7 6700K consomme plus que le Core i7 4770K et 4790K : entre 31 et 9 Watts de plus. On reste en dessous de la consommation d'un Core i7 5820K ou 5960X et bien en dessous du FX8350 qui engloutit pas loin de 215 Watts en charge. Intel a donc réussi à maitriser la consommation de Skylake sans toutefois la réduire face aux processeurs à architecture Haswell.

Mémoire

Nous l'évoquions, Skylake est l'occasion pour Intel d'introduire la mémoire DDR4 sur sa plate-forme grand public. Alors que les kits double canal vont probablement valser dans les semaines à venir, nous nous sommes intéressés au gain de performance potentiel obtenu en déboursant plus d'argent pour une mémoire plus rapide.

3DMark

3DMark semble insensible au gain de bande passante octroyé par une DDR4 plus rapide. Entre la DDR4 2133 MHz de Corsair et la DDR4 3000 MHz de G-Skill on gagne... 1% de performances !

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De la DDR4 2133 à la DDR4 2666 on gagne 4% de performances, alors que le passage à la DDR4 3000 nous fait encore gagner 4%.

Sandra 2015 - Mémoire

Sandra note un gain de bande passante notable : de 26 à 31 Go/s en passant de la DDR4 2133 à la DDR4 2666 MHz alors qu'on flirtera avec les 35 Go/s avec la DDR4 3000 MHz.

Conclusion

Avec cette première entrée en matière de Skylake, Intel semble tenir un très bon processeur qui fait sensation du point de vue des performances. Après moult déclinaisons de l'architecture Core, cette sixième génération semble marquer un tournant et pourrait susciter quelques velléités bien justifiées d'upgrade !

Les performances progressent de manière plus que palpable donc, la DDR4 n'y est sans doute pas étrangère, et la plate-forme se modernise enfin avec un chipset qui se débarrasse de son anémique lien DMI 2.0 pour quelque chose de plus moderne avec une bande passante plus large.

En cadençant le Core i7 6700K à 4 GHz, Intel ne brise pas de nouveaux records et se montre même conservateur par rapport à sa plate-forme lancée il y a un an : Devil's Canyon. Le Core i7 4790K opérait en effet déjà à 4 GHz. Du reste, la consommation ne semble pas être l'un des points forts de cette génération. Le passage au 14 nm ne la fait pas baisser en flèche , et Skylake est même un peu plus gourmand en charge que Haswell dans sa dernière itération. C'est décevant dans l'absolu, mais loin d'être alarmant ! Cela démontre même que la consommation est maîtrisée : avec des performances en hausse de 10% en moyenne, la consommation est peu ou prou identique au CPU de l'an dernier !

Skylake, c'est aussi le retour en grâce de l'overclocking et l'on imagine que ce point plaira particulièrement aux amateurs de bidouilles qui avaient été sérieusement bridés et limités par Sandy-Bridge, Ivy-Bridge et consorts ! Et les performances graphiques progressent également avec cette mise à jour : mais les gains du HD 530 ne permettent ni de jouer avec fluidité ni de concurrencer une carte graphique additionnelle. De là à disserter sur l'opportunité de consacrer tant de transistors à un circuit graphique qui dans bien des cas ne sert à rien... nous nous abstiendrons pour cette fois !

En définitive, Skylake semble avoir tout pour plaire et nous attendons avec impatience qu'Intel nous en dise plus sur l'architecture. La tarification enfin paraît dans la lignée de ce qu'Intel faisait jusqu'à présent avec 350 dollars pour le Core i7 6700K. Finalement il n'y a bien que ce satané changement de socket qui nous fasse râler !
La note Clubic
Performances
Fonctionnalités
Qualité/prix
Les plus
  • Performances largement en hausse
  • Contrôleur mémoire DDR4
Les moins
  • Changement de socket
  • Consommation un peu en hausse