Et si la colère des taxis contaminait les autres professions ?

Leboncoin, Airbnb... bientôt taxés ? C'est la mesure choc que propose le député Pascal Terrasse dans son rapport, remis aujourd'hui au gouvernement. Afin de rééquilibrer les distorsions existantes avec le système traditionnel et parce que la colère monte du côté de « l'ancienne économie », il propose de généraliser la taxation des plateformes en ligne.

Alors que les revendications tournent aux violences à Paris, entre VTC et taxis, un nouveau rapport sur le travail vient de faire son entrée, un mois après celui du CNNum. Le député Pascal Terrasse y propose que les plateformes collaboratives en ligne comme Airbnb ou Leboncoin déclarent au fisc les revenus des utilisateurs « pro ».

Car il n'y a pas que pour les taxis que l'avènement des nouvelles économies collaboratives pose un sérieux problème, et de plus en plus de secteurs sont soumis à la rude épreuve des services en ligne. Cette concurrence est de plus en plus souvent jugée « déloyale », et le rapport rendu à l'Etat voudrait donc imposer aux plateformes la transmission au fisc des revenus dégagés par leurs utilisateurs , « ce qui mettrait fin à une non-déclaration très répandue et apaiserait les tensions avec les autres acteurs » rapportent Les Echos.

Les syndicats de l'hôtellerie contre les chambres d'hôtes non déclarés (Airbnb), les marchands contre les vendeurs en ligne (Leboncoin, Ebay) les trains contre BlablaCar ... L'indignation des taxis pourrait n'être que le haut de l'iceberg.

Parfois sont condamnés ceux qui portent plainte : un groupement de brocanteurs qui se plaignait de la concurrence déloyale de certains titulaires de comptes eBay, avait été condamné il y a trois ans par la cour d'appel de Paris à payer 30 000 euros à la société de vente en ligne entre particuliers.

Amsterdam
L'utilisation d' Airbnb à Amsterdam fait toujours débat au sein même du gouvernement


Aux Pays-Bas, avant que le gouvernement néerlandais ne fasse une marche arrière quasi forcée, un bras de fer l'avait aussi opposé à Airbnb au sujet des locations d'appartement à Amsterdam. Un rapport officiel des autorités considérait alors qu'« une location temporaire d'appartement ou de maison sans permis hôtelier était illégal ».

Ces plateformes, qui s'aimantent désormais à tous les secteurs (coursiers postaux, restauration, banques,...), sont suspectées de ne pas respecter le code du travail. Pour Pascal Terrasse, il s'agit avant tout de « déterminer qui est un particulier et qui est un professionnel », en imposant à ces deux profils une « fiscalité différenciée » (Reuters). Pas de taxation spécifique en revanche pour les nouveaux commerçants en ligne, par rapport aux acteurs traditionnels.

Destiné à enrichir la future loi de Myriam El Khomri sur le travail, le rapport du député socialiste amène peut-être un premier élément, en vue d'une paix sociale qui s'annonce pourtant difficile. La préfecture de Paris vient de donner un avertissement aux chauffeurs de la porte Maillot, le patron des taxis G7 a donné le sien aux Loti (transporteurs publics collectifs), estimant que « maintenir une situation illégale semblait être un message difficile à porter », et à Toronto aussi, les chauffeurs multiplient les actes violents et désespérés (Radio-Canada).

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Modifié le 23/02/2016 à 13h12
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