Samsung Galaxy TabPro S : une tablette Windows 10 tout en finesse

La Galaxy TabPro S pourrait être vue comme la réponse de Samsung aux Surface Pro et autres iPad Pro. À ceci près que le constructeur coréen avait déjà tenté une tablette 12 pouces pour professionnels avant Microsoft et Apple, mais sur un Android mal adapté à l'époque. Cette fois ci, c'est sous Windows 10 que Samsung fait son retour, et c'est un joli compromis entre tablette et ordinateur portable, malgré quelques réserves.

Design et ergonomie : une Surface aussi fine qu'un iPad Pro

La Galaxy TabPro S frappe d'emblée par sa finesse, qu'on a davantage l'habitude de voir sur une tablette à processeur ARM. Elle dépasse à peine un iPad Pro 12,9 pouces de 1 mm en épaisseur, mais son format est un peu plus compact, plus proche des dimensions d'une Surface Pro 4. C'est tout simplement le meilleur gabarit qu'on ait pu voir sur une tablette 12 pouces : ni trop épaisse, ni trop large.

Le poids est contenu mais il est évidemment impossible d'obtenir une tablette aussi légère qu'une Galaxy Tab S2 ou un iPad Air 2 : on atteint 730 g. C'est moins que Surface Pro 4, mais un tout petit peu plus que l'iPad Pro 12 pouces. Et comme ses deux concurrentes principales, la tablette est difficile à tenir à bout de bras, même si elle n'est évidemment pas faite principalement pour un usage à une main.

La TabPro S est bien finie, tout comme les Tab S sorties l'an dernier : bordure en métal, dos en plastique mat. On émet simplement des réserves sur la version blanc nacré qu'on a reçue en test : pourquoi les paillettes ? C'est un détail : Samsung a indéniablement soigné son produit, et il est même assez bluffant de se rendre compte qu'il y a un PC entier là dedans !

Une tablette hybride ne serait rien sans sa couverture clavier. Bon point : celui de la TabPro S est fourni, là où Microsoft et Apple proposent le leur entre 149 et 179 euros. Le clavier s'inspire des premières Type Cover de Microsoft : les touches, fines, sont collées les unes aux autres, et complètement plates, et il n'est pas facile de les distinguer.

La tablette se fixe via un connecteur aimanté dont la source d'inspiration est tout aussi évidente, et un des rabats peut se replier pour offrir deux orientations. On est loin de la souplesse du kickstand de Microsoft, mais c'est toujours mieux que la position unique du Smart Keyboard de l'iPad Pro. On émet tout de même quelques doutes sur la solidité de la charnière qui accueille le connecteur, tant elle semble partir avec l'aimant à chaque fois que l'on désolidarise la tablette.

Composants : une fiche technique correctement fournie

L'intérieur de la Galaxy TabPro S est assez proche du modèle de base de Surface Pro 4. La tablette est animée par un processeur Intel Core m3 à 1,1 GHz, capable de grimper jusqu'à 2,2 GHz en mode turbo, et épaulé par 4 Go de mémoire vive. La finesse de la tablette ne permet évidemment pas, contrairement à Microsoft, de proposer des versions en Core i5 ou i7. En revanche, une version un peu plus musclée, pourquoi pas avec un Core m5 et 8 Go de mémoire vive, aurait été souhaitable.

Samsung se distingue sur l'écran en restant fidèle à sa technologie fétiche : le Super AMOLED. La dalle affiche une définition de 2 160 x 1 440 pixels, pas aussi précise qu'une SP4 mais tout de même lisible. On apprécie évidemment les noirs infinis de la techno d'écran, d'autant plus que les angles de vision sont très larges.

Côté stockage, la TabPro S embarque 128 Go, là encore a priori sans autre possibilité. Pas vraiment étonnant, dans la mesure où Microsoft ne décline pas non plus sa version Core M en plusieurs capacités de stockage.

