Test Magic Trackpad : que vaut le pavé tactile d'Apple ?

S'il y a bien un périphérique que l'on n'attendait pas, c'est ce Magic Trackpad, objet de rumeurs depuis le début de l'été, lancé officiellement par Apple fin juillet. Immédiatement, une question a surgi : pourquoi en effet tenter d'extraire le pavé tactile que l'on trouve sur nos ordinateurs portables pour le positonner sur le bureau alors que tant d'utilisateurs ont justement tendance à se munir d'une souris pour compenser ses manques ? Selon Apple, à qui nous avons fait part de notre scepticisme, le confort et l'expérience que procure cette grande surface tactile valent largement ce que peut prodiguer une souris pour des usages domestiques. C'est ce que nous avons voulu vérifier, en passant une semaine armé du Magic Trackpad.

Apple Magic Trackpad

Le Magic Trackpad, qu'est-ce que c'est ?

Par trackpad, ou pavé tactile, on désigne la zone rectangulaire que survole votre main lorsque vous utilisez le clavier d'un ordinateur portable, par le biais de laquelle vous pouvez diriger le pointeur de la souris à l'écran. Grâce à l'impulsion donnée par Apple avec ses MacBook Pro, ces pavés tactiles sont aujourd'hui de plus en plus souvent « multipoints », ce qui signifie qu'ils tiendront compte du nombre de doigts posés sur la surface pour interpréter les commandes de l'utilisateur.

C'est ce concept, dont l'efficacité n'est plus à prouver dans le monde des ordinateurs portables, qu'Apple a souhaité décliner dans le domaine de l'informatique fixe, où le couple clavier / souris règne en maitre.

Arrive donc le Magic Trackpad. Une surface tactile, environ 75% plus grande que le pavé des derniers MacBook Pro, légèrement inclinée de façon à s'inscrire dans le prolongement du clavier. La première chose qui frappe, comme avec la Magic Mouse en son temps, c'est la totale absence de boutons, remplacés ici par deux contacteurs positionnés au niveau des deux coins inférieurs de la zone tactile. Cette dernière présente une surface uniformément lisse, agréable au toucher, composée du même revêtement que le pavé des ordinateurs portables de la marque.

Le cylindre qui sert de base à l'arrière du Trackpad est quant à lui juste assez large pour accueillir les deux piles LR6 (fournies) qui permettront d'alimenter l'appareil. Sous ce dernier apparaissent quatre patins antidérapants assurant l'assise sur le bureau. Les deux qui sont situés à l'avant, de forme ronde, servent en réalité au clic.

Sur le plan esthétique, le Magic Trackpad est indéniablement réussi, avec des lignes qui restent fines et ce coloris aluminium anodisé moderne. La première prise en main se révèle également agréable : consistant, bien que léger, l'objet inspire confiance. Notre exemplaire de test a d'ailleurs supporté quelques chocs sans encombre. La filiation avec le clavier Bluetooth d'Apple ne fait aucun doute : la profondeur et l'inclinaison des deux périphériques sont identiques, conçus qu'ils sont pour fonctionner de concert.

Apple Magic Trackpad

Ces deux là sont faits pour aller ensemble, aucun doute


Livré dans une fine boite blanche, le Magic Trackpad n'a besoin que de ses deux piles alcalines pour fonctionner. Une pression prolongée sur le bouton qui orne le côté droit du cylindre arrière fait discrètement luire une petite LED verte qui signale la mise sous tension et il n'y a plus qu'à appairer l'appareil avec son ordinateur. Enfin... avec son Mac, devrions-nous dire, puisque la plupart de ses fonctions ne seront accessibles qu'aux machines Apple.

Une fois installés les pilotes nécessaires (Mac OS X 10.6.4 requis), le Trackpad est immédiatement détecté par le système si vous avez activé le Bluetooth. Quelques secondes plus tard, il est fonctionnel et prend donc le relai de votre souris, sans pour autant empêcher cette dernière de fonctionner. Quelle que soit la machine, le Magic Trackpad n'interdit en effet pas les autres périphériques de pointage et l'on conservera par exemple l'usage du pavé tactile de son ordinateur portable ou de sa souris traditionnelle.

