le mercredi 21 septembre 2016

Lyft prophétise la fin de la voiture personnelle

Pour l'un des cofondateurs de Lyft - le rival d'Uber aux États-Unis - la voiture autonome va redessiner les transports et les villes. Et tout cela commencerait dans une dizaine d'années.

Uber a concrétisé le VTC autonome à Pittsburg à la mi-septembre, son concurrent Lyft devait réagir. Moins avancée sur le sujet, la société s'est contentée d'un post sur le site Medium dans lequel John Zimmer, l'un des cofondateurs, y exprime sa vision de l'automobile. Sa première remarque est qu'une voiture est inutilisée 96 %
du temps en moyenne, d'après le professeur Donald Shoup de l'Université de Los Angeles, car elle est garée.

Si l'on pouvait réduire le nombre de ces autos, le plus souvent inutiles et encombrantes donc, postule John Zimmer, alors on élargirait les trottoirs, et d'une manière générale, on accorderait plus de place aux citoyens.
Les villes seraient alors moins bruyantes, stressantes, polluées... « Tout cela, c'est possible en fait », annonce l'entrepreneur, selon qui l'industrie du transport est à l'aube d'une nouvelle révolution, et à très court terme.

Comme le prophétisent déjà Google, Uber ou Tesla, l'avenir de l'automobile passera par un réseau de voitures autonomes circulant sans chauffeur, et accessibles comme un service. Un déplacement de prévu ? Vous prenez votre smartphone, hélez votre VTC qui vient vous chercher, et vous dépose. Éventuellement, vous aurez partagé le voyage avec un covoitureur. Mécaniquement, le nombre de voitures baisse et désengorge les villes saturées.

Lyft aidé par GM


En juillet 2016, General Motors a investi 500 millions de dollars dans Lyft dans le but de travailler sur la voiture autonome. « L'avenir de la mobilité personnelle est à l'auto connectée et autonome », déclarait à cette occasion Dan Ammann, patron de GM, qui s'attend à une concrétisation « rapide ». John Zimmer, lui, imagine des flottes de véhicules Lyft entièrement autonomes circulant dans seulement cinq ans, et sur l'ensemble des États-Unis.


Lyft
En misant sur la voiture autonome, Lyft changera son modèle économique, qui repose jusqu'à présent sur une flotte de chauffeurs indépendants - Crédit : Lyft.


Pour lui, l'arrivée de la voiture sans pilote se fera sous l'impulsion de sociétés comme la sienne, ou Uber, qui la proposeront sous forme de service. Une vision que ne partage pas Elon Musk de Tesla. En fabricant de voitures, il imagine plutôt que des particuliers acquerront des voitures autonomes - des Tesla... - et les partageront entre eux. Mais John Zimmer doute que tous veuillent partager leur auto aux inconnus, réduisant le parc disponible.

Peu importe par quel route arrive la voiture autonome, le cofondateur de Lyft est convaincu de son avènement. D'abord, parce que tous les industriels dépensent actuellement des milliards pour lui donner naissance. Ensuite, parce qu'entretenir une voiture aujourd'hui coûte cher (9 000 dollars par an aux États-Unis), sans parler de son achat - rien que l'argument économique devrait séduire les consommateurs. Et cela désengorgerait les villes...

Planètes alignées


Le bénéfice non négligeable, d'après lui, est que les villes du futur seront « centrées sur les gens, et plus sur les voitures », ce qui « redéfinira plus que jamais notre environnement ». Alors, « pourquoi une société (Lyft, ndlr) reposant sur les autos se plaint-elle d'elles », interroge John Zimmer. Réponse : « Le problème ne vient pas du véhicule lui-même, mais de la façon dont on l'utilise. » Pour lui, c'est « la troisième révolution du transport ».


Pour aider le propriétaire de voiture à mieux cerner sa vision, il établit des analogies avec Netflix et le DVD, Spotify et le MP3 ou le CD. Deux exemples d'industries qui ont basculé en quelques années de la propriété, vers le « service ». La même bascule interviendra dans le transport routier, pour le patron de Lyft, à partir de 2025.
La raison est que les planètes sont enfin alignées : capteurs, calculs, deep learning, VTC, autopartage, mobile...

Toutes ces technologies - et d'autres - se sont développées plus ou moins séparément, mais vont converger pour créer des systèmes de transport par voiture sans pilote. En y ajoutant le drone, Airbus va même plus loin avec un projet de taxi volant autonome que l'on peut commander avec son smartphone, ou sa montre, et qu'il va tester en conditions réelles bientôt. D'abord pour du fret, certes, mais à termes, prédit l'industriel, avec de vrais humains.


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Modifié le 21/09/2016 à 11h05
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