Quatre appareils photo étanches en test !

Olympus µ Tough 8010


Olympus est le pionnier dans le domaine des appareils photo étanches. Ses premiers modèles de type «tout temps» ont en effet vu le jour début 2003 ! Se sont ensuite succédées de nombreuses références, sous les bannières Stylus, SW et aujourd'hui Tough. Le µ (lettre grecque Mu) 8010 est le sixième Tough. Olympus a-t-il su tirer parti de son expérience ?

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Le µ Tough 8010


Présentation


Le Tough («solide» en anglais) 8010 porte bien son nom : en matière de blindage, on ne fait pas mieux ! Le boîtier est quasi intégralement en acier inoxydable (il y a juste la trappe latérale qui est en plastique). Ce qui confère au µ Tough 8010 une résistance à la pression jusqu'à un poids de 100 kg (d'après des mesures d'Olympus) ! La liste des aptitudes spéciales ne s'arrête pas là : il est hermétique à la poussière, étanche à l'eau jusqu'à 10 m, résistant aux chutes de 2 m maximum et opérationnel jusqu'à -10°C ! Rien sur les hautes températures en revanche, mais le Tough 8010 n'en reste pas moins le plus paré de tous à affronter les éléments. Question pratique : le cache objectif coulissant en métal est-il une bonne idée ? S'il contribue à renforcer encore l'impression de solidité du Tough 8010, il affiche par contre un peu de jeu et laisse craindre en cas de chute dans le sable, appareil mouillé, un encrassage difficile à résorber et potentiellement dangereux pour le verre protecteur de l'objectif...

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Finition blindée du Tough 8010 et cache objectif coulissant en métal


L'étanchéité est assurée par une seule trappe latérale qui abrite batterie, carte mémoire et connectique (PC et mini HDMI). Cette trappe est dotée de deux types de joints : un, sorte de moulage en caoutchouc, qui vient se comprimer contre les éléments à protéger, et l'autre, torique qui assure un second niveau d'étanchéité. Le verrouillage est assuré par deux loquets, s'actionnant chacun différemment pour éviter les fausses manipulations.

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Emplacement mémoire + batterie + connectique et trappe étanche


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Système de verrouillage de la trappe à double loquet


Deux autres spécificités : le Tough 8010 dispose d'un manomètre (indique la profondeur ou la pression atmosphérique) et d'une fonction dite Tap Control qui rend le boîtier réactif aux impulsions de sorte à pouvoir être manipulé sous l'eau même avec des gants (on ne presse plus les boutons mais on tape sur les différentes faces du boîtier pour déclencher des actions). Attention à bien paramétrer l'intensité de la fonction, sans quoi vos réglages changeront tous seuls !

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Manomètre, réglages du Tap Control et instructions apparaissant à l'écran


Pour le reste, le Tough 8010 possède un capteur 14 Mpix (pourquoi autant ?) et un objectif 5X équivalent à un 28-140 mm. Bon point, c'est une des optiques les plus polyvalentes de ce comparatif ; mauvais point c'est la moins lumineuse (f:3,9 - 5,9). Par ailleurs, Olympus a doté son compact de 2 Go de mémoire interne : enfin une quantité suffisante pour faire quelques photos !

Une ergonomie à revoir...


Si on considère que l'ergonomie regroupe la prise en main du boîtier mais aussi la clarté de l'interface et la réactivité de l'appareil, alors on peut dire qu'Olympus peut réécrire sa copie ! La prise en main, la moins mauvaise des trois caractéristiques, reste tout de même un peu déstabilisante : on découvre une attribution parfois étrange des boutons, avec un agencement pourtant classique. Le pavé numérique ne comporte par exemple que deux raccourcis, au lieu de quatre habituellement. Mais qu'on appuie à droite, à gauche, en bas ou sur la touche menu, l'action est la même : on rentre dans le bandeau latéral de réglages. Une action, quatre touches pour y arriver : il y a comme un problème... Ce n'est pas un hasard si Olympus s'est senti obligé d'ajouter une touche « ?» : en mode visée elle ouvre le Mode d'emploi intégré, dans le menu principal, elle apporte une explication sur la fonctionnalité de chaque entrée.

