La note Clubic
Graphisme
Jouabilité
Scénario
Prix
Les plus
  • Enfin un A-RPG dans l'univers 40K !
  • Système d'arme et d'évolution qui sort un peu de l'ordinaire
  • La suppression qui apporte un peu de tactique
  • Ensemble prometteur
Les moins
  • Missions répétitives
  • Moteur graphique assez pauvre
  • Les sons des armes risibles
  • Manque encore d'équilibrage

Warhammer 40K Inquisitor Martyr : quand Diablo rencontre 40K !

Les jeux sous licence Warhammer sont sortis à la pelle ces dernières années. Si certains sont très bons comme Total War ou Dawn of War (le premier et le second, on oubliera le troisième), la plupart sont au mieux très moyens. Malgré tout, la licence portée par Games Workshop continue d'être exploitée, la preuve avec Warhammer Inquisitor Martyr.

Inquisitor Martyr est conçu par le studio hongrois NeoCore. Un nom qui ne vous est probablement pas inconnu puisque c'est ce studio qui a pondu Van Helsing et King Arthur : The Role-Playing Wargame, des jeux orientés RPG. Si ces productions n'ont pas la même grandeur que celles de gros développeurs, elles n'en sont pas moins très sympathiques et appréciées par une majorité de joueurs. Il reste donc un peu d'espoir quant à la qualité de Warhammer Inquisitor Martyr.

Surtout que l'idée de base a du bon : mixer un A-RPG dans l'univers gothique ultra-violent de 40K. En fait, il est étonnant que cette voie n'ait pas été suivie avant ! Mais avant de foncer sur votre compte Steam pour dépenser les 45€ demandés, gardez en tête que le titre est encore en Early Access. Beaucoup d'éléments manquent comme le multijoueur ou un mode campagne complet. Les développeurs sont cependant très actifs, réalisant des mises à jour plusieurs fois par mois. Un bon point par rapport à de nombreux Early Access qui tombent vite à l'eau.

Autre détail : acheter le jeu maintenant ne vous donnera aucun bonus en jeu, ni même financier. Neocore est clair sur ce point, l'Early Access est juste là pour recueillir les avis des joueurs afin de peaufiner leur bébé avant sa sortie officielle fixée au 11 mai 2018. En attendant, nous avons décidé de vous donner nos premières impressions sur ce jeu. Mérite-t-il sa place à la droite de l'Empereur ou sera-t-il voué à disparaître dans le Warp ? Réponse dans les paragraphes suivants !

Un inquisiteur seul contre tous

Configuration de test : Intel Core i5-4460, 16 Go RAM, GeForce GTX 1050 Ti

Avant de brûler des hérétiques, il va falloir créer votre inquisiteur. Trois classes sont disponibles : Crusader, Assassin et Psyker. Il faut ensuite choisir une spécialité parmi trois. De façon assez classique, on retrouve des orientations vers le corps à corps, le tir ou un mix des deux. Afin de jouer dans la finesse, notre choix s'est porté vers un Crusader spécialisé en corps à corps. Une fois l'étape de création terminée, on passe à plusieurs missions scénarisées qui font office de tutoriel et mettent la trame narrative en place.

Les premières minutes de jeu risquent d'ailleurs de faire grincer les dents de puristes. Ici, pas de suite d'acolytes que l'inquisiteur envoie au charbon à sa place. Vous serez seul contre les menaces, vos alliés restant sur le pont de votre vaisseau. Oubliez aussi l'Exterminatus, cette sympathique tradition impériale consistant à rayer une planète complète de la carte. On imagine que les développeurs ont dû faire des choix afin de maintenir une certaine cohérence avec le style Diablo.

Qu'à cela ne tienne, vous aurez le plaisir de découper de nombreux ennemis à coup d'épées-tronçonneuses, fusil plasma ou pouvoirs psychiques. L'arsenal est déjà bien développé, même si on regrettera pour le moment l'absence des mythiques gantelets et griffes énergétiques. Rassurez-vous, il y a déjà de quoi faire avec l'équipement actuel.

Quelques mécaniques originales, mais beaucoup de lourdeurs

Passons maintenant aux mécaniques. Il est difficile de renouveler un genre largement exploité ces dernières années. Neocore tente pourtant le coup et apporte quelques bonnes idées dans sa besace. Votre inquisiteur dispose ainsi d'une classique barre de vie, mais aussi d'une barre de suppression. Cette dernière baisse à chaque coup encaissé. Arrivée dans le jaune, vous commencerez à vaciller, ce qui interrompra la plupart de vos coups et vous ralentira. Si vous persistez à rester sous le feu ennemi, vous risquez alors de vous retrouver à terre en mauvaise posture.

Il faut donc éviter de foncer tête baissée face à un gros groupe de mobs. Un système de couverture permet de se protéger du feu ennemi et de régénérer la jauge de suppression. On gagne donc un peu en profondeur, même si des fois ce système manque d'équilibre. Les gros groupes d'ennemis deviennent des fois impossibles à approcher, on finit à terre avant d'avoir eu le temps de porter un coup... Rageant !

Autre petite idée sympa : l'inoculator. Cet accessoire n'est autre qu'un pack de soin, mais totalement personnalisable. Votre Magos Biologis peut ainsi vous créer un modèle qui régénère la vie et la suppression, ou une version qui booste vos dégâts pendant plusieurs secondes. Chacun peut ainsi adapter l'inoculator à son style de jeu.

