Apple bloque le tracking, les publicitaires s’insurgent

Le tracking est fondamental pour les publicitaires : grâce aux données de navigation collectées par les cookies, ils peuvent cibler les internautes. Résultat : des publicités plus pertinentes susceptibles d'intéresser les concernés et permettant un meilleur taux de conversion. Mais Apple a décidé de mettre un bâton dans les roues à cette pratique de plus en plus décriée dans une prochaine version de son navigateur Safari.

Les nouvelles versions de Safari intégreront une fonctionnalité appelée « Intelligent Tracking Prevention » censée permettre une meilleure protection de la vie privée. Pour les publicitaires, cette décision est contre-productive.

L'Intelligent Tracking Prevention d'Apple


La nouvelle fonctionnalité incluse dans Safari sera lancée avec iOS11 et mac OS High Sierra, respectivement les 19 et 25 septembre 2017. Cette fonctionnalité va interdire certaines collectes de données mais, surtout, en rendre caduques une partie : les publicités ne pourront les utiliser que durant une durée limitée de 24 heures, par exemple.

Pour Apple, c'est une fonctionnalité que le groupe ne manquera pas de mettre en avant. La firme de Cupertino estime en effet, que les internautes commencent à en avoir assez que leurs données personnelles soient enregistrées et utilisées. Safari pourrait donc devenir le navigateur préféré de ces internautes soucieux de leur vie privée, ce qui permettrait à Apple de regagner des parts de marché dans les navigateurs.

Publicité en ligne


L'industrie de la publicité en ligne s'insurge


Dans une lettre adressée à Apple le 14 septembre 2017 et repérée par AdWeek, 6 grands groupes spécialisés dans la publicité ont vivement critiqué cette décision. Apple avait néanmoins annoncé le changement en juillet 2017 mais les publicitaires espéraient peut-être que le géant n'implémente pas réellement ce changement.

Selon l'industrie, le choix d'Apple est purement unilatéral et risque de faire mal au secteur. Les publicités affichées par le navigateur seront en effet, moins pertinentes et plus génériques. Le taux de conversion et le taux de clics seront donc affectés ce qui réduira, de fait, les revenus du secteur mais également les revenus des sites qui vivent de la publicité.

Néanmoins, Apple n'est pas le seul géant à prendre des mesures contre la publicité en ligne : Google, qui développe Chrome, le navigateur le plus utilisé dans le monde, a annoncé son intention d'intégrer un adblocker directement dans les paramètres sans pour autant préciser de date de sortie.

Modifié le 15/09/2017 à 09h57
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