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Commandes à l'arrière de l'appareil et touche ?


L'interface ni très moderne, ni très intuitive mais ça à la limite, on s'y habitue. Le problème c'est qu'elle est plombée par la lenteur générale de l'appareil. Exemple : dans le bandeau latéral de réglages, l'idée de faire apparaitre une triple fenêtre d'aperçu pour la balance des blancs et la correction d'exposition est bonne. Mais les saccades rendent la pratique tout à fait désagréable.

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Bandeau latéral de réglages et aperçu bien vu mais saccadé des différentes balances des blancs


Lenteur qu'on retrouve à tous les étages : 5,2 s pour l'allumage du Tough 8010, 4,8 s entre deux photos, 8,4 s entre deux flashs (sur une moyenne de trois), ou encore une cadence en rafale de 0,3 im/s seulement en pleine résolution (1,2 im/s en 3 Mpix). En matière d'autofocus, ça n'est pas mieux : le Tough 8010 effectue sa mise au point en 0,9 s au grand angle et 1,15 s au téléobjectif dans le meilleur des cas, avec une latence au déclenchement importante de 0,3 s. Une lenteur qui abouti souvent à des images floues... Des performances dignes d'un autre temps... ancien !

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Latence au déclenchement et temps de mise au point au grand angle latence comprise (chaque graduation vaut 0,05 s, un tour de cadran vaut 2 s)


Zoom et qualité d'image


Malheureusement, les performances très pénalisantes du Tough 8010 ne sont pas rattrapées par la qualité d'optique et d'image du compact. L'objectif est tout sauf homogène et affiche un piqué plutôt mou dans l'ensemble, à part peut-être au centre en grand angle et dans une moindre mesure en télé. Quant à la stabilisation, de type mécanique, elle ne se montre évidemment pas à la hauteur d'un procédé optique.

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Piqué au centre de l'image au grand angle, en focale moyenne puis au téléobjectif


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Piqué au bord de l'image au grand angle, en focale moyenne puis au téléobjectif


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Stabilisation arrêtée puis activée, au téléobjectif à main levée (extrait à 100 %)


La qualité d'image est dans l'ensemble décevante. S'il n'y a rien à redire sur la balance des blancs ou la mesure d'exposition, le traitement du signal, lourd de 14 Mpix, est poussif. Dès 80 ISO, on perçoit assez distinctement un début de moutonnement des contours en zoomant à 100 % dans l'image. Mettre autant de pixels avec une optique aussi douce n'aide clairement pas le Tough 8010 à capturer des détails fins. En passant à 100 ISO, on observe un léger regain de netteté, sans dégradation supplémentaire. Olympus ne proposerait-il pas un faux 80 ISO, obtenu artificiellement sur la base d'un 100 ISO natif ? Dès 200 ISO, un lissage déjà conséquent intervient pour contenir l'apparition de bruit numérique, au détriment des détails. Lissage de texture qui se prononcera de plus en plus, pour devenir vraiment désastreux à 800 et 1 600 ISO. Bref, ne pas dépasser les 400 ISO, voire 800 ISO en 10 x 15 cm !

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Extraits à 100 % de notre scène de test à 80, 100 et 200 ISO


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Extraits à 100 % de notre scène de test à 400, 800 et 1 600 ISO


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Photo de nuit à 1 600 ISO et extrait à 100 % : les détails sont complètement gommés


Sous l'eau, le topo est à peu près le même : la balance des blancs est consistante (parfois trop : elle vous transforme une eau verte en lagon bleu...), mais les images manquent de piqué. La lenteur de l'autofocus (et de l'appareil en général) ne facilite pas la tâche non plus : il va falloir être sacrément zen pour éviter la photo floue. Les tests de macro subaquatique ont d'ailleurs tous raté, malgré le mode dédié... Attention aussi au moment de l'immersion à bien faire partir les bulles d'air qui se logent dans le renfoncement de l'objectif : elles perturbent la mise au point et aboutissent à des photos floues, au moins en partie. Sinon le flash fonctionne bien, pour des portraits à courte distance.

