Apple Watch 2 en test : Apple remet les pendules à l'heure

Deux ans après l'apparition de sa très attendue Watch, Apple lui donne une descendance avec l'arrivée de la Watch Series 2. Une montre connectée qui ne change pas de design, n'en déplaise aux afficionados du circulaire, même si cela viendra tôt ou tard nous en sommes convaincus. En attendant une Watch ronde, le très anticipé objet connecté d'Apple se veut plus abouti, plus réactif et toujours plus destiné aux activits sportives.

La Watch Series 2 n'est donc pas une tabula rasa mais bien une remise au goût du jour de la montre d'Apple. Et pour ceux d'entre vous qui l'utilisent au quotidien c'est bien sur sa réactivité qu'Apple avait du travail. Une lenteur en partie corrigée par WatchOS 3.0, la mise à jour du système de la montre disponible pour tous. Mais pas seulement puisqu'Apple glisse discrètement un tout nouveau processeur dans cette Watch Series 2.

Attendue de pied ferme par l'industrie, l'Apple Watch s'est lancée sur un mode non technophile : Apple voulait séduire le monde de la mode et la montre devait s'inscrire comme tel. Avec la Watch, Apple visait la haute couture, au point de snober sa clientèle habituelle, et de proposer une Watch Edition en or dont le prix de départ taquinait les 11 000 euros TTC. Deux ans plus tard, la pomme redescend sur Terre et la Watch Edition bling bling disparaît du catalogue au profit d'un modèle en céramique beaucoup plus abordable du strict point de vue financier.

Et si la marque ne fait plus la cour des magazines de mode, la stratégie d'accessoirisation n'était pourtant pas dénuée d'intérêt avec des acheteurs qui se sont effectivement procurés divers bracelets pendant la vie de leur montre.

Alors qu'attendre de cette Watch Series 2 ?

Un design toujours carr

Toujours proposée en version 38 et 42mm, la Watch Series 2 ne change pas de design. C'est toujours une montre carrée aux bords arrondis avec un écran noir pour la surplomber. Sa finition démarre, en entrée de gamme, sur un boîtier en aluminium en avec plusieurs coloris (argent, or ou gris sidéral) alors qu'en milieu de gamme, on trouve un acier inoxydable (un acier brillant à la manière de feus certains iPod). Nous l'avons vu, le haut de gamme bascule en 2016 sur de la céramique, en réalité une céramique technique composée d'oxydes de Zirconium et d'Aluminium notamment. C'est assurément joli, on reste en revanche circonspect sur la solidité, le frittage pouvant favoriser les fissures en cas de choc.

Le choix des bracelets est toujours aussi vaste : du bracelet sport en caoutchouc, devenu malgré lui un presque classique avec ses coloris variés au récent bracelet nylon sans oublier les modèles cuir ou la maille milanaise. Pour peu que votre portefeuille suive, il y a forcément un bracelet à votre convenance dans la gamme Apple. Et si cela ne suffisait pas, Hermès s'est associé à Apple pour de très jolies combinaisons mêlant le savoir-faire de la maison de luxe française à la Watch de Cupertino. Du reste, c'est le seul modèle qui se pare de cadrans numériques personnalisés différents de ceux accessibles au commun des mortels.

Mais revenons-en à l'esthétique de la montre qui reprend les mêmes dimensions et codes que la Watch première du nom. On retrouve la « digital crown » tant vantée par Jonathan Ive et au rôle toujours aussi anecdotique alors que le bouton latéral sert enfin à quelque chose avec WatchOS 3.0 en activant le nouveau dock. Pour ceux qui ont l'habitude des belles montres en provenance de Suisse, cette Digital Crown a en effet de quoi dérouter : généralement les couronnes des montres traditionnelles offrent une résistance en les utilisant. Ici ce n'est pas le cas, la crown tourne dans le vide. Deux ans plus tard, on a encore du mal à s'y faire.

Comme auparavant, le dos du boîtier de la Watch series 2 offre un léger bombement en raison du capteur utilisé pour le cardio-fréquencemètre (c'est les diodes qui s'illuminent de vert) : changement de matériau pour cette bosse maintenant en céramique. Du côté gauche de la Watch Series 2 on retrouve deux ouvertures pour le haut-parleur ainsi que deux ouvertures - plus discrètes - pour le microphone : c'est une de plus que précédemment. Le système de mise en place des bracelets est identique aux Watch de première génération ce qui évite, bonne surprise, de tout racheter.

Signalons, pour finir, que le cadran de la Watch Series 2, toujours en verre sur les modèles de base, est plus épais que précédemment : la montre est donc très légèrement plus épaisse alors qu'elle est aussi un peu plus lourde, de l'ordre de 4 grammes.

