le jeudi 18 février 2016

Vincent Bolloré lance une OPA sur Gameloft

C'est le résultat de la prise de contrôle rampante de Vivendi dans Gameloft depuis un trimestre : le groupe de Vincent Bolloré veut maintenant 100 % du capital de l'éditeur de jeux mobiles.

Ce qui devait arriver, arriva. Vivendi, devenu progressivement le premier actionnaire de Gameloft, annonce son intention de déposer auprès de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) un projet d'offre publique d'achat visant la totalité des actions de l'éditeur de jeux mobiles. Le 7 décembre 2015, le groupe de Vincent Bolloré était monté à 26,7 % du capital, approchant du seuil fatidique des 30 % à partir duquel il serait obligé de formuler une OPA.

Le prix proposé de 6 euros par action Gameloft fait ressortir une prime de 50,4 % sur le cours de bourse du 14 octobre 2015, avant l'annonce de l'entrée de Vivendi à son capital, et de 22, 9 % sur le cours moyen à 6 mois.

« De nombreux points communs »


Envers et contre tous, Vivendi affirme aujourd'hui que son projet « s'intègre parfaitement dans la stratégie de développement du groupe comme un leader mondial des contenus et des médias ». Le groupe, qui pour rappel, a récemment finalisé son désengagement total du n°1 mondial Activision Blizzard, souligne son intérêt renouvelé pour le jeu vidéo, particulièrement le segment mobile, « celui qui devrait connaître la plus forte croissance ».


Yves Guillemot Vincent Bolloré
Yves Guillemot et Vincent Bolloré sont engagés dans un bras de fer depuis octobre 2015 - Crédit : DR.


Cette annonce intervient le même jour que l'Investor Day d'Ubisoft à Londres, durant lequel le PDG et fondateur de Gameloft, Yves Guillemot, était supposé trouver des partenaires financiers afin de tenter de faire barrage à Vincent Bolloré. À plusieurs reprises, l'homme a exprimé publiquement son hostilité à la prise de contrôle de sa société par le groupe du « raider breton », dont l'ambition est vécue par le dirigeant comme une « agression ».

Vivendi dit partager « de nombreux points communs » avec l'éditeur : des racines françaises, une dimension internationale et une « même sensibilité à la diversité culturelle ».... La balle est dans le camp de l'AMF.


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Modifié le 18/02/2016 à 18h27
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