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Autoportrait au flash sous l'eau (à 19°C, dur dur...) au Lac d'Aiguebelette. Sur le second, la mise au point est ratée et l'eau ressort étonnamment bleue


La macrophotographie à l'air libre en revanche est plutôt bonne, de préférence sans la torche (lumière LED situé à côté du flash). Et on apprécie aussi le réglage ombre ajus, qui débouche les zones sombres dans les scènes contrastées. Par contre pour y accéder il faut passer par le menu principal...

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Photo macro et torche macro


Réglages et fonctionnalités


Le Tough 8010 si situe entre deux eaux en matière de réglages : il en offre trop pour un appareil de type «Visez, déclenchez» (il est de toute façon trop léthargique pour ce genre d'usage), mais pas assez pour qui recherche un APN complet. Dans le bandeau latéral, on trouve dans cet ordre : flash (forcé, désactivé, anti yeux rouges, auto), macro (normal, super, super avec torche), retardateur (2 ou 12 s), correction d'exposition, balance des blancs (7 valeurs en tout), ISO, mode de prise de vue (rafale normale ou rapide). En passant dans le menu principal, on accède à la taille d'image, la compression Jpeg, la fonction d'ajustement des ombres, le mode AF ou encore le choix de mesure de la lumière.

En termes de fonctionnalités, Olympus affiche de bonnes intentions, mais une fois encore, les piètres performances du boîtier pénalisent l'usage. Les effets baptisés filtres magiques (sténopé, fish eye, crayon, pop art) sont quasi inutilisables tellement ils saccadent l'affichage. Le choix parmi les 19 modes scènes, disposés à la queuleuleu, prend tellement de temps qu'une fois effectué, votre sujet est probablement parti. Le mode panoramique automatique, à priori intéressant, se contente à peu de chose près de coller les images bout à bout... bref, rien de pleinement fonctionnel !

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Effet sténopé et panoramique automatique


La vidéo ? La qualité est relativement bonne. Le Tough 8010 filme en 1 280 x 720 pixels à 30 im/s, en AVC avec un débit de 9 Mbps et capture le son en stéréo (codec AAC). Si l'image est bonne, on notera en revanche quelques petits aléas de mise au point. La stabilisation se montre par contre tout-à-fait satisfaisante.


Vidéo à l'air libre de notre scène de test



Vidéo sous marine d'une scène de test


Conclusion

S'il n'y avait que lui sur le marché, on s'en contenterait, mais c'est loin d'être le cas ! L'intérieur du Tough 8010 n'est pas aussi solide et soigné que son enveloppe. Impossible de ne pas pointer du doigt le manque de piqué de l'objectif, le traitement d'image visiblement excédé par la quantité d'information à traiter (14 Mpix) ou encore l'inadmissible lenteur du compact. Dommage, Olympus avait clairement les moyens de faire mieux !

Olympus µ Tough 8010

Les plus
+ Boîtier ultra robuste !
+ Manomètre intégré
+ Bonne qualité de vidéo HD
+ Plage de focales 28 - 140 mm
Les moins
- Lenteur exécrable de l'appareil
- Traitement d'image dès 400 ISO
- Manque de piqué de l'objectif
- Ergonomie à revoir
1
Qualité d
Zoom
Ergonomie
Robustesse




Galerie de photos

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Photo 1 à 1 600 ISO et deux autres vues à 80 ISO


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Modifié le 13/02/2018 à 22h42
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