HP Spectre 13 en test : parti trop loin dans la finesse ?


Révélé lors d'une conférence mondiale à New York, le Spectre 13 se targuait d'être l'ultrabook le plus fin du monde. Avec sa tranche de 10,4 mm, il est certain que HP a réalisé une petite prouesse, qui catapulte aisément son ultrabook dans le haut du panier, face notamment au Macbook Air. Mais la finesse fait-elle
tout ?

Il est certain que si nous devions juger le Spectre 13 uniquement sur sa finesse, l'article serait plié : HP remporterait la note maximale. C'est impressionnant de tenir un <i>ultrabooki> de 13,3 pouces à bout de bras en forçant aussi peu. Son 1,1 kg le met sur le même plan que le Macbook Air... en 11 pouces ! Le premier mot qui nous est venu à l'esprit, c'était clairement : « Whaou » !

Un enthousiasme qu'il nous faut pondérer en mentionnant le carton rouge unanimement décerné à la rédaction pour la bande « cuivrée » brillante qui borde l'arrière du portable, au niveau de la charnière et de la connectique. Ce n'est pas tant l'accord de couleur entre cuivre et graphite qui dérange que le rendu très « toc » de cette zone brillante. On espère que HP déclinera son Spectre 13 en d'autres finitions.

Et tant qu'on est sur la finition, nous devons signaler que le châssis est particulièrement souple, au point d'en devenir préoccupant. C'est compréhensible au vu de sa finesse extrême mais on ne peut s'empêcher d'être dubitatif quant à la longévité du produit. A moins qu'on ne philosophe positivement sur le chêne et le roseau...

Dans un registre proche, la charnière très tenue se montre bien ferme mais conserve un peu de jeu. Là encore, c'est assez logique vu la taille des deux bras servant de charnière... En résumé, l'encombrement record du Spectre 13 constitue un atout sur le plan de la mobilité, mais on est arrivé à un stade où l'intégrité physique en deviendrait presque compromise. Dit autrement : ça va être compliqué de faire plus fin.

La dotation n'a pas été limitée par des considérations d'encombrement, puisqu'on retrouve dans le Spectre 13 les mêmes composants que dans l'Acer Aspire S13 :
  • processeur Intel Core i7 6500U (2,5 à 3,1 GHz)
  • 8 Go de RAM (1866 MHz)
  • SSD de 512 Go
  • graphisme intégré Intel Graphics 520
  • Wi-Fi ac et Bluetooth 4.2
  • Webcam 720p

Le seul poste hardware qui trinque, c'est celui de la connectique : HP a dû se contenter de ports USB Type-C et d'une fiche mini jack, tous situés sur la tranche arrière de 6 mm d'épaisseur. Pas de lecteur de carte SD, ni d'USB standard. Mais sur les ultrabook modernes, la tendance de ce côté est de toute façon au minimalisme.

Ecran, clavier, touchpad et autre

HP a misé sur une dalle Full HD très brillante - décidément ! - en technologie IPS. En dehors d'une légère déviance des teintes vertes qui se devine à l'œil nu (delta E maximum de 7,9), le rendu reste agréable : température du blanc à 6343 K, bonne luminance (400 cd/m²), taux de contraste de 1175:1, gamma quasi juste et delta E moyen de 3,1. Bonne nouvelle pour ceux qui possèdent une sonde de calibrage : l'écran flirte aisément avec la perfection (delta E moyen de 0,5, température de 6486 K et taux de contraste qui se maintient toujours au-dessus de 1 000 : 1).

Le Spectre 13 profite également d'un clavier rétroéclairé tout à fait confortable à l'usage, caractérisé par une course suffisante et une réponse plutôt nerveuse. Le seul petit bémol, c'est que la frappe se révèle un soupçon bruyante, mais bon... HP a également soigné son touchpad, sur lequel les doigts glissent parfaitement en produisant des interactions précises. Le clic ferme produit un son mat et rassurant, un peu comme une porte de berline allemande que l'on claque. Bref, l'ergonomie est parfaite, exception faite de la connectique qu'il faut aller chercher derrière le portable.

Enfin, les deux haut-parleurs situés sur le même plan que le clavier, de part et d'autre des touches, restituent une assez bonne image stéréo. Le rendu est propre mais, ultrabook oblige, il est complètement déséquilibré par l'absence de basses. La signature Bang&Olufsen n'y change rien.