A partir de là, les choses vont d'elles mêmes, surtout le concept de pavé tactile vous est déjà familier. Du bout du doigt, on fera se déplacer le curseur de la souris à l'écran. Pour cliquer, il faudra exercer une pression sur l'ensemble du pavé puisque ce dernier est dépourvu de bouton. A ce sujet, on remarque que le clic est bien plus aisé dans la partie basse de la zone tactile, puisque c'est à ce niveau que se situent les contacteurs. Cliquer dans la partie haute est donc possible, mais plus fastidieux.

Apple Magic Trackpad

La partie basse se prête toutefois tout particulièrement aux sélections, puisque l'on pourra très naturellement actionner le clic avec son pouce, avant d'opérer les mouvements de curseur nécessaires du bout de l'index ou du majeur. On notera également que par défaut, le clic du coin inférieur droit est assigné au clic droit.

Via les paramètres système, on pourra toutefois modifier ces comportements, et par exemple choisir de ne plus avoir à actionner les contacteurs physiques pour cliquer. Dans ce cas, un simple tapotement à la surface du trackpad suffit, à un doigt pour le clic gauche et à deux doigts pour le droit - des réglages identiques à ceux que proposent les portables MacBook (Pro). Les vitesses de défilement, de double-clic et de déplacement peuvent être ajustées manuellement, afin que chacun trouve ses marques.

Vient ensuite ce qui fait le véritable attrait du Magic Trackpad : les fonctionnalités dites multipoints, autrement appelées gestures, qui permettent d'effectuer des actions à deux, trois ou quatre doigts. Sans les lister de façon exhaustive, précisons les plus fameuses d'entre elles :

- Défilement à deux doigts, vertical ou horizontal, comme on le ferait avec la molette d'une souris
- Zoom sur le mode du pinch and zoom, ou gestion de la taille d'une image ou d'un contenu en écartant ou rapprochant deux doigts
- Précédent / suivant au sein d'une application, en effectuant un balayage à trois doigts
- Changement d'application, par un balayage à quatre doigts
- Enfin, rotation, en effectuant un mouvement de compas à deux doigts

magic trackpad configuration mac os


Tous ces comportements sont susceptibles d'être désactivés, ou modifiés, via une unique fenêtre de configuration. Très simple, celle-ci est enrichie pour chaque réglage de démonstrations vidéo qui permettent de bien saisir quel est le mouvement dont on parle. Une dizaine de minutes dans cet utilitaire suffit à assimiler les principales gestures que l'on prendra ensuite plaisir à reproduire au sein d'autres applications, tout à la joie de découvrir une nouvelle façon d'interagir avec son ordinateur.

L'onglet de configuration propose enfin le témoin de charge de l'appareil. Il ne nous a pas été possible de mesurer l'autonomie réelle conférée par les deux piles fournies, mais les quatre mois d'utilisation avancés par Apple semblent réalistes au vu de la faible décharge visible.

Un trackpad sous Windows

Bien qu'Apple privilégie son propre environnement, la firme a publié des pilotes 32 et 64 bits qui permettent d'utiliser son Magic Trackpad sous Windows. Initialement conçus pour Bootcamp, ils permettent au prix d'une légère manipulation, d'associer le périphérique avec n'importe quel PC équipé d'un contrôleur Bluetooth. Testée sous Windows 7, la manipulation laisse apparaitre un périphérique d'abord identifié comme une souris, puis comme un trackpad. Sous Windows, on ne disposera par contre d'aucune des fonctionnalités avancées de l'appareil, limité à la navigation standard et à la fonction de défilement vertical à deux doigts.

Magic Mouse Windows

Avant identification complète, le Trackpad est vue comme une souris classique sous Windows
Modifié le 13/12/2010 à 16h47
Commentaires