La technique

Au sein de l'Apple Watch Series 2 divers changements plus ou moins majeurs. Il y a d'abord un tout nouveau SoC ou System On a Chip. Apple fait évoluer le processeur de sa montre et l'on passe du S1 au S2, un processeur double cœur à architecture ARM qui embarque un nouveau GPU. La marque à la pomme se montre peu diserte sur les caractéristiques de cette puce tout-en-un et annonce timidement des performances 50% supérieures sans que l'on ne sache dans quelles circonstances exactement. Avec un cœur de plus face au S1 de l'Apple Watch, le chiffre de 50% nous paraît bien timoré sur le papier. Dans tous les cas, ce S2, qui incorpore d'autres fonctionnalités que le simple calcul, se retrouve dans la nouvelle Apple Watch Series 1, mais sous un nom étrangement différent : S1p probablement parce qu'il ne profite pas du GPS ?

L'autre nouveauté phare de cette Watch Series 2 c'est l'intégration d'un GPS. La montre renferme maintenant l'électronique du GPS ce qui permet d'envisager ses séances de footing sans se coltiner l'iPhone dans une poche. Les amateurs de jogging apprécieront à coup sûr, les autres seront peut-être moins enthousiastes. Apple précise au passage que, pour vous suivre, le GPS de la Watch utilise tout à la fois le GPS, le Wi-Fi ainsi que les données satellites stockées localement histoire de ne pas recourir en permanence à une puce GPS que l'on imagine trop énergivore. L'autre avantage, c'est que la localisation est quasi-instantanée, sans attendre un fix du satellite.

L'écran de cette nouvelle Watch est censé être plus lumineux. Apple annonce un contraste deux fois supérieur à ce qu'il proposait précédemment et revendique 1000 nits. Assez sympathique sur le papier, sauf qu'en pratique et en intérieur, on se retrouve bien en peine de mettre en évidence une plus grande luminosité entre Watch et Watch Series 2. C'est à l'extérieur, en plein jour et avec le soleil, que la différence se fait beaucoup plus frappante.

Enfin, Apple poursuit le travail entamé avec la Watch première du nom et garantit maintenant la Watch Series 2 comme étanche jusqu'à 50 mètres. Apple précise que cette étanchéité s'entend en piscine ou en eau peu profonde : il n'est donc pas question de faire de la plongée sous-marine ou du ski nautique par exemple. En tout état de cause, la montre peut maintenant suivre vos séances de brasse et pour cela, l'app « Exercice » s'appuie sur de nouveaux algorithmes développés après avoir observé la nage de quelques 700 personnes si l'on en croit la marque à la pomme. Pour garantir l'étanchéité de sa montre, Apple a bien sûr revu une partie de sa conception et a notamment trouvé un nouvel usage à son haut-parleur : via une tap sur l'icône en forme de goutte d'eau du centre de contrôle de la montre et un tour de digital crown, le haut-parleur va vibrer sur un son légèrement aigu pour expulser l'eau en dehors du boîtier de la Watch Series 2. A noter, sous l'eau ni l'écran tactile ni le cardio-fréquencemètre ne fonctionnent.

Une montre connectée pour quoi faire ?

C'est bien toute la question qui anime les possesseurs et critiques d'Apple Watch depuis presque deux ans maintenant. Il n'est même pas dit qu'Apple lui-même ait la réponse. Ce qui est certain en revanche, c'est qu'au fil du temps la marque à la pomme se rapproche du vrai. D'accessoires de mode, à centre de notifications qui se porte au poignet, la Watch Series 2 se mue en bracelet connecté taillé pour le sport. Et de toutes les avancées de cette nouvelle Watch, c'est bien WatchOS 3.0 qui nous semble enfin convaincant.

La dernière version du système d'exploitation pour la montre connectée d'Apple revient sur son principal défaut : sa lenteur absolue. Les apps les plus fréquemment utilisées sont maintenant conservées en mémoire de sorte qu'il ne faut plus attendre de longues secondes pour les utiliser. C'est un soulagement et au quotidien il nous paraît même difficile de dire que la Watch Series 2 est plus rapide qu'une Watch de première génération upgradée en Watch OS 3.0. Les applications les plus fréquemment usitées se lancent franchement plus rapidement au point que l'on utilise à nouveau l'app Météo sur notre Watch ou même l'app Maison. En revanche, on est surpris des saccades occasionnelles sur cette Watch Series 2 que l'on peut avoir lors de la réponse aux messages reçus notamment. Et bien malin qui pourrait départager à l'usage une Apple Watch première du nom avec WatchOS 3 et une Watch Series 2.0 : le gain annoncé en performances ne nous a clairement pas époustouflé.