Un choix, au moins, est laissé à l'utilisateur : celui d'une version Wi-Fi ou 4G, un bon point pour une tablette pensée notamment pour un usage professionnel, d'autant plus que le modem est compatible Cat 6 (débit théorique de 300 Mbps). La version Wi-Fi gère quant à elle la norme ac.

La Galaxy TabPro S à l'usage : une bonne tablette Windows 10...

La Galaxy TabPro S est une tablette sous Windows 10, et l'occasion de revenir sur le mode tablette de ce dernier. Pas loin d'une année s'est écoulée depuis sa sortie, et si l'OS de Microsoft nous semble mieux gérer l'équilibre entre usage tablette et PC, on avait pu déplorer à sa sortie un mode tablette un peu en retrait, d'autant plus que l'écosystème d'apps universelles, qui fait vraiment l'intérêt de Windows 10, était quasi inexistant.

Les choses se sont tout de même sensiblement améliorées, même s'il y aurait encore à redire. L'Anniversary Update devrait apporter quelques améliorations à l'écran d'accueil tablette, et surtout, les apps universelles commencent à voir le jour, à un rythme malheureusement trop peu soutenu encore. Twitter, Netflix, Facebook Messenger (et bientôt Facebook), Vine, Voyages SNCF, ou encore Dropbox sont désormais de la partie et viennent rejoindre les apps système ou la suite Office qui se sentaient un peu seules. On peut évidemment toujours utiliser les apps Windows 8, mais l'expérience utilisateur de vraies apps Windows 10 est plus cohérente.

Tout ça pour dire que Windows 10, en mode tablette, c'est de plus en plus plaisant et confortable, même si certains éléments font toujours plus « PC » que « mobile », et, par ailleurs, on aimerait que ça avance encore plus vite ! On apprécie notamment une gestion du multitâche mieux pensée que la version encore balbutiante de l'iPad : Windows 10 offre davantage de flexibilité sur le positionnement et le redimensionnement des deux apps côte à côte.

Un PC hybride un peu moins réussi

Si on applaudit chaleureusement l'inclusion de la housse clavier dans la boite, on est plus réservé sur la qualité de l'accessoire qui souffre de deux défauts nuisant à l'usage « PC » de la TabPro S.

Les touches trop rapprochées et trop plates induisent en erreur et nécessitent un temps d'adaptation. Les rendre un peu plus concaves aurait sans doute corrigé une grande partie du problème, comme le faisait d'ailleurs Microsoft sur ses premières Type Cover. On s'y fait, mais il nous est arrivé trop fréquemment d'enfoncer deux touches à la fois.

Le trackpad s'en tire un peu mieux : on ne va pas s'extasier dessus mais sa taille et sa glisse sont suffisantes.

L'autre défaut est une nouvelle preuve qu'il n'y a pas mieux que le kickstand de Surface Pro 4 côté souplesse de l'inclinaison. La housse clavier de la TabPro S permet d'incliner la tablette selon deux angles. Le premier, trop vertical, rappelle le temps de la première Surface, alors que le second prend beaucoup trop de place. C'est frustrant, d'autant plus que la TabPro S est plus stable, sur les genoux, que Surface Pro 4 et sa Cover. Difficile de faire les bons compromis !

Au passage, un autre avantage de Surface Pro ressurgit : on peut la poser sur une table, pour regarder une vidéo ou jouer par exemple, sans son clavier. Ici, il faut passer par l'accessoire, et pour peu que vous ayez activé le mode Continuum... Vous repassez en mode PC fenêtré !

D'autres problèmes sont inhérents au format de la tablette et à sa finesse. Un unique connecteur USB-C est utilisé à la fois pour la recharge et la connexion de périphériques. On ne peut pas charger sa tablette et utiliser un accessoire simultanément, et un adaptateur USB-C/USB « classique » est indispensable de toute façon.

Reste une expérience utilisateur transparente. Le mode Continuum, qui permet de basculer de l'affichage tablette à l'affichage PC à la connexion du clavier, est ici exploitable sans avoir à débourser le moindre euro supplémentaire, et c'est appréciable.