Neocore tente aussi de s'aventurer sur des sentiers battus pour les gains d'expérience. Votre inquisiteur bénéficie ainsi de deux barres de progression : le niveau d'influence - qui est l'XP classique - et le niveau de compte. Le niveau d'influence monte relativement vite et permet de débloquer du matériel supplémentaire à chaque niveau ainsi qu'augmenter vos aptitudes parmi trois catégories propres à chaque classe.

Le niveau de compte est quant à lui partagé entre tous vos personnages, existants et futurs. Il permet de débloquer les compétences parmi plusieurs arbres de talents. L'avantage de ce système, c'est qu'un inquisiteur fraichement créé peut immédiatement profiter de compétences supplémentaires après sa création. Le problème, c'est que le niveau de compte monte trop lentement. Les arbres de talents requerront de nombreuses heures de jeu pour être améliorés à fond.

La dernière originalité de Warhammer Inquisitor Martyr réside dans le système de compétences. Ce n'est pas le gain de niveau qui vient débloquer vos compétences, mais les armes. Chaque arme possède 2 ou 4 compétences selon son modèle. Le bouclier lourd permet ainsi de créer une onde de choc ou créer une barrière diminuant les dégâts. Tout comme avec l'inoculator, il faudra mixer les armes afin d'adapter leur style à votre façon de jouer. On fait malheureusement vite le tour des possibilités...

Le reste du jeu est de facture plus classique. Le techno-prêtre propose ainsi ses services pour démanteler vos armes et en créer d'autres. Un coffre permet de partager vos objets précieux entre les divers personnages de votre compte. Un mode multijoueur est en cours de conception et permettra de réaliser des missions en coopération ou d'affronter d'autres inquisiteurs en PvP.

Des cartes aléatoires pour un univers en expansion

Warhammer 40K Inquisitor Martyr fait le parti de le génération aléatoire. Le jeu est donc découpé en nombreuses missions générées aléatoirement. Si ce système garantit de ne jamais tomber sur le même agencement de carte à chaque partie, il pose vite ses limites. Les décors manquent de variété, tout comme la génération en elle-même : grosse pièce, couloir, grosse pièce, etc... Il va falloir encore pas mal de boulot pour améliorer tout ça !

Il en va de même avec les ennemis qui manquent cruellement de variété. Mais c'est surtout un gros manque d'équilibrage qui vient ternir la note. Un Space Marine sera plus simple à abattre qu'un sergent de la garde impériale... pardon : de l'Astra Militarum. Notre plus gros regret réside dans le choix de la faction ennemie : le Chaos. Il faudrait que les développeurs comprennent que le Chaos n'est pas la seule faction dangereuse de l'univers de 40K ! Oubliez les Taus, Nécrons ou Tyrannides. Pour le moment, vous devrez exclusivement combattre les séides de Nurgle ou Khorne.

Heureusement, Neocore compte bien peaufiner son bébé une fois qu'il sera lancé dans la nature. Des DLC semblent déjà en cours de préparation, il reste à espérer qu'ils apporteront plus de factions Xenos. Warhammer 40 000 est trop large pour se contenter encore une fois du Chaos !

Mais penchons-nous du côté des graphismes. Avec notre configuration de test, le jeu tourne sans problèmes. Il faut avouer que le moteur graphique n'est pas des plus jolis. Si on retrouve le côté sombre et glauque de 40K, le tout manque un peu d'effets. De plus, pas mal de bugs subsistent. Il n'est pas rare de voir des morceaux de chair flotter en l'air, des éléments de décor disparaitre ou des ennemis s'étirer comme du chewing-gum. Heureusement, ce n'est qu'une version alpha du jeu, tout ceci sera réglé d'ici la sortie, du moins on l'espère !

Dernier point qui mérite l'attention de développeurs : les sons. Si les musiques sont correctes, mettant dans l'ambiance gothique de l'univers Warhammer, les sons des armes sont tout bonnement risibles. A aucun moment ont ne ressent l'impression de puissance destructrice si souvent décrite dans les livres. Votre pauvre inquisiteur se trimballe donc une superbe épée de force qui fait le bruit d'un moustique asthmatique lorsqu'elle tranche de l'hérétique. Ouch !

Conclusion : soyez damnés, hérétiques !

Neocore tente l'aventure du mix Diablo/Warhammer. Toujours en Early Access, ce jeu d'action mâtiné de composants RPG possède quelques atouts sympathiques, à compter par un solide univers sur lequel s'appuyer. Si la recette présente quelques bonnes idées comme le système d'évolution ou les armes avec leurs compétences, on ressent vite une certaine lassitude.

Parcourir les cartes générées aléatoirement devient rapidement rébarbatif, la faute à un manque de décors variés et un moteur graphique plutôt pauvre. Les sons déçoivent particulièrement pour le moment. Malgré tout, on ressent quand même un certain plaisir à découper de l'hérétique avec un inquisiteur bardé d'armes et accessoires du 41ème millénaire.

Les développeurs de Neocore sont de plus très actifs, leur bébé étant prévu pour sortir sur PC et consoles. Si vous voulez tenter l'expérience Early Access et que vous aimez l'univers riche de Warhammer 40K, alors n'hésitez pas à jeter un œil à Warhammer Inquisitor Martyr. Ce titre ne sera probablement pas un monument, mais il a clairement du potentiel.
La note Clubic
Graphisme
Jouabilité
Scénario
Prix
Les plus
  • Enfin un A-RPG dans l'univers 40K !
  • Système d'arme et d'évolution qui sort un peu de l'ordinaire
  • La suppression qui apporte un peu de tactique
  • Ensemble prometteur
Les moins
  • Missions répétitives
  • Moteur graphique assez pauvre
  • Les sons des armes risibles
  • Manque encore d'équilibrage
Johann Gautreau
Publié le 29 mars 2018