WatchOS 3.0 est l'occasion de quelques raffinements supplémentaires et si, Apple ne libère toujours pas les cadrans, avec un choix toujours aussi réduit, on peut essayer quelques nouvelles combinaisons plutôt heureuses. Petit raffinement exclusif à la Watch Series 2 : montre au poignet et éteinte, le fait de tourner la digital crown illumine petit à petit l'écran. Ça fait son petit effet mais l'on se demande bien pourquoi les Watch premières du nom ne peuvent en profiter.

L'interface rationalisée de WatchOS 3.0 ramène la Watch en ligne avec les autres devices Apple, ce qui n'est pas un luxe tant les errements en termes d'interface graphique étaient pour le moins singuliers (et l'on en veut encore à Kevin Lynch à ce sujet). Au-delà, quelques nouveautés comme l'app Respirer sont intéressantes. A l'annonce de cette fonction (une app pour respirer !) nous étions quelque peu moqueurs il faut bien l'avouer. A l'usage pourtant, cette app fait sens et permet de s'offrir un moment de détente en respirant simplement à pleins poumons pendant une minute. Et mine de rien les vibrations haptiques de la montre pour accompagner l'inspiration participent à crédibiliser l'exercice. D'autres changements, plus subtils, sont bienvenus comme la fonction SOS : une pression prolongée sur le bouton latéral fait apparaître une commande pour déclencher un appel aux services d'urgence.
Avec sa Watch, Apple a largement fait parler de lui, parfois à son corps défendant, s'agissant de l'autonomie. Il est vrai qu'alors que la plupart des montres à Quartz ont une pile leur garantissant une autonomie qui se compte en années, les 18h annoncées de la Watch semblent un rien anachroniques. Et nous ne parlons ici même pas des montres d'horloger qui profitent de mouvements perpétuels... La batterie Lithium-Ion intégrée à la Watch est bien entendu rechargeable, du reste sans contact, mais elle ne permettra guère de dépasser les 2 jours d'utilisation sur une seule charge avec un jour où vous ne la portez pas ou peu. D'après nos essais, en fin de journée l'autonomie totale de la Watch Series 2 est amputée d'un quart comme la Watch première du nom avec un usage modéré : messages reçus et envoyés, utilisation des apps Météo ou Finance ou encore utilisation de l'app Respirer. En revanche, le vrai progrès est à chercher sur l'autonomie en veille face à la précédente génération. On peut poser sa Watch Series 2 le vendredi soir avec un quart d'autonomie en moins et la récupérer le lundi sans l'avoir chargée toujours avec un peu d'autonomie.

Conclusion

Avec la Watch Series 2 Apple ne révolutionne clairement pas sa montre connectée. Ce n'est d'ailleurs pas tant à l'aune des nouveautés matérielles qu'il faut considérer cette Watch que sous le prisme des avancées logicielles. Avec un design inchangé depuis la première Watch, un GPS, une étanchéité à 50 mètres et un nouveau processeur, la Watch Series 2 est loin de renouveler le genre. Les possesseurs de Watch première du nom qui ne courent ni ne nagent, à première vue, ne seront pas sous le charme.

En revanche, ce sont bien les nouveautés de Watch OS 3.0 qu'il est intéressant de retenir. Et celles-ci s'appliquent à tous. Le système d'exploitation semble bien plus mûr et surtout bien plus rapide. Oh il ne s'agit pas de la réactivité d'un processeur A10 bien sûr, mais Watch OS 3.0 revient sur les abominables lenteurs de ses prédécesseurs. Non content de donner du peps aux Watchs, en permettant aux applications de rester en mémoire notamment, Watch OS 3.0 s'illustre par le ménage qui est fait du côté de l'interface rendant celle-ci plus cohérente avec l'univers iOS tout en la débarrassant d'incongruités soulignées depuis la première montre.

En définitive avec cette nouvelle version de sa Watch, largement propulsée par le système Watch OS 3.0, Apple propose une Watch enfin convaincante. Avec un large choix en termes de design ou de personnalisation, la Watch Series 2 devrait plaire au plus grand nombre même si certaines options, comme le bracelet à maillons, sont hélas beaucoup trop onéreuses. Et si Apple semble ne plus être obnubilé par le côté fashion de la montre, c'est définitivement le fitness et donc les options de suivi de votre activité sportive qui ont été privilégiées pour cette itération. Les sportifs nageurs ou coureurs apprécieront, les autres se rabattront peut-être sur une Watch Series 1, à moins bien sûr d'attendre une prochaine Watch au design, pourquoi pas, circulaire.
La note Clubic
Finition
Fonctionnalités
Autonomie
Eronomie
Les plus
  • De nets progrès pour l'OS
  • Ecran plus lisible en plein jour
  • Autonomie en hausse, étanchéité
Les moins
  • GPS inutile pour les non coureurs
  • Performances assez similaires à la Watch d'origine
  • Prix trop élevé
  • Design carré ?