Samsung a également pensé à inclure quelques bonus sympathiques, comme une application permettant aux possesseurs de Galaxy S6 ou S7 de déverrouiller la tablette avec le capteur d'empreinte de leur smartphone, et de recevoir leurs notifications et leurs SMS sur la tablette, à l'image de la fonctionnalité Continuity de OS X.

Dans l'ensemble, Windows 10 nous a semblé s'accommoder de la configuration matérielle, à condition de ne pas être trop exigeant. La tablette étant fanless (sans ventilateur), la chauffe se traduit par un bridage du processeur, et on a pu constater ici ou là une certaine mollesse, mais rien de vraiment rédhibitoire.

Performances

La Galaxy TabPro S intègre un Core m3 - certes, en version Skylake -, qui n'est pas réputé pour ses performances brutes : ça se vérifie sans surprise. Comme mentionné plus haut, ça n'est absolument pas gênant pour un usage « standard » de Windows : surf, bureautique, retouche photo dans une certaine mesure... Ça passe !

En revanche, si on souhaite effectuer des tâches lourdes, le processeur a du mal à suivre. Sous Cinebench 15 ou Sciencemark, par rapport à des portables ou tablettes en Core i5, c'est un fait : la Galaxy TabPro S est dans les choux.

Les performances du SSD sont tout au plus correctes, bien loin de celles de Surface Pro 4, mais plutôt au niveau de la Surface précédente, ce qui n'est pas une référence en la matière.

En revanche, par rapport à des tablettes ARM comme l'iPad Pro ou la Google Pixel C, la Galaxy TabPro S se montre à la hauteur sur ses performances CPU.

Le GPU intégré du Core m3 souffre, certes, en OpenGL ES, face à un iPad Pro.

Autonomie

Samsung annonce 10 heures d'autonomie pour sa Galaxy TabPro S. On peut sans doute y arriver, mais lors de nos tests, on s'approchait plus des 6 ou 7 heures en usage quotidien.

Sur le test d'autonomie de PC Mark, on tient 4 h et 48 minutes. C'est beaucoup moins qu'un Asus UX303 équipé d'un Core m5, et pour tout dire un peu décevant pour un Core m.

Notre avis

La Galaxy TabPro S nous a pris par surprise : alors que l'on pensait la marque Galaxy définitivement dédiée à Android, c'est une tablette sous Windows 10, et même, un PC hybride que nous livre Samsung !

Un choix plutôt pertinent d'ailleurs : dans la mesure où Android se cherche encore sur grand écran, Windows 10 est clairement le meilleur OS pour un produit de ce type, capable de basculer entre un mode tablette, encore imparfait mais en progrès, et un usage plus « classique » dont les professionnels - entre autres - peuvent avoir besoin.

Samsung, dans l'ensemble, a fait du bon travail. La TabPro S est naturellement limitée par son processeur Core M qui ne lui permettra pas d'être réellement performante sur des tâches lourdes, mais la tablette est bien finie et confortable à utiliser. Sans atteindre la finesse de Surface Pro 4, l'écran Super AMOLED est agréable et lisible, et pour un usage courant, les performances sont suffisantes.

Pour un produit tirant parti de la fonctionnalité Continuum de Windows 10, on applaudit évidemment l'intégration du clavier dans la boite. Malgré tout, on aurait souhaité un petit effort supplémentaire sur sa qualité, tout juste au niveau des premières Type Cover de Microsoft.

Si vous parvenez à trouver la Galaxy TabPro S à un prix suffisamment avantageux par rapport à la version de base de Surface Pro 4, la tablette de Samsung peut avoir son intérêt : c'est une solution tout-en-un réussie. La SP4 de Microsoft demeure néanmoins supérieure sur à peu près tous les points, à l'exception de la finesse. Cela peut valoir un petit investissement supplémentaire.
La note Clubic
Finition
Ergonomie
Autonomie
Performances
Rapport qualité/prix
Les plus
  • Design ultra fin
  • Clavier fourni
  • Bel écran AMOLED
Les moins
  • Frappe peu précise
  • Un seul connecteur USB-C
  • Autonomie un peu décevante