le jeudi 18 février 2016

La Fnac résiste à Amazon et au déclin du CD

La Fnac continue de résister à une consommation morose, au déclin structurel de ses marchés historiques et à la concurrence d'Amazon, alors qu'elle s'apprête à avaler son concurrent Darty.

Dans un contexte toujours difficile, où les ventes de musique, vidéo et livres physiques sont sur un déclin structurel, la Fnac est parvenue à se maintenir en 2015. Au dernier trimestre, ses ventes sont restées stables à la baisse (-0,5 %), à 1,4 milliard d'euros. Sur le seul marché français, elles ont légèrement progressé (+1,1 %), à 1 milliard d'euros. Et sur l'ensemble de l'année fiscale 2015, les recettes ont cédé 0,5 % à 3,8 milliards d'euros.

La grande tendance à l'œuvre à la Fnac est la prise de poids des ventes dites omnicanal. Par exemple, lorsqu'un client réserve un produit sur le site Internet de l'enseigne, avant de le retirer en point de vente. Aujourd'hui, ce mode d'achat a atteint 46 % des ventes de la Fnac, contre 35 % un an plus tôt. Le nouveau site Web de la Fnac, inauguré dans le courant de l'année 2015, est d'ailleurs entièrement tourné vers cette façon de consommer.

Face au tout puissant Amazon, premier e-commerçant en France selon la Fevad, la Fnac a réussi à imposer une autre façon d'acheter, en faisant de son réseau de boutiques un atout. Alors que l'américain tente par tous les moyens de livrer le plus rapidement possible - c'est devenu le nerf de la guerre -, le français répond par un réseau en constante expansion de 124 boutiques - 112 en 2014 - et qui en gagnera une vingtaine d'autres en 2016.

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Diversification accrue


L'autre axe de croissance pour l'enseigne est sa place de marché, qui représente tout de même 20 % du volume d'affaires sur Internet. Celle-ci permet d'élargir le catalogue de l'enseigne en se basant sur les produits vendus par des tiers - à la façon d'Amazon ou de PriceMinister. Si une gamme de produits devient très demandée par ce biais, il arrive parfois que la Fnac finisse par lui réserver une place dans ses boutiques, comme avec les jouets.


A SUIVRE JEUDI : l'entrée en bourse de la Fnac


Enseigne culturelle à la base, la Fnac a fait de la diversification de son offre un levier de croissance. Le poids des nouvelles familles de produits dans le chiffre d'affaires a ainsi atteint 15 % en 2015, contre 11 % un an plus tôt. La dernière preuve de son déploiement est l'annonce du rachat de Darty le 20 novembre 2015, qui fera du groupe d'Alexandre Bompard le « leader de la distribution de produits techniques, culturels et électroménagers ».

Perspectives optimistes


Le projet, soutenu par les actionnaires de Darty, suit son cours, « conformément au calendrier » initial. Cette acquisition permettra à la Fnac de gagner des parts de marché cette année, et de mieux résister au climat de consommation « incertain ». Elle entend aussi accélérer le développement de son réseau de magasins en France et à l'étranger, étoffer son catalogue (surtout en ligne), et intensifier ses initiatives sur le livre et la billetterie.

Si La Fnac a relevé son résultat net de 16,7 % en un an, à 48 millions d'euros, elle souhaite réduire ses coûts de 30 à 40 millions d'euros en 2016. Histoire de mieux supporter les 720 millions d'euros du rachat de Darty.


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Modifié le 28/06/2016 à 11h38
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