Visite au coeur du datacenter Microsoft de Dublin

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Image: 2/8 Publiée par Alexandre LAURENT
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Crédit : DR
 
Microsoft dispose de deux grands datacenters en Europe. L'un est à Amsterdam, tandis que l'autre se situe dans la banlieue de Dublin. Impossible d'être plus précis : son emplacement précis, comme bon nombre d'autres éléments, sont soumis à de très stricts accords de confidentialité, qui valent aussi bien pour les rares clients admis à y pénétrer que pour la presse, encore moins fréquemment conviée. Privés de tout appareil électronique et même de ce bon vieux bloc notes papier, nous avons eu l'opportunité de visiter cette imposante structure début décembre, ainsi que de discuter avec Microsoft de sa stratégie en matière de datacenters.
La sécurité n'est en général pas un vain mot dans un datacenter et Microsoft ne déroge pas à la règle. A Dublin, son ensemble est ainsi entouré de larges fossés doublés de grillages. Les accès, les abords immédiats des bâtiments et tous les couloirs intérieurs sont quant à eux suivis par de nombreuses caméras.

Au fait, pourquoi Dublin ? Récusant toute considération fiscale, Microsoft met en avant les avantages du climat irlandais, généralement frais et sans pics de chaleur importants en été, qui doit lui permettre d'assurer sans climatisation le refroidissement des infrastructures hébergées à l'intérieur du bâtiment. On parle alors de free cooling, soit un système qui n'est qu'alimenté que par l'air ambiant.

Le site aurait été également sélectionné en raison de son potentiel en matière de connectivité réseau et d'alimentation électrique, avec une capacité susceptible d'absorber une charge bien supérieure à l'actuelle.
Cet air provient des structures blanches que l'on aperçoit sur le toit du bâtiment. Il y est aspiré puis injecté au coeur du bâtiment, directement au niveau des baies et des serveurs en fonctionnement, avec une pression légèrement positive de façon à ce que la chaleur émise par les composants puisse, elle, être repoussée via des évacuations dédiées. L'air chaud est ensuite expulsé via des cheminées dont le faîte est éloigné des bouches d'aspiration, histoire qu'il ne soit pas réinjecté dans le système.

Il n'existe en revanche pas dans ce datacenter de système visant à exploiter la chaleur ainsi dégagée, pour par exemple alimenter en énergie une entreprise voisine. « L'air évacué est aux alentours de 36 degrés : les déperditions seraient trop importantes si l'on tentait de le transférer », explique David Gauthier, directeur de l'architecture des datacenters au sein de la division de Microsoft dédiée à l'infrastructure (Global Foundation Services).
Au sein de ce datacenter, plusieurs générations de serveurs coexistent. Les salles les plus anciennes (le site a été ouvert en 2009) ont pendant quelques années été équipées d'un refroidissement par climatisation, récemment arrêté au profit de l'air ambiant, injecté directement à l'intérieur des baies.

Ces serveurs correspondent à ce que Microsoft qualifie de troisième génération : une phase du développement lors de laquelle les efforts se sont concentrés sur l'efficacité, aussi bien en termes énergétique qu'en termes d'encombrement. Autrement dit : comment augmenter la densité de serveurs tout en réduisant les coûts de fonctionnement.

Microsoft n'autorise malheureusement pas que soit divulgué le nom des fournisseurs dont les serveurs, routeurs ou dispositifs d'alimentation équipent ses salles. Ici, on pourra tout de même noter que l'éditeur fait appel à des solutions tierces catalogue, par opposition à certains de ses concurrents qui se font construire des serveurs sur mesure.

Cette dimension sur mesure n'est évidemment pas ignorée par Microsoft, mais elle concernera plutôt les machines qui seront installées dans la future extension de son site.

Dans ces salles dédiées à la colocation comme à l'hébergement en propre, Microsoft a adopté une structure classique, inspirée de celle du POD (Performance Optimized Datacenter) : des baies (40 ou 48U selon les salles) sont situées de part et d'autre d'un couloir où circulent les câbles (alimentation, réseau) ainsi que l'air chaud qui sera récupéré puis expulsé vers l'extérieur.
Aujourd'hui, les salles installées dans le corps principalement du bâtiment ne tournent pas à pleine capacité : on observe ainsi de nombreuses baies qui ne sont remplies qu'à moitié. Dès lors, pourquoi s'étendre ? Le choix est délibéré, nous indique Microsoft : les responsables du data-center préfèrent pour l'instant limiter la densité au sein des baies, de façon à réduire les contraintes liées au refroidissement. Ils prévoient en revanche de monter en charge à court ou moyen terme, notamment lorsque les progrès effectués au niveau du hardware (passage sur une nouvelle génération de processeurs par exemple) permettront de le faire dans de bonnes conditions et sans compromettre la logique free cooling.

Au fait, que se passe-t-il lorsque l'Irlande connaît une vague de chaleur ? « Ça n'est pas un cas de figure fréquent, mais si cela se produit, on maintient le refroidissement en injectant de façon contrôlée de l'humidité au sein du data-center pour faire baisser la température. De la même façon que vous vous vaporisez de l'eau sur le visage quand vous avez trop chaud à la plage », répond David Gauthier.
Ouvert en 2009, ce datacenter a déjà fait l'objet d'une première extension, début 2012. De nouveaux travaux sont en cours, avec une livraison programmée au printemps 2014. Cet investissement de 170 millions d'euros devrait permettre la livraison de 15.700 m² supplémentaires de surface utile (dédiée aux équipements informatiques). Microsoft y installera ses infrastructures de 4e et 5e génération, toujours plus intégrées, avec comme objectif affiché un abaissement du PUE à moins de 1,2, contre 1,25 en moyenne dans ses salles actuelles.

Le PUE, ou Power Usage Efficiency, représente pour mémoire le rapport entre la quantité globale d'électricité consommée et l'énergie effectivement dépensée pour les équipements informatiques. Un PUE en baisse signifie une réduction de l'électricité consommée par les dispositifs de maintenance et de refroidissement, soit une amélioration de l'efficacité générale du datacenter.

Microsoft souhaite montrer ses infrastructures, mais pas trop : nous n'apprendrons rien, par exemple, quant à la gestion de l'alimentation électrique au sein de cette nouvelle aile, ni ne verrons les machines haute densité qui seront amenées à y prendre place.

S'il avance quelques projets de recherche prometteurs, comme des serveurs alimentés par des piles à combustible, l'éditeur estime de toute façon que ça n'est pas vraiment sur le hardware, accessible à tous les acteurs, que la différence en termes d'efficacité peut se faire sur un datacenter. Le nerf de la guerre serait le logiciel.

« Nous avons cherché à développer des systèmes intégrés qui nous permettent de nous concentrer sur le logiciel, avec une plateforme totalement résiliente », explique David Gauthier. Ce logiciel, socle commun dédié à l'administration, doit servir aussi bien les projets maison que les clients Azure et couvrir, autant que faire se peut, les défaillances.

« Nous voulons passer du MTBF à une logique de MTTR : Meantime to recover. Donc tout est question de résilience, et le logiciel doit être en mesure de résoudre les problèmes matériels, en diagnostiquant une panne et en la contournant », détaille-t-il encore, pressé de vanter les mérites de la couche d'administration élaborée par Microsoft. Pour l'instant, certaines infrastrucrures (électricité, refroidissement) restent tout de même pilotées par des logiciels tiers.

Sur le sujet, lire aussi notre interview de Scott Guthrie, en charge du développement d'Azure au niveau mondial.




Modifié le jeudi 26 décembre 2013

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