Performances et autonomie

Peut-on faire dans la finesse à ce point sans compromettre les performances ? La réponse à cette question va essentiellement dépendre de la qualité du refroidissement. Et ici, avec le Core i7 en tout cas, HP a opté pour de la ventilation. Celle-ci est efficace, mais pas discrète (même si moins bruyante que sur l'Aspire S13 d'Acer). Le résultat, c'est que les performances sont du même acabit que sur les autres ultrabook équipés du même processeur. PCMark 8 sur le test Home Conventional nous ressort par exemple un score de 2791, Geekbench 3.0 rapporte un score de 6952 en multi-core et 3307 en single.

Ca commence à bien souffler sur du logiciel de bench ! D'ailleurs on apprécie quand ça s'arrête, même si le Spectre 13 se montre moins bruyant que l'Aspire S13.

En matière de 3D, pas de surprise non plus puisque HP s'appuie sur le GPU intégré Intel Graphics 520, le même que sur l'Envy 13, le Dell XPS 13 ou l'Aspire S13. Le test Sky Diver de 3DMark 2 nous fournit un score de 3779, honorable pour un ultrabook mais pas fait pour du jeu vidéo sérieux... Ce que confirme GFX Bench en mesurant un peu plus de 35 fps sur Manhattan 3.1. En dehors du MSI GS40, tous les ultrabook sont dans le même cas.

Que faut-il attendre, en matière d'autonomie, d'un portable aussi fin (batterie 4 cellules et 38 Wh) avec un Core i7 ? Pas grand-chose malheureusement... Le test PCMark 8 Home Conventional - avec écran calibré à 200 cd/m² - ne tourne que pendant 2 h 28. C'est peu, sachant que le XPS 13 en Core i7 lui aussi résiste 3 h 50. Et même le survolté GS40 de MSI dépasse les 3 h.

Conclusion

Le Spectre 13 est assurément une machine séduisante. En 13,3 pouces et Core i5 ou i7, il n'y a pas plus fin ni plus léger sur le marché. En soi, c'est déjà une performance. Le design est élégant, il faudra simplement apprécier - ou tolérer - le bandeau cuivré brillant... La finition demeure sérieuse, les seules remontrances que l'on puisse faire dans ce domaine tiennent davantage à la morphologie du produit qu'à sa fabrication. Un portable aussi fin est forcément souple. Nous manquons malheureusement de recul pour évaluer la longévité réelle du Spectre 13.

L'ultrabook profite d'un bel écran, d'un tandem clavier / touchpad confortable, et il délivre des performances à la hauteur des attentes. Il reste un point qui nous chagrine assurément : le rapport qualité/prix. 1 470 euros chez les meilleurs marchands pour ce Spectre 13, quand le XPS 13 de Dell avec la nouvelle génération de Core i7 (Kaby Lake 7500U) se négocie à 1 399 euros, c'est, à notre sens, déséquilibré. Surtout que l'XPS 13 est certes plus épais (15 mm max) et lourd (1,29 kg), mais il est moins large et moins profond (30,4 x 20 mm versus 32,5 x 22,9 mm) et surtout, il surclasse la machine de HP en matière d'autonomie. Un domaine crucial sur un ultrabook. Et que dire face à un Aspire S13, similaire sur le plan technique, mais vendu à moins de 1 000 euros ?

On serait bien tenté de vous inviter à vous rabattre vers la version en Core i5 mais elle n'est pas moins chère, sauf à également descendre à 256 Go de stockage. Ce Spectre 13 incarne donc plus un exploit qu'un portable à acheter les yeux fermés. Sauf si la finance n'est pas votre ennemi.
La note Clubic
Performances
Autonomie
Design / Finition
Positionnement prix
Les plus
  • Finesse hallucinante ! Poids plume
  • Bonnes performances CPU / RAM / SSD
  • Ecran plutôt fidèle / Clavier et touchpad confortables
  • Du Thunderbolt 3 avec USB 3.1 Gen 2
Les moins
  • Fragilité du châssis et de la charnière ?
  • Ventilation bruyante
  • Autonomie trop juste pour un ultrabook
  • Prix conséquent